FABRICATION DE L’ACIDE AZOTIQUE
237. Composition de l’acide azotique en volume. Équivalent de l’azote en volume. — Puisque l’équivalent de l’oxygène représente 1 volume de ce gaz, et que l’acide azotique en contient 5 équivalents, l’équivalent de l’acide azotique contient 5 volumes d’oxygène.
On aura le volume d’azote uni à ces 5 volumes par l’appli-
cation de la formule V =
d’où x =
Donc les 5 volumes d’oxygène sont unis à 2 volumes d’azote dans l’acide azotique. Gomme l’acide azotique contient 1 équivalent d’azote, cet équivalent représente 2 volumes.
L’instabilité de l’acide azotique ne permet pas de déterminer le volume occupé par l’équivalent de cet acide.
238. Détermination de la quantité d’eau. — On pèse un certain poids d’acide dans un ballon taré : soit 10 gr. On y ajoute un grand excès d’oxyde de plomb pur et sec : 100 gr. par exemple, et l’on chauffe très-doucement jusqu’à ce que la matière soit sèche. L’augmentation de poids du ballon indique le poids de l’azotate de plomb et de l’oxyde de plomb en excès.
On en retranche le poids 100 d’oxyde employé, et l’on obtient un nombre qui indique la proportion exacte d’acide anhydre contenu dans les 10 gr. d’acide étendu. Il faut avoir soin de ne pas trop chauffer le ballon, parce que l’azotate de plomb se décompose par la chaleur.
239. Fabrication de l’acide azotique. — On s’est servi du nitrate de potasse jusqu’à ces dernières années. On emploie exclusivement aujourd’hui le nitrate de soude, dont le prix est moins élevé. A prix égal, on le préférerait encore, parce que 85kilogr. de ce sel fournissent 54 kilogr. d’acide nitrique, et qu’il faudrait 101 kilogr. d’azotate de potasse pour en donner le même poids avec une même quantité d’acide sulfurique, qui est de 98 kilogr. On se sert même de l’azotate de soude
FABRICATION DE i/ ACIDE AZOTIQUE.
pour préparer l’azotate de potasse, qui est nécessaire àla fabrication de la poudre, en le traitant parle chlorure de potassium.
L’appareil le plusemployé se compose de cylindres en fonte ayant environ 5 centimètres d’épaisseur, 1 mètre 60 de longueur et 60 centimètres de diamètre. Chacun de ces cylindres est disposé horizontalement sur un foyer particulier. Le fond postérieur A est mobile et percé, à la partie supérieure, d’une ouverture dans laquelle on place un entonnoir recourbé, qui sert à l’introduction de l’acide. On lute le fondavec de l’argile et de la fiente de cheVâl, lorsqu’on a chargé l’azotate de soude, etl’on verse l’acide (fig. 106).
(Fig. 106.)
Les cylindres sont d’ordinaire disposés six par six; ils contiennent 80 à 90 kil. d’azotate de soude.
On remplace quelquefois ces cylindres par des cornues en fonte> quipeuventcontenir350kil. d’azotate de soud 107). Une allonge en verre permet de suivre la marche de l’opération. La charge des matières a lieu par le couvercle, qu’on fixe sur la cornue au moyen de lut. Quand l’opération est terminée, on débouche le couvercle et l’on fait des incisions’en divers sens dans la masse de sulfate, encore pâteuse ; cette matière refroidie se sépare en blocs, qu’on enlève sans difficulté.
Quel que soit le système employé, les vapeurs acides sont recueillies dans une série de bonbonnes B, B, communiquant les unes avec les autres et contenant de l’eau. On a soin que