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CARACTÈRES DBS SELS DE MANGANÈSE

§ 670. Ces sels sont en général rosés; ils deviennent tous blancs par la dessiccation.

Leurs dissolutions donnent :

Avec la potasse et la soude caustique, un précipité blanc^rosé qui se colore promptement à l'air en brun foncé. La coloration est plus rapide si l'on fait intervenir le chlore. Ce caractère suffit pour distinguer les sels do manganèse des sels de fer.

Avec les carbonates alcalins , il se forme un précipité blanc de carbonate de manganèse qui ne change pas de couleur.

L'acide sulfhydrique donne un précipité blanc de sulfure hydraté si les liqueurs sont bien neutres; pas de précipité si les liqueurs sont acides.

Avec un monosuirure ou un sulfliydrate alcalin , on obtient un précipité blanc-rosé de sulfure hydraté.

L'ammoniaque précipite la moitié de l'oxyde si le sel est neutre, et il y a en même temps formation d'un sel double. Si le sel est acide , il ne se forme pas de précipité.

Le cyanure jaune donne un précipité blanc si le sel est pur.

La noix de galle est sans action. Il en est de même des métaux.

Chauffés au chalumeau , avec un peu de salpêtre et de carbonate de potasse, ils donnent une masse qui se dissout dans l'eau en la colorant en vert foncé. Avec le borax sur le fil de platine, ils donnent une perle améthyste dont la coloration disparaît dans la flamme intérieure.

FER

FER

§ 671. Ce métal , que les anciens chimistes désignaient sous le nom de mars, existe en grande abondance dans la nature; ses nombreuses applications en font un des métaux les plus précieux. Sa découverte remonte à une époque assez éloignée, néanmoins sa production n'est devenue très-active que depuis un temps peu considérable. On le rencontre rarement à l'état métallique; il existe le plus ordinairement combiné avec Toxygène ou le soufre.

Dans le commerce on trouve le fer sous trois états différents : à l'état de fer doux ou de fer en barres et en combinaison avec le carbone et le silicium , constituant ainsi la fonte et Tacier.

Le fer doux contient toujours une petite quantité de carbone que raffinage n'a pu lui enlever ; pour l'obtenir pur, on opère de la manière suivante : On coupe en petits morceaux du fil d'archal très-fin , qui de tous les échantillons de fer du commerce est celui qui s'approche le plus de l'état de pureté, puis on l'oxyde soit en le chauffant à l'air ou en le soumettant à l'action de la vapeur d'eau à une température élevée. Les fils oxydés sont ensuite portés à une très-haute température dans un creuset de porcelaine , en y ajoutant une petite quantité de verre blanc en poudre. Â une haute température , les matières étrangères que renferme le fer agissent sur l'oxyde en le ramenant à l'état métallique , tandis que l'excès de cet oxyde forme avec la silice une scorie qui vient se raseemblei: à la partie supérieure du creuset, surnageant le fer

FlR. 178.

métallique qui s'est fondu en un culot que l'on sépare facilement.

Obtenu de cette façon , le fer est plus blanc et plus malléable que celui du commerce.

On peut encore obtenir du fer métallique en réduisant par l'hydrogène le sesquioxyde de fer, à la température du rouge naissant (fig, 175). L'oxyde, qui est brun, se transforme en une poudre noire qu'on laisse refroidir dans le courant du gaz hydrogène. Le fer

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obtenu de la sorte est dans un état de division très^grand; dès qu'on l'expose au contact de l'air, il en absorbe l'oxygène avec une telle énergie, qu'il prend feu. Cette propriété lui a fait donner le nom ée fer pyrophorique.

Par l'action de l'hydrogène sur le protochlonire de fer, à la température rouge , on obtient également du fer métallique parfaitement pur. Le métal forme, sur les parois du tube , une couche brillante dans laquelle on observe des cristaux parfaitement déterminés.

§ 672. Le fer pur possède une texture cristalline qui varie suivant la forme qu'on lui a donnée : elle est ordinairement à petits grains brillants dans le fer étiré en fils ; quelquefois elle est fibreuse, comme dans le fer en barres. Le fer à texture fibreuse est ordinairement plus recherché , ce qui tient à ce qu'il possède une ténacité beaucoup plus grande. C'est le plus tenace de tous les métaux. Un fil de fer de i millimètres de diamètre peut supporter une charge de 25o kilogrammes sans se rompre.

Le fer fond à une température très-élevée; il se ramollit à la chaleur blanche, et, dans cet état, on peut lui faire prendre toute espèce de forme par le martelage. On utilise cette curieuse propriété que possède le fer de se souder à lui-même pour réunir deux pièces de ce métal. 11 suffit, en effet, d'en chauffer les deux extrémités au blanc suant, comme disent les forgerons, parce qu'en effet l'oxyde qui s'est produit perle à la surface du métal comme des gouttelettes de sueur à la surface de la peau, puis de les frapper fortement avec le marteau. L'oxyde fondu se trouve éliminé par le choc , et les deux parties métalliques bien décapées se réunissent avec facilité. Quelquefois on saupoudre les parties échauffées avec du sable fin , afin de former un silicate de fer plus fusible que l'oxyde et que le choc peut exprimer encore plus facilement.

§ 673. L'air et l'oxygène secs sont sans action sur le fer à la température ordinaire. À l'air humide, ce métal s'oxyde rapidement et se recouvre de rouille , surtout si l'air contient de l'acide carbonique. Cette oxydation n'a pas lieu seulement aux dépens de l'air, mais encore aux dépens de l'eau, dont l'hydrogène à l'état naissant se combine avec l'azote de l'air et forme de l'ammoniaque que retient l'oxyde.

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