FABRICATION DES ALLUMETTES ORDINAIRES
Dans l'origine, une allumette chimique se composait d’un morceau de bois imprégné de soufre à l’une de ses extrémités. On pressait légèrement la partie soufrée dans un petit tube en verre ou en métal au fond duquel était un fragment de phosphore. La pression détachait une parcelle de phosphore qu’on enflammait par une friction un peu vive sur un morceau de liège, de bois, etc. Le phosphore allumait le soufre, et le soufre mettait le feu au bois.
Ce procédé était peu commode, car il fallait avoir, outre la boîte à allumettes , une petite bouteille contenant le phosphore, et celui-ci se mouillait rapidement au contact de l’air humide et cessait d’agir. Enfin, ce morceau de phosphore pouvait se détacher du tube et causer des empoisonnements, des incendies, ou du moins des brûlures.
On eut alors l’idée de déposer d’avance, à l’extrémité du bois soufré, la parcelle de phosphore destinée à produire l’inflammation, et Ton atteignit ce résultat au moyen d’une solution chaude et épaisse de gomme dans laquelle on mettait du phosphore et du chlorate de potasse. Le phosphore fondait dans la solution de gomme, et y restait en suspension par suite de la viscosité du liquide. Le chlorate se dissolvait et se trouvait ainsi disséminé dans toute la masse et en contact avec le phosphore.
Quand ce mélange était rendu homogène par l’agitation , on y plongeait les allumettes soufrées, et il se déposait sur le soufre une petite quantité de phosphore et de chlorate. Une fois que cette pâte était sèche, il suffisait de frotter légèrement l’allumette pour qu’elle prît feu, seulement l’oxydation était si brusque qu’elle s’accompagnait d’une vive déflagration et souvent d’une projection de matière. Pour éviter cet inconvénient, on remplaça le chlorate par le nitrate, et on eut alors des allumettes qu’on vendait sous le nom d 'allumettes sans bruit et sans éclat .
Plus tard, on reconnut que le phosphore était assez combustible pour brûler aux dépens de l’oxygène de l’air, et que le nitrate de potasse était lui-même inutile, de telle sorte qu’aujourd’hui l’on fait usage de pâtes ainsi composées :