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ANALYSE DES FONTES ET ACIERS

§ 710. Les fontes et les aciers renferment divers éléments dont les plus importants sont le carbone et le silicium; on y rencontre encore du soufre et du phosphore : nous allons exposer d'une manière sommaire la méthode à suivre pour doser ces divers éléments. Si l'on opère sur de la fonte grise ou sur de l'acier non trempé, substances qui se laissent facilement attaquer par la Fis. iw. lime, on réduit la matière en limaille. Si la sub-

istance qu'on veut soumettre à l'analyse est de la fonte blanche ou de l'acier trempé , substances cassantes et sur lesquelles la lime n'a point d'action, on fait usage d'un appareil qui se compose d'un cylindre fermé à l'une de ses extrémités par un disque d'acier [fi^, i85), et dans lequel on engage un piston également en ader ; en frappant avec ce piston sur les fragments de fonte ou d'acier introduits dans le cylindre, on obtient une matière inégalement pulvérisée qu'on passe au tamisde soie. S'agit-il de doser le carbone contenu dans la substance, on en pèse 5 grammes, qu'on mélange avec un grand excès de chromate de plomb ; on met à part environ les trois quarts du mélange, auquel on ajoute du chlorate de potasse que l'on y mêle intimement. On introduit ce mélange dans un tube de verre étiré en pointe à l'une de ses extrémités {fig. i86) , tel que ceux dont on fait usage

Flf . 186.

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dans Tanalyse des substances organiques, et Ton verse par-dessus le dernier quart du mélange exempt de chlorate de potasse. On adapte alors à Textrémité libre de Tappareil un Uibe en U, /, destiné à retenir l'humidité du mélange , puis un appareil à boules de Liebig B rempli d'une dissolution de potasse caustique, dont le but est de retenir Tacide carbonique formé par la combustion du cari>one de la fonte aux dépens de Toxygène du chromate de plomb et du chlorate de potasse. L'augmentation de poids de ce dernier tube fera, par conséquent, connaître la quantité d'acide carbonique produit, et par suite le poids du carbone contenu dans la fonte.

Cette méthode fort simple permet de doser le carbone total contenu dans la fonte; mais nous avons vu que cet élément s'y trouvait sous deux formes, savoir, à l'état de carbone graphiteux, inattaquable par les acides étendus, et de carbone attaquable, susceptible de s'unir à l'hydrogène naissant et de produire des carbures d'hydrogène à odeur fétide. Si donc on veut connaître les proportions de carbone contenu sous ces deux formes dans une fonte donnée, après avoir déterminé la quantité de carbone total par Texpérience précédente, on traitera un poids déterminé de dette substance par l'acide chlorhydrique aïfaibli : le carbone graphiteux, n'étant point attaqué, restera comme résida. Mais la fonte ou l'acier contenant du silicium, le dernier se changera en silice insoluble, qui se mélangera au graphite. Afin de connaître la proportion exacte de ce dernier, on séchera le précipité, puis on le pèsera, après quoi on le calcinera dans Toxygène; une nouvelle pesée fera connaître le poids de la silice, et par suite, par différence, celui du carbone. Ce dernier traitement permet donc de déterminer tout à la fois la proportion de graphite et la proportion de silicium contenu dans une fonte ou dans un acier.

Le soufre et le phosphore peuvent se doser en amenant ces corps à l'état d'acides sulfurique et phosphorique , résultat auquel on parvient en traitant la matière par l'eau régale. L'acide sulfurique est précipité de la dissolution à l'état de sulfate de baryte, et l'acide phosphorique à l'état de phosphate de fer.

§ 7ii. Un ingénieur distingué, M. Jullien, qui depuis plus de dix ans s'occupe de la question dos fers et aciers , considère les

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