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FABRICATION

309. Principe. — Le principe de cette fabrication est Faction de l’air sur le soufre.

Elle est exécutée avec tantde précision, aujourd’hui, qu’on obtient sensiblement le rendement théorique. Comme, en définitive, Foxygène et l’eau qui s’ajoutent au soufre sont sans valeur, l’acide sulfurique coûte moins, à poids égal, que le soufre, car on a 100 kilogr. d’acide sulfurique monohydraté, délayé dans l’eau, pour 9 francs, ou bien 1 kilogr. pour 9 centimes.

Nous avons vu, dans l’étude de l’acide sulfureux (300), que ce dernier corps absorbe Foxygène en présence de l’eau. Comme cette action serait trop lente, on se sert d’un intermédiaire qui, puisant Foxygène dans l’air, le cède à l’acide sulfureux : cet intermédiaire est l’acide azotique.

Tous les éléments de la réaction nous sont connus.

1° Le soufre chauffé à l’air se change en acide sulfureux.

2° L’acide sulfureux décompose l’acide azotique, et se transforme en acide sulfurique (302),

S O2 + Az O5, H 0= S O3, H O + Az CM.

3° L’acide hypoazotique, en contact avec une quantité d’eau suffisante, fournit de l’acide azotique et du bioxyde d’azote,

3 (Az CM) + 2 H O = 2 (Az O5 H O) + Az O2.

4° Le bioxyde d’azote, en présence de l’air, régénère l’acide hypoazotique (249),

Az O2 -f O2 = Az OL

358 ACIDE SULFURIQUE

Gomme l’acide hypoazotique reproduit l’acide azotique sous l’influence de l’e au, il en résulte qu’une quantité définie d’acide azotique, introduiteune première fois dans le roulement de cette fabrication, est susceptible, théoriquement du moins, de transformer en acide sulfurique une quantité indéfinie d’acide sulfureux.

Dans cette théorie, qui est généralement admise, c’est l’acide azotique qui joue le rôle capital. Or, il est difficile d’admettre qu’il en soit ainsi, parce que l’acide azotique trèsdilué, tel qu’il se trouve dans les chambres, n’est que difficilement attaqué par l’acide sulfureux, et que l’acide nitrique, non chargé de produits nitreux, fût-il même concentré, n’exerce qu’une action faible sur l’acide sulfureux.

Au contraire, l’acide nitrique agit énergiquement sur l’acide sulfureux quand il contient des produits nitreux, et l’on observe que si l’on ajoute de l’acide nitrique à de l’acide sulfureux, puis que si l’on expose ce mélange à l’action de l’acide sulfureux, le mélange bleuit par la formation d’acide azoteux; l’acide hypoazotique est, de son côté, réduit en acide azoteux par l’acide sulfureux.

Inversement, le bioxyde d’azote est transformé en acide azoteux lorsqu’un excès de ce corps se trouve en présence de lair.

En conséquence, l’acide azoteux doit se former dans les chambres de plomb par suite des diverses réactions précédentes, et y jouer un rôle considérable.

Perte d’acide hypoazotique, — Ce gaz ne doit pas se perdre ; mais comme il faut, pour que les réactions marchent régulièrement, qu’il y ait un tirage très-fort dans l’appareil, ce tirage entraîne sans cesse de l’acide hypoazotique par la cheminée de l’usine, et l’on est obligé de remplacer par du nouvel acide azotique les composés oxygénés de l’azote qui échappent à la réaction. L’acide nitrique, ayant une valeur considérable par rapport à celle de l’acide sulfurique, la grande préoccupation du fabricant est de laisser perdre le moins possible d’acide azotique; on a fait de tels progrès dans cette voie que la consommation de cet acide, qui était autrefois de 10 kilog. par 100 kilog. de soufre, a été

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