ESSAIS ENTREPRIS POUR ISOLER LE FLUOR
obtient pas de traces, c’est une présomption en faveur de l’hy. pothèse, admise aujourd’hui, que le spath fluor ne contient pas d’oxygène.
430. Essais en vue d'isoler le fluor. — Le récit des tentatives faites pour isoler le fluor coufirme cette hypothèse.
Comme on obtient du chlore, du brome, de l’iode par la calcination des chlorures, bromures, iodures d’or et de platine, on avait des chances d’isoler le fluor en traitant par la chaleur les fluorures d’or et de platine : tous les efforts entrepris pour arriver à préparer ces fluorures ont été infructueux.
H. Davy tenta l’expérience sur le fluorure le plus voisin de ceux-là, le fluorure d’argent; la chaleur ne le] détruisit pas. Il le soumit alors à un courant de chlore, et il obtint du chlorure d’argent : donc le fluor avait dû être isolé, mais, au même instant, il s’était uni au verre, au platine, à la matière du vase dans lequel on opérait.
MM. Knox et Louyet eurent alors l’ingénieuse idée d’exécuter cette expérience dans un creuset en spath fluor, et M. Louyet imagina de recouvrir, par une cloche en spath fluor, une ouverture ménagée dans le couvercle de ce vase. Il se dégagea dans cette petite éprouvette un gaz incolore, décomposant l’eau à la température ordinaire, et attaquant tous les métaux à l’exception de l’or et du platine.
Est-ce le fluor ? ne serait-ce pas plutôt un mélange d’acide fluorhydrique, d’air et surtout de chlore qui n’a pas réagi sur le fluorure?
Le fluorure de mercure amène des résultats encore moins satisfaisants, car s’il est sec il s’échappe en vapeurs, et s’il est humide l’eau rend l’isolement du fluor impossible.
Quand on fait arriver un courant d’oxygène parfaitement pur dans un tube de platine, chauffé au feu de forge, contenant du fluorure de calcium, on obtient un gaz corrodant le verre avec une énergie extrême, gaz qui est probablement le fluor. L’expérience ne dure forcément que très-peu de temps, parce que le platine est perforé par ce gaz et par un oxyfluorure de calcium fusible qui se forme dans cette réaction.
ACIDE FLUORHYDRIQUE
Le chlore sec réagit de la même manière, mais avec une intensité moindre, sur le fluorure de calcium chauffé dans un feu de forge. La décomposition est si lente qu’on retrouve au bout de quelques heures tout à fait intacte la majeure partie du fluorure.
On n’a pas été plus heureux à l’aide du courant électrique. Quand on dirige le courant dans du fluorure de calcium fondu dans un creuset de platine, il se dépose au pôle négatif du calcium que l’air oxyde aussitôt, et il se dégage au pôle positif un gaz qui attaque le verre. Or, comme il est nécessaire d’opérer à la température du feu de forge, le creuset de platine est si rapidement perforé que l’expérience ne dure que quelques instants.
On avait lieu d’espérer que les fluorures anhydres d’argent , d’étain , de plomb se prêteraient mieux à cette réaction , en raison de leur fusibilité. Là encore le métal mis en liberté perce immédiatement le platine.
M. Frémy eut enfin l’idée d’employer le fluorure de potassium chimiquement pur et anhydre. Il fit usage d’une cornue en platine chauffée au feu de forge; un fil de platine d’un très-gros diamètre ou une baguette de charbon de cornue formant l’électrode positive , plongeait dans le fluorure fondu. La décomposition eut lieu d’une façon régulière, et il se produisit un gaz odorant, qui décompose l’eau en produisantde l’acide fluorhydrique , qui déplace l’iode desiodures, et qui, attaquant instantanément l’électrode, empêche encore de l’isoler.
On n’a donc pas pu étudier le fluor, ni même le recueillir dans des vases quelconques, car ils sont tous attaqués.