‹ Leçons de chimieChapitre 270 sur 558 · FABRICATION DE L’ACIDE SULFURIQUE HYDRATÉ · texte numérisé non relu

FABRICATION DE L’ACIDE SULFURIQUE HYDRATÉ

G, vase producteur de bioxyde d’azote,

B, » » d’acide sulfureux.

On peut envoyer dans le ballon de la vapeur d’eau et de l’air par les autres tubes.

On commence par diriger de l’acide sulfureux, pendant une demi-heure, dansle ballon où l’on a versé 8 à 10 cent. cub. d’eau. Au bout de ce temps, on dégage rapidement du bioxyde d’azote, et on insuffle sept ou huit fois de l’air : on voit aussitôt des vapeurs rutilantes d’acide hypoazotique colorer le ballon ; elles disparaissent, puis reparaissent si l’air afflue, etc.

Le ballon s’échauffe par suite de la réaction ; on le refroidit au moyen d’une éponge mouillée, et l’on ne tarde pas à voir une foule de cristaux du corps, S2 Àz O9, tapisser les parois du vase. Si, à ce moment, on envoie dans le ballon un courant rapide de vapeur d’eau, ces cristaux disparaissent et dégagent, dans leur décomposition, une quantité d’acide hypoazotique telle que toute l’atmosphère devient orangée. Ces cristaux sont donc l’indice d’une préparation qui marche mal, parce que l’eau arrive en quantité insuffisante; on évitera leur formation en ayant soin d’injecter sans cesse de la vapeur dans les chambres.

310. Disposition tle l’appareil îles arts. — B y a deux cents ans, la fabrication s’opérait dans une longue série de ballons en verre, où l’on enflammait successivement un mélange de soufre et de nitre. Aujourd’hui, l’on se sert d’immenses chambres en plomb dont la forme, la grandeur, le nombre varient avec le local duquel on dispose {fig . 147).

La disposition généralement employée autrefois était la suivante : AA', deux fourneaux accouplés sur la* sole desquels on brûle du soufre. La chaleur considérable, qui résulte de cette combustion, est utilisée pour le chauffage de deux chaudières qui envoient de la vapeur dans toutes les chambres par le moyen des tubes v, v, v, etc.

L’air et l’acide sulfureux entrent dans une première caisse G, contenant des tablettes en plomb sur lesquelles tombe de l’acide sulfurique chargé de produits nitreux dont nous indiquerons plus loin la provenance» Quelquefois, celte

(Fig. 147).

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chambre est remplie de coke, qui favorise le mélange du gaz et de l’acide nitreux disséminé dans l’acide sulfurique.

D , chambre en plomb, nommée le dénitrificateur parce que les vapeurs nitreuses, venant de la caisse C, mêlées d’air et d’acide sulfurique , réagissent en présence del’eau.

E , chambre où un mince filet d’acide nitrique, venant des touries F, tombe sans cesse en cascade sur des étagères en briques.

G, grande chambre où se passe la majeure partie delà réaction; le sol est plus bas que celui des autres chambres, de sorte que tout l’acide formé s’y accumule. La réaction y est trèsxive; les parois s’échauffent, et, si l’on conduisait lesgaz immédiatement dans

FABRICATION DE i/ ACIDE SULFURIQUE.

l’atmosphère, il y aurait une perte considérable de vapeurs nitreuses et meme d’acide sulfurique en suspension dans l’air.

H, chambre en plomb où le refroidissement des gaz a lieu, et où leur réaction se continue; il n’arrive pas de vapeur d’eau dans celle-ci. On dispose quelquefois, à la suite, une caisse fermée où se condense beaucoup de liquide acide.

I, caisse remplie de coke sur lequel tombe de l’acide sulfurique à 62° ou 64°, dans le but d’absorber l’acide hypoazotique qui n’a pas réagi. Cet acide, saturé de vapeurs nitreuses, est envoyé ensuite dans la caisse C par le tube R. R. R.

Modifications récentes. — 1° Dans l’appareil précédent l’acide azotique arrive, à l’état liquide, au milieu de la chambre E, et se mêle difficilement à l’air, à l’eau et à l’acide sulfureux qui sont à l’état gazeux dans l’appareil , de telle sorte qu’une partie de l’acide azotique disparaît dans l’acide sulfurique déjà condensé sur le sol de la chambre, et ne produit aucun effet utile. On évite cet inconvénient en plaçant, dans les fours à soufre, des terrines en fonte contenant un mélange de nitrate de soude et d’acide sulfurique. Il en résulte de l’acide nitrique et des vapeurs nitreuses qui sont entraînées à l’état de gaz dans le torrent de la circulation. On réalise, parce moyen, une très-grande économie, parce que le prix de l’acide nitrique est notablement élevé par les frais que cause sa condensation dans les bonbonnes.

2° Un perfectionnement très-important est le remplacement, à peu près général, du soufre par la pyrite de fer qui, chauffée dans le four en présence d’un courant d’air très-vif, dégage la majeure partie du soufre qu’elle renferme. C’est à l’emploi de la pyrite, dans cette fabrication, que nous devons la découverte du sélénium et celle du thallium. La pyrite renferme d’ordinaire si peu de ces substances, qu’il serait impossible de les en retirer ; mais, par suite de la fabrication continue de l’acide sulfurique, ces quantités infiniment petites s’accumulent dans la première chambre et finissent par s’y trouver à doses notables.

3° La disposition précédente des chambres est loin d*être

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