‹ Leçons de chimieChapitre 161 sur 558 · ANALYSE DE L’AIR · texte numérisé non relu

ANALYSE DE L’AIR

volume, dans les conditions normales, sera donné par la formule :

si, après l’expérience le volume est V' et que la température soit f et la pression H', ce volume devient :

Vo' = V' X

\/ rL

Ce procédé est très-lent quand il fait froid, Il n’est pas très-

exact, parce qu’il se forme un peu d’eau oxygénée, d’acide azoteux et même d’azotite d’ammoniaque par suite de la décomposition de Peau. Enfin, il peut, en présence de certains corps, les carbures d’hydrogène notamment, fournir des résultats négatifs ou trèsinexacts. (Voir Phosphore.)

197. 2° Phosphore chauffé. — On introduit dans une cloche courbe un volume d’air mesuré d’avance, et on fait passer, au moyen d’un fil de fer roulé en spirale, un fragment de phosphore dans une petite cavité qui est ménagée près de l’extrémité fermée delà cloche (fig. 86). On chauffe avec une grande lenteur, pour chasser Peau qui est dans la cavité; quand elle s’est évaporée, on chauffe vivement pour que le phosphore prenne feu, et on continue l’action de la chaleur jusqu’à ce qu’on ait vu la flamme descendre au niveau de Peau. On transvase le gaz résidu dans la cloche graduée, et on le mesure.

Ce procédé est dangereux parce que la cloche casse quelquefois lorsqu’on la chauffe. On ne doit jamais tenir la lampe à la main; on la place d’ordinaire sur une pelle que l’on tient à

(Fig. 85.)

analyse de l’air par l’acide pyrogallique

Ja main. Il exige deux transvasements, circonstance qui augmente les chances d’erreur.

198. 3° Acide pyrogallique et potasse. — M. Ghevreul a observé que l’acide pyrogallique en présence des alcalis absorbe très-rapidement l’oxygène, en prenant une teinte brune foncée.

On mesure sur le mercure un certain volume d’air, et on y fait passer, avec une pipette courbe, de la potasse en dissolution; s il y a de l’acide carbonique, il se dissout dans la potasse par l’agitation, et la différence des volumes donne la propotion de ce gaz '(fig. 87).

(Fig. 87.)

On introduit alors dans le tube quelques centimètres cubes d’une dissolution d’acide pyrogallique, qu’on a dissous au moment dans un peu d’eau, et l’on agite.

Au bout de quelques instants l’absorption est complète, et l’on n’a qu’à lire le volume pour en conclure la proportion de l’azote, et par différence celle de l’oxygène.

Ce procédé a l’avantage

ANALYSE EUDIOMÉTIUQUE.

de fournir l’acide carbonique. Il est sans danger, et si rapide que la température et la pression ne varient pas sensiblement pendant Pexpérience.

Il est même indispensable de faire la lecture du volume disparu, quelques minutes seulementaprès l’absorption, parce que l’acide pyrogallique abandonné en présence de la potasse dégage de Poxyde de carbone, et que la proportion de ce gaz peut devenir assez forte avec le temps.

On peut, à la rigueur, opérer sur Peau; Péprouvette étant remplie d’air, à quelques centimètres cubes près, on y passe d’abord un fragment de potasse, on agite et on ajoute ensuite un peu d’acide pyrogallique solide, enveloppé dans du papier de soie.

Ces procédés par les réactifs absorbants sont très-fréquemment employés, en raison de leur rapidité, mais ils présentent divers inconvénients, qui doivent les faire proscrire lorsqu’il s’agit d’exécuter des analyses de précision.

1° L’oxygène absorbé ne peut être remis en liberté, et dès lors le dosage de l’azote n’est pas vérifié et confirmé par celui de l’oxygène.

2° Le réactif absorbant peut dégager une certaine quantité de gaz qu’il tient en dissolution.

3° Il y a des incertitudes relativement à l’état hygrométrique de Pair.

4° La capillarité, variant avec les divers liquides, amène des erreurs dans la mesure des volumes.

199. 4° Analyse eudiométrique . — Ce procédé a sur les précédents divers avantages, et notamment celui de se prêter à plusieurs vérifications.

L’eudiomètre de Yolta est l’appareil qui a servi, malgré ses imperfections, entre les mains habiles de Gay-Lussac et de Humboldt, à établir la composition de Pair ( fiy . 88).

Répétons cette analyse sur 100 volumes d’air atmosphérique. Après les avoir fait passer dans l’eudiomètre, on y introduit 100 volumes d’hydrogène.

Une étincelle électrique opère la combinaison de l’oxygène de Pair avec l’hydrogène* On transvase le gaz restant dans le

ANALYSE EUPIOMÉTRrQUE.

tube qui a servi à la mesure des gaz, ce qui est facile, puisque ce tube se visse sur l’eudiomètre, et on note le volume.

Il est de 137 : donc 63 ont disparu pour former de l’eau, et comme celle-ci contient J de son volume d’oxygène, les 100 volumes d’air renferment f =21 volumes d’oxygène.

1 vérification . On introduit 50 volumes d’oxygène dans le résidu, ce qui le porte à 187, et on y dirige ensuite une étincelle électrique : le volume se réduit à 100. Il a donc disparu 87 volumes, qui renferment les f d’hydrogène , c’est-à-dire 58.

Par conséquent, les 137 volumes, constituant le premier résidu, renfermaient J 37 — 58 — 79 volumes d’azote. Ces 79 d’azote réunis aux 21 d’oxygène constituent les 100 volumes d’air employés.

222 ANALYSE EUniOMÉTRIQUE.

2e vérification . En mettant un bâton de phosphore dans les 100 volumes qui constituent le 2e résidu, il disparaît 21 d’oxygène et il reste 79 de gaz, qui sont formés d’azote pur.

La solubilité différente des gaz oxygène, hydrogène et azote dans l’eau est une cause d’erreur qu’on évite en substituant à l’eudiomètre à eau un des eudiomètres à mercure (fig. 89).

(Fig. 89.)

Il est clair que l’on doit faire subir à chacun des volumes observés les corrections ordinaires de température et de pression (196).

200. Méthodes par les poids. — Procédé Dumas et Bous singault .

Principe. On dirige de l’air, débarrassé d’acide carbonique et de vapeur* d’eau, sur de la tournure de cuivre chauffée. L’oxygène est absorbé en totalité, et l’azote se rend dans un ballon vide, où on le pèse {fig. 90).

A, ballon de 15 à 20 litres.

B, tube en verre vert entouré de clinquant, rempli de cuivre et muni de robinets R, IV.

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