COMBINAISON HYDROGÉNÉE DU CHLORE
ACIDE CHLORHYDRIQUE
Synonymes -.' Acide marin. Acide’ muriatique. [Esprit de sel.
H Cl = 36,5
Cl = 97,26.... 35,5.... 2»
HCl = 100,00.... 36,5.;.. 4»
Gaz incolore, fumant, très-soluble, liquéfiable, acide très énergique.
385. Historique. — La découverte de ce corps remonte aux premiers temps de l’alchimie. Basile Valentin le décrit sous le nom d 'Esprit de sel, et indique la manière de l’obtenir, en calcinant un mélange de vitriol vert , et de sel ordinaire. Glauber le prépara plus tard en traitant le sel par l’acide sulfurique. On le connut seulement en solution dans Beau jusqu’en 1772, où Priestley l'isola à l’état gazeux.
Ses propriétés acides avaient fait admettre que c’est un corps oxygéné. Les travaux de Gay-Lussac et Thénard et de Davy apprirent qu’il renferme 'de l’hydrogène même lorsqu’il est tout à fait anhydre. Gay-Lussac et Thénard émirent l’hypothèse que ce corps pourrait être considéré tout aussi bien comme un hydracide que comme un oxacide , mais Davy énonça d’une façon positive que c’était un hydracide. Ce fut cette découverte qui l’amena à la théorie que nous avons fait connaître sur la constitution des acides (319), théorie qui peut se résumer en ces mots : Tout acide est né -
ACIDE CHLORHYDRIQUE
cessairement hydrogéné ; quand il réagit sur une base pour donner un sel , il échange simplement son hydrogène contre le métal renfermé dans cet oxyde .
Propriétés physiques. — L’acide chlorhydrique est un gaz incolore, doué d’une odeur piquante et d’une saveur acide très-prononcées. Il rougit le tournesol à la manière des acides les plus forts. Il est très-corrosif en raison de cette grande acidité, et il désorganise les tissus animaux; il provoque la toux lorsqu’il pénètre dans les organes respiratoires. Sa densité est 1,247, ce qui donne lsr,612 pour le poids du litre.
386. Action de l’eau. — Il est extrêmement avide d’eau. Quand on l’introduit dans une éprouvette contenant de l’air sec, la transparence n’en est nullement altérée ; tandis que si l’air est humide, il se produit d’abondantes fumées, qui sont dues à ce que cet acide s’empare de l’humidité pour former un hydrate, dont la tension de vapeur est trop faible pour qu’il puisse rester à l’état latent dans l’air, et qui se précipite alors sous forme de brouillard.
L’eau en dissout 480 fois son volume à 0°. Son affinité pour l’eau est telle que si l’on met en contact avec de l’eau une cloche remplie de gaz chlorhydrique parfaitement pur, cette cloche est brisée. Il faut toujours avoir soin d’entourer d-’un linge le fond de la cloche. Si le gaz n’est pas pur, la dissolution est beaucoup plus lente; cependant on casse encore la cloche quand l’acide chlorhydrique renferme une ou deux bulles d’air. Cette dernière expérience ne réussirait pas avec le gaz ammoniac, quoique sa solubilité soit deux fois plus forte que celle du gaz chlorhydrique. Il faut attribuer cette différence à la cause suivante :
L’acide chlorhydrique forme avec l’eau des combinaisons. En effet, si l’on soumet à la distillation une solution concentrée d’acide chlorhydrique ( fig . 173), il s’échappe d’abord une quantité considérable de gaz chlorhydrique, mais plus tard il distille un liquide de composition constante, car un thermomètre placé dans la cornue indique une température de 11C°, et cette température se maintient fixe jusqu’à la fin de la distillation.