ACIDE SULFURIQUE FUMANT OU DE NORDHAUSEN
308. On désigne cet acide sous ce dernier nom parce qu’à l’origine on le préparait dans les environs de Nordhausen, en Saxe. C’est un mélange qui se rapproche, par sa constitution, d’un semi-hydrate d’acide sulfurique HO, 2S03 (315), Il est liquide, brun, oléagineux, fumant. On s’en sert presque exclusivement pour effectuer la dissolution de l’indigo; il est préféré à l’acide monohydraté, malgré la différence du prix (1 fr. 40 au lieu de 0 fr. 20), parce que l’indigo ne se dissout bien que dans un acide très-concentré, et surtout parce que cet acide ne peut pas contenir de produits nitreux qui jaunissent l’indigo.
Voici comment M. Peligot a vu préparer cet acide en Bohême. On grille la pyrite Fe S2 à l’air, on lessive le sulfate de fer, Fe O, S O3, qui résulte de cette oxydation, et on le fait cristalliser. Les eaux mères, qui ont commencé à se peroxyder pendant cette opération, sont évaporées à sec en présence de l’air : le sulfate de protoxyde de fer est changé en sous-sulfate de peroxyde.
O + 2 (FeO, S O3) === Fe2 O3, 2 S O3
On dessèche ce sel jusqu’à ce qu’il commence à répandre des fumées blanches d’acide sulfurique, et on l’introduit dans des tubes en terre placés, horizontalement, les uns à côté des autres, dans un fourneau de galère (ftg. 145).
Le sulfate se détruit
Fe2 O3 2 S O3 = Fe2 O3 + 2 S O3
et dégage un mélange d’acide anhydre et d’acide monohydraté, parce que la déshydratation de ce sel n’est jamais complète. Il se forme aussi de l'acide sulfureux, parce qu’il reste du sulfate de protoxyde de fer qui se décompose de la façon suivante :