EMPLOIS DU MÉLANGE D’OXYGÈNE ET D’HYDROGÈNE
odeur, et, par suite, que rien n’avertit d’une fuite dans les tuyaux ou dans les appareils.
Emploi du mélange d’oxygène et d*liydrogène. — La
chaleur dégagée dans la combinaison de l’oxygène et de l’hydrogène a été utilisée par M. H. Sainte-Claire Deville pour fondre les corps les. plus réfractaires. M. Desbassyns de Richmond en a tiré parti pour opérer la soudure des métaux au moyen de ces métaux eux-mêmes coulés sur les deux surfaces à réunir ; cette soudure, faite sans le secours d’aucun métal étranger, commelesont des souduresordinaires, se nomme soudure autogène . On fait un fréquent usage de ce moyen pour la soudure des lames de plomb qui servent de parois aux chambres dans lesquelles on fabrique l’acide sulfurique.
On se sert aussi de la combustion de l’hydrogène par l’oxygène de l’air, sous l’influence de la mousse de platine , dans un petit briquet que chacun connaît (fig. 60).
On introduit dans un vase en verre D, contenant de l’eau acidulée par l’acide sulfurique, une cloche renversée, fixée à un couvercle en laiton; dans cette cloche est suspendu un morceau de zinc A.
Ce métal dégage de l’hydrogène qui déprime laliqueur acide, de sorte que le zinc est bientôt soustrait à son action.
Si l’on presse sur la tige O, l’hydrogène s’échappe par la pointe effilée de la monture C, jaillit sur la mousse de platine placée dans un support B, la porte au rouge et prend feu. La mèche d’une petite lampe à huile se trouve alors dans ce jet enflammé et s’allume.
Si l’on enlève le doigt de dessus la tige O, l’appareil reprend sa position première, et le gaz cesse de se dégager. De nouvel hydrogène se reforme, de sorte que l’appareil peut, au bout de quelques instants, fonctionner de nouveau.
Il YPROGENIUM .
143. Mydro^enium. — Le palladium possède la remarqua-» ble propriété d’absorber plus de 900 fois son volume de gaz hydrogène. Graham, qui découvrit ce curieux phénomène, le considéra comme résultant d’une condensation pour laquelle il créa le mot : occlusion. Plus tard il admit que ces deux corps s’unissent pour former une combinaison chimique. Des travaux récents de MM. Troost et Hautefeuille démontrent que cette conception est vraie et que l’hydrogène forme, avec le palladium, un composé défini dont la formule est Pa2 H.
Ce composé offre les propriétés générales des alliages; il est métallique, blanc, doué d’une certaine ténacité et de la conductibilité électrique des métaux; il est magnétique.
Ladensitéde l’hydrogenium déduite de sa combinaison avec le palladium et de sa combinaison avec le potassium et le sodium serait :0, 62, c’est-à-dire que le volume atomique de l’hydrogenium serait le plus faible des volumes connus. Néanmoins nous ferons remarquer que c’est là, non un résultat de l’expérience, mais un résultat du calcul basé sur la supposition que le métal conserve son volume dans la combinaison.
Les propriétés chimiques de l’hydrogène, ainsi condensé dans le palladium, sont différentes des propriétés de l’hydrogène ordinaire : de là le nom spécial que lui a donné M. Graham. Ainsi l’hydrogenium se combine dans l’obscurité avec le chlore et l’iode, il change les ferricyanures en ferrocyanures, il réduit le peroxyde de fer et ses sels en protoxyde et en sels de protoxyde, et il décompose le bichlorure de mercure pour donner du protochlorure et même le mercure métallique. Il faut donc l’envisager comme une variété plus active de l’hydrogène, qui est à l’hydrogène ordinaire ce que l’ozone est à l’oxygène ordinaire.
Le palladium n’est pas le seul métal qui forme une combinaison définie avec l’hydrogène. Le potassium et le sodium donnent avec ce gaz les composés R2 H, Na2 H, et M. Wurtz a fait connaître depuis longtemps la combinaison Cu2 H.
Beaucoup d’autres métaux, au contraire, le fer, le nickel, le cobalt, absorbent peu d’hydrogène et ne donnent pas avec lui des composés chimiques définis.
HYDROGENIUM.
Cette combinaison peut dissoudre de l’hydrogène à la façon de divers métaux, le platine notamment, et ce fait explique la différence des nombres obtenus suivant le temps de l’action, l’état du métal, etc.
Pour saturer le palladium d’hydrogène on forme avec ce métal en fils ou en lames le pôle négatif d’un voltamètre contenant de Peau acidulée par Pacide sulfurique. Le métal conserve son aspect physique. Ses dimensions augmentent sensiblement.
Pour déterminer la composition donnée plus haut, on s’appuie sur les faits suivants :
Le palladium saturé d’hydrogène est introduit dans un tube communiquant d’un côté avec un manomètre et de l’autre côté avec une machine à faire le vide, qui permet d’enlever des quantités déterminées de gaz.
Si l’on chauffe le palladium hydrogéné à une température déterminée, on observe que :
1° Tant que l’hydrogène fixé sur le métal dépasse 600 fois le volume de ce dernier la pression va en décroissant avec une grande rapidité chaque fois que l’on enlève de Phydrogène;
2° Lorsqu’il y a 600 v. d’hydrogène fixé sur le palladium, quantité qui correspond à la formule Pa2 H, ou moins de 600 v. de ce gaz, la pression devient constante : ce qui indique? d’une part, que la quantité d’hydrogène dépassant'600 v. est seulement dissoute dans le métal et, d’autre part, que les 600 v. de gaz forment avec 1 volume de palladium une combinaison Pa2 H. Cette combinaison est assez stable pour ne pas perdre sensiblement du gaz à la température ordinaire.