ACIDE ARSÉNIEUX, VITREUX, OPAQUE
arsénieux, soit dans une liqueur alcaline, soit dans une solution acide.
Quand la vapeur d’acide arsénieux se condense dans un vase chauffé à une température voisine de son point de fusion, elle fournit, au lieu de cristaux, une masse qui a toutes les apparences du verre, ce qui lui a fait donner le nom d’acide vitreux . On peut dans une même expérience, à l’aide delà chaleur seule, mettre en évidence ces trois formes de l’acide arsénieux, en chauffant de l’acide arsénieux dans un tube bouché dont le fond plonge dans un bain de sable. Les couches sublimées dans le sable très-chaud sont vitreuses, plus haut, on trouve desprismes, dans le dessus, sont des octaèdres : c’est donc un corps dimorphe. La modification vitreuse n’a de stabilité qu’à une température élevée, car si on l’abandonne à elle-même, elle se change peu à peu, sans altération de poids, en une variété isomérique qui présente l’opacité et l’aspect de la porcelaine, à un degré si marqué qu’on la désigne sous le nom d 'acide porcelanique. Cette transformation a lieu de la surface au centre, et elle est si lente qu’il est rare de casser un morceau d’acide porcelanique sans'trouver une partie vitreuse dans son intérieur. L’opacité de l’acide porcelanique tient à ce qu’il est forméde cristaux microscopiques, enchevêtrésles uns dans les autres; ces cristaux sont des octaèdres réguliers.
L’acide vitreux se dissout plus rapidement dans l’eau que sa variété isomérique, et il est trois fois plus soluble que lui dans ce liquide.
L’acide vitreux subit la même transformation en présence de l’eau, car une dissolution d’acide vitreux faite à froid laisse déposer à la longue des cristaux d’acide opaque, et au bout d’un certain temps la solution renferme seulement la quantité d’acide qui correspond à la solubilité de l’acide porcelanique.
Inversement, si l’on fait bouillir de l’acide opaque pendant un temps suffisant, il s’en dissout une quantité plus considérable que ne le permet sa solubilité : ce qui prouve qu’il se change en acide vitreux sous l’influence de la chaleur {M. Bussy).