MODES DE COMBINER L’OXYGÈNE ET L’HYDROGÈNE
Enfin, les vibrations, produites dans le tube, réagissent sur la flamme et mettent ses vibrations d’accord avec les variations de pression qui ont lieu dans tube.
D’ailleurs il se déclare un son par le seul fait de l’élévation de température produite dans le tube. En effet si l’on prend ce même tube et qu’on y introduise une toile métallique, puis que l’on chauffe cette toile au rouge avec un bec de* gaz effilé, on entend un son si la toile est placée dans certaines positions par rapport à la disposition des ondes sonores; cette cause doit donc intervenir aussi dans la production du son par la flamme de l’hydrogène.
Dans cette expérience, comme dans toutes celles d’ailleurs où l’on agit sur l’hydrogène, il est essentiel de n’enflammer le gaz que lorsque l’air a été entièrement expulsé de l’appareil; sans quoi, le mélange qui est dans l’intérieur détonerait et briserait le vase, ou du moins ferait partir les tubes qui le ferment.
134. Autres circonstances dans lesquelles l’hydrogène et l’oxygène s'unissent. — Nous avons fait voir que la combinaison de l’oxygène et de l’hydrogène s’opère, non-seulement quand on en approche un corps enflammé, mais encore, 1° quand on dirige une étincelle électrique dans ces gaz (35) (fig. 51), 2° quand on les comprime brusquement (105), ou
(Fig. 51.)
CHALUMEAUX OXYHYDROGIQUES.
3° quand on introduit dans leur mélange du noir de platine spongieux, connu sous le nom de mousse de platine (106). Nous avons montré pareillement que la combinaison s’opère, dans ces circonstances, parce qu’on amène en définitive, par ces divers moyens, un point du mélange à la température nécessaire pour que la combinaison ait lieu.
Chaleur dégagée. — La chaleur produite dans la combustion de l’hydrogène au moyen de l’oxygène, dans le rapport de 2 volumes du premier pour 1 volume du second, est une des plus hautes que nous puissions produire : MM. Deville et Debray l’ont évaluée à 2300°. Suivant M. Bunsen, celte température dépasserait ce point et atteindrait 2800°. Au contraire, d’après M. Edmond Becquerel, elle serait beaucoup moins élevée, et voisine de 1600° à 1700°.
La chaleur dégagée par la combustion d’un kilogramme d’hydrogène porterait de 0° à 100° 345 kilogrammes d’eau, ce que l’on exprime en disant que l’hydrogène dégage en brûlant 34500 calories.
135. Chalumeaux à gaz oxygène et hydrogène. — On nomme chalumeaux à gaz oxygène et hydrogène les appa-
reils au moyen des quels on se procure la température la plus haute que peut produire la combustion de l’hydrogène.
(Fig. 52.)
Chalumeau Newmann. Pendant longtemps on a fait usage de l’appareil Newmann qui consiste en un vase de laiton, à parois extrêmement résistantes, surmonté d’une pompe aspirante et foulante ( fig . 52).
CHALUMEAUX OXYIiYDRIQUES.
Pour le remplir, on aspire alternativement, dans des gazomètres, 1 volume d’oxygène et 2 volumes d’hydrogène, et on comprime ces gaz dans le réservoir.
Pour s’en servir, on ouvre un robinet, placé sur un tube latéral terminé par un ajutage en platine. Il sort un jet violent de mélange gazeux; qu’on enflamme, et on y place les corps à chauffer, il n’y a rien à craindre dans les premiers instants, parce que le gaz s’échappe avec une rapidité telle qu’il ne s’enflamme meme que difficilement; mais, au bout d’un certain temps, le tube s’échauffe, et la flamme peut rétrograder dans l’appareil, ce qui amène, tout au moins, la fin brusque de l’expérience, et ce qui peut, quelquefois, causer la rupture de l’appareil, s’il n’est pas assez résistant.
On écarte à peu près cette chance d’accident en plaçant dans le tube latéral ISO à 200 toiles métalliques qui, refroidissant la flamme, l’empêchent de rétrograder dans le réservoir; mais il est préférable de recourir à l’appareil suivant.
Chalumeau à gaz séparés . On fait usage de deux gazomètres séparés, et on ne réunit les gaz qu’au point môme où on veut les faire réagir.
Voici le chalumeau dont se sert M. H. Sainte-Claire Deville (fig. 53) :
L’oxygène et l’hydrogène arrivent séparément de leurs gazomètres, par les tubes O et H.
I/oxygène pénètre dans un tube intérieur B.
L’hydrogène se répand dans une garniture en cuivre A, qui entoure le tube B, de sorte qu’il ne se mêle à l’oxygène qu’au point S. La flamme ne peut évidemment rétrograder au delà de ce point.
On commence par donner de l’hydrogène en ouvrant le robinet H et on l’enflamme. On ouvre alors le robinet O, jusqu’à ce qu’on ait une flamme très-faible, brûlant sans bruit.
L’or et l’argent fondent et se volatilisent avec rapidité dans celte flamme; le zinc et le fer s’y oxydent avec énergie en produisant des phénomènes d’incandescence remarquables;