IODE
Solide analogue au chlore et au brome par ses propriétés chimiques.
410. Propriétés physiques. — L’iode est solide à la température ordinaire et se présente sous forme de paillettes grises, douées de l’éclat métallique. On l’obtient parfaitement cristallisé par une sublimation effectuée lentement vers 50 ou 60°, ou mieux encore en abandonnant au contact de l’air une solution saturée d’acide iodhydrique qui, perdant peu à peu son acide, fournit des cristaux isolés qui peuvent acquérir un volume assez considérable. Il possède une légère odeur de chlore ; il colore la peau en jaune, mais la tache n’est pas persistante. Sa densité est de 4, 95.
L’iode fond à 107° en un liquide brun foncé ; sa tension de vapeur est tellement forte à cette température que la majeure partie de l’iode se réduit en vapeur avant de fondre. Il entre
RÉACTIFS DE L’iODE.
en ébullition à 175° et il produit une vapeur violette d’une intensité et d’une richesse incomparables, teinte qui lui a valu son nom (îco Svjç violet). La densité de cette vapeur est 8,716, ce qui donne 11,27 pour le poids du litre. Sa tension est sensible à froid : si l’on recouvre par une lame d’argent un vase contenant de l’iode, le métal jaunit ou prend une teinte violette par suite de la formation d’une légère couche d’iodure d’argent à sa surface. C’est en remarquant la rapidité avec laquelle cette pellicule d’iodure est détruite par la lumière que Daguerre a été conduit à la découverte qui a illustré son nom etquiestPoriginedu daguerréotype etde laphotographie.
411. Solubilité. Réactifs. — L’eau dissout des quantités très-faibles d’iode en prenant une teinte, jaune. Elle en dissout une forte proportion quand elle contient un iodure ou de l’acide iodhydrique, et elle se colore en brun foncé: on admet qu’il se forme alors un iodure plus ioduré que l’iodure dissous dans l’eau. L’alcool, l’éther dissolvent égaiementl’iode en prenant une teinte brune; cette coloration est probablement due à ce que l’iode réagit, en partie au moins, sur ces corps.
L’iode se dissout aussi dans la benzine, dans le chloroforme et dans le sulfure de carbone. Cette réaction est trèssensible, car, si l’on agite c-es liquides avec de l’eau ne renfermant que des traces d’iode, ils prennent aussitôt une couleur améthyste.
Il est une autre réaction plus sensible encore : c’est la coloration bleue intense que des traces d’iode communiquent à l’empois d’amidon ou à l’eau qui a bouilli avec de l’amidon. Cette couleur disparaît à 70° ou 80°, elle reparaît par le refroidissement pour disparaître encore par la chaleur. Chaque fois la teinte s’affaiblit et, après un certain nombre de colorations et de décolorations successives, elle cesse d’être visible : on peut parce moyen déceler dans une liqueur i0ooôoô d’iode. Cette coloration n’a lieu que lorsque l’iode est à l’état de liberté; si l’on met de l’amidon avec une solution d’iodure de potassium, on n’a pas la plus légère teinte bleue, elle paraît si l’on ajoute à la liqueur du chlore, du brome, de l’ozone, de l’acide azotique nitreux, etc. Il faut employer de préférence
PROPRIÉTÉS CHIMIQUES DE L’iODE.
ce dernier réactif, parce qu’un excès des premiers ferait disparaître la coloration.
Cette décoloration s’opère très-facilement avec le chlore. L’eau en présence est décomposée, et il se forme de l’acide chlorhydrique; Poxygène naissant s’unit à l’iode et fournit de l’acide iodique,
5C1 + 5H 0 + I=I05 + 5HCl.
On pourrait, il est vrai, régénérer la couleur en ajoutant à la liqueur de l’acide sulfureux qui réduirait l’acide iodique,
Il y aurait à craindre d’en mettre un excès, car l’avidité de l’acide sulfureux pour l’oxygène, jointe à l’affinité de l’iode pour l’hydrogène, amènerait encore la décomposition de l’eau et le changement de l’iode ou acide iodhydrique,