‹ Leçons de chimieChapitre 384 sur 558 · ALLUMETTES AU PHOSPHORE ROUGE · texte numérisé non relu

ALLUMETTES AU PHOSPHORE ROUGE

diesen raison de leur facile inflammabilité; elles sont souvent la cause d'empoisonnements, enfin leur fabrication est trèsdangereuse, parce que les ouvriers, qui sont exposés sans cesse aux vapeurs de phosphore, éprouvent souvent une carie et une nécrose complète de l’os maxillaire supérieur.

On évite ces dangers en remplaçant le phosphore ordinaire par le phosphore rouge, qui est beaucoup moins combustible et qui n'est nullement vénéneux. On les fabrique ainsi : L’allumette soufrée est plongée dans un mélange de

Chlorate de potasse 6,

Sulfure d’antimoine 3,

Colle forte. 1.

L’inflammation n’a lieu que si l'on frotte l’allumette sur un morceaude bois ou de carton recouvert d’un mélange de

Phosphore amorphe 10,

Peroxyde de manganèse 8,

Verre pilé 10,

Colle.. 10.

Il faut donc avoir l’allumette et la plaque pour obtenir du feu , et la plaque peut être suspendue à une muraille hors de la portée des enfants. Malheureusement, le phosphoreamorphese mouille par suite d’une formation d’acide phosphorique, et la plaque se trouve mise au bout d’un certain temps hors d’usage.

Ces allumettes sont obligatoires, en France, dans certains établissements publics. Elles commencent à se répandre chez les particuliers; cependant la routine, leur prix un peu élevé, et l’ennui qu’on éprouve de recourir à la plaque recouverte de phosphore rouge, au lieu de frotter l’allumette sur le premier corps rugueux qu’on trouveà sa disposition, retardent ou arrêtent leur emploi d’une manière générale.

On a vendu, à Paris, des allumettes sans phosphore, qui sont formées par une pâte contenant du chlorate de potasse et du sulfure d’antimoine. Elles prennent feu quand on les frotte sur un carton imprégné de ce même mélange, et elles s’enflamment même sur du verre si l’on a exagéré dans la

510 PROPRIÉTÉS DE i/ACIDE PHOSPHORIQüE ANHYDRE.

pâte la quantité du corps oxydant. Le principe sur lequel repose rinflammation de ces allumettes est la combustion vive qu’éprouve le sulfure d'antimoine lorsqu’on le soumet à un choc un peu brusque, en présence d’un corps très-oxygéné, comme le chlorate de potasse.

Page 1