FLUOR. ACIDE FLUORHYDRIQUE
428. Historique. — On trouve dans la nature un minéral, parfaitement cristallisé dans le système régulier, possédant des teintes variées souvent très-vives; ce minéral a été nommé le spath fluor parce qu’on en tire parti comme fondant. Ce composé est attaqué par l’acide sulfurique comme les chlorures, les bromures et les iodures, et il fournit dans ces circonstances un acide fumant et très-énergique, comme les acides chlorhydrique, bromhydrique et iodhydrique. Cet acide réagit également sur les métaux et sur les oxydes métalliques pour donner naissance à des composés analogues aux chlorures, bromures, iodures. Ampère, frappé de ces ressemblances, en conclut que le spath fluor renferme un métalloïde voisin du chlore, et il nomma ce dernier le phtore, parce qu’il détruit tous les vases dans lesquels on cherche à l’isoler.
Les chimistes admettent l’existence de ce radical, mais le nom de fluor a prévalu.
Quelques-unes des expériences que nous allons décrire, parmi lesquelles on remarquera surtout celles de M. Fremy, semblent montrer que ce radical a été isolé, mais que son étude est impossible, faute de vases où l’on puisse le conserver même pendant un temps très-court.
Scheele reconnut que le spath fluor dégage, au contact de l’huile de vitriol, une vapeur qui corrode le verre.
Gay-Lussac et Thénard substituèrent au verre des métaux peu oxydables, le plomb, le platine, et ils obtinrent de l’acide fluorhydrique pur, mais qui n’était pas anhydre. Comme à cette époque on attribuait l’acidité des corps à la présence de l’oxygène, comme, d’ailleurs , on trouvait dans ce composé de l’oxygène provenant de l’eau qu’il renfermait, on lui donna le nom d’acide fluorique, et on en conclut nécessairement que le spath fluor était un sel, le fluate de chaux.