‹ Leçons de chimie générale élémentaireChapitre 28 sur 267 · SULFATE DE CHAUX · texte numérisé non relu

SULFATE DE CHAUX

définis; ils affectent alors la forme de fers de lance. Ces cristaux sont très-tendres, se rayent facilement avec l'ongle, et peuvent se cliver en lames extrêmement minces.

On connaît encore une variété de sulfate de chaux , composée d'une multitude de petits cristaux entrelacés les uns dans les autres, formant des masses blanches translucides; cette variété constitue l'albâtre gypseux, bien différent de l'albâtre des anciens, qui n'est autre chose que la variété de carbonate de chaux stalactiforme.

Enfin on peut le préparer artificiellement , en versant une dissolution de sulfate de potasse ou de soude dans la dissolution d'un sel de chaux.

Le sulfate de chaux est très-peu soluble dans l'eau , il en exige 400 parties au moins pour se dissoudre.

Les eaux de puits des environs de Paris contiennent une certaine quantité de ce sel en dissolution. On dit alors qu'elles sont séléniteusesy et, dans ce cas, elles sont impropres aux usages domestiques, tels que le savonnage, la cuisson des légumes, etc. Si Ton évapore des quantités souvent répétées de cette eau , sans enlever le dépôt qui se forme, on remarque, comme dans les chaudières à vapeur, que le sulfate de chaux qui s'est déposé affecte quelquefois la forme cristalline en fer de lance.

§ 6iG. Le sulfate de chaux hydraté abandonne l'eau qu'il contient à 200 degrés. Celui qui est cristallisé perd sa transparence , et se divise en un grand nombre de petites lamelles minces.

La fabrication du plâtre destiné aux constructions s'opère de la manière suivante (fig, i58 ] : On forme avec les plus gros morceaux de pierre à plâtre crue, telle qu'on la retire du sol , une série de petites voûtes très-rapprochées les unes des autres , et qu'on recouvre de morceaux un peu moins gros ; on diminue la grosseur des pierres au fur et à mesure que l'on arrive à la hauteur que doit avoir la masse du four. On allume ensuite dans chaque voûte des fagots ou tout autre combustible analogue susceptible de donner une longue flamme qui , pénétrant dans la masse du four par les interstices laissés entre les morceaux de pierre , dessèche ces dernières en leur faisant perdre une partie de leur eau d'hydratation. Lorsque le plâtre est suffisamment cuit, ce que l'ouvrier reconnaît facilement, on le réduit en poudre sous des battes ou mieux à l'aide

Sa SULFATE DE CHAUX.

de mofiJiiis ; c'est floos cette fomie qull est livré au conunerce.

Fis. ta.

Quand on veut l'employer pour faire des revèlemenis, on le délaye avec de Teau , de manière à former une bouillie que Ton peut appliquer avec facilité. Après quelques instants . la masse s'échauffe un peu. Le sulfate de chaux se combine avec Teau , dont il peutsolidi6er une quantité considérable en formant de petits cristaux de sulfate hydraté qui se réunissent de manière à former un corps solide. Le plâtre augmente sensiblement de volume au moment de sa solidification, ce qui le rend précieux pour les mouleurs, parce qu'en effet il pénètre alors dans les plus petites cavités du moule. Le plâtre destiné au moulage des objets délicats doit être cuit avec un grand soin et hors du contact du combustible. On emploie à cet effet des fragments de gypse en fer de lance , qu'on cuit dans des fours analogues à ceux des boulangers, à une température bien inférieure au rouge sombre.

§ 617. Quand on gâche le plâtre avec une dissolution de colle forte, il devient beaucoup plus dur que lorsqu'il a été mêlé avec de l'eau pure. Le produit qui en résulte peut acquérir un beau poli lorsqu'on le frotte avec des corps durs; il porte alors le nom de stuc. On peut colorer le stuc en jaune avec de l'hydrate, de peroxyde de fer, en vert avec de l'oxyde de chrome , etc. Si Ton veut obtenir des stucs de différentes couleurs , il suffît de mélanger avant leur solidification des masses de plâtre colorées par des oxydes

différents. Le stuc bien poli et convenablement coloré ressemble beaucoup au marbre.

On fabrique encore avec le plâtre un composé plus inaltérable que le stuc , et qui ressemble encore davantage au marbre. On l'obtient en gâchant le plâtre avec une dissolution d'alun de potasse, dans la proportion d'environ lo parties de ce sel pour loo parties de plâtre. Quand la masse est solidifiée , on la cuit de nouveau , on la réduit en poudre , et on l'emploie comme le plâtre ordinaire. La prise de ce plâtre exige un temps plus considérable que le plâtre ordinaire, mais il acquiert une plus grande dureté. Le plâtre ainsi préparé, qu'on désigne sous le nom de plaire aluné, forme des ornements qui peuvent résister assez longtemps à l'action de l'eau. II sert à faire des dalles; mais il convient, pour ce dernier usage, de mêler le plâtre avec du sable qui augmente encore sa dureté.

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