‹ Leçons de chimieChapitre 376 sur 558 · L. Orfila et Rigout · texte numérisé non relu

L. Orfila et Rigout

Lorsque ragent qui intervient sur ces deux variétés de phosphore est très-énergique, comme le chlore, le brome, on ne remarque pasunetrès-grande différence d’action: ainsi, du phosphore amorphe, réduit en poudre et récemment lavé avec du sulfure de carbone, s’enflamme dans le chlore et dans le brome. ïl est vrai de dire que dans ce cas l’état pulvérulent active peut-être l’action, cependant on ne réussit pas mieux avec des fragments de phosphore rouge, parce qu’on ne peut pas les débarrasser complètement de phosphore ordinaire.

Il ne faut pas oublier qu’il n’y a de différence que dans la rapidité de l’action : une fois que l’attaque a lieu, le phosphore rouge donne naissance aux mêmes produits que le phosphore ordinaire. Nous avons vu tout le parti qu’on tire de cette inertie pour produire des réactions qu’il est dangereux de tenter avec le phosphore ordinaire par suite de ses affinités violentes, pour obtenir, par exemple, l’acide bromhydrique et l’acide iodhydrique.

La transformation du phosphore ordinaire en phosphore rouge sous l’influence de la chaleur, et la transformation inverse, qui tend à s’opérer à la température ordinaire, semblent montrer que ces deux états du phosphore tiennent à une quantité de chaleur latente différente, comme les divers états du soufre.

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