‹ Leçons de clinique chirurgicale v.1, 1876 (volume 2)Chapitre 113 sur 272 · SUPPOSÉE · texte numérisé non relu

SUPPOSÉE

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ORGANES DBS SENS. 451

A propos des quatre observations de papillomes, nous rappellerons une leçon que nous avons faite en 1875 sur ce sujet et dans laquelle nous avons insisté sur les symptômes, le diagnostic et le traitement de ces affections relativement fréquentes et encore assez peu connues. Il est difficile de dire à quel âge on peut les rencontrer de préférence ; de nos quatre observations, deux concernent des individus de moins de vingt-cinq ans, et deux autres des personnes ayant dépassé la trentaine. On aurait grand tort de considérer ces maladies comme insignifiantes et de temporiser plus que de raison. Sur nos quatre cas, un a été suivi de récidive sur place, et un autre de récidive dans. les ganglions ; chez la première de ces deux malades, on n'avait aucune raison de compter sur une pareille éventualité ; la tumeur avait mis dix ans à se développer ; peut-être même existait-il antérieurement une sorte de nœvus au point correspondant.

Les ulcères tuberculeux de la langue sont également des affections rares, ou plutôt il y a fort peu de temps qu'on s'en occupe. Ce qui s'est passé chez le malade de l'observation CCXLIX, ferait supposer que c'est une manifestation d'une valeur pronostique très grave ; l'individu qui en fait le sujet est parvenu jusqu'à l'âge de cinquante-cinq ans, sans avoir présenté la moindre manifestation diathésique ; à partir du moment ou l'ulcère tuberculeux fut constaté, les poumons se prirent et la phthisie suivit une marche rapide.

A. — Appareil de la vision et ses annexes.

1° Sourcit.

Obs. GCIX. — Kyste du sourcil gauche» Accidents syphilitiques. Extirpation du kyste. lodure de potassium à l'intérieur. Nécrose dun fragment du frontal. — Gouzy (Laurent) quarante-six ans, cuisinier, entre le 24 octobre 1877, salle Saint-Augustin, 80. Bonne santé jusqu'en 1873. A cette époque, chancre infectant au sommet du gland, roséole. Il a eu depuis plusieurs accidents secondaires. 11 y a un an, apparut au niveau du tiers externe du sourcil gauche, une tumeur du volume d'un pois, qui s'accrut rapidement en s'accompagnant de céphalalgie sus-orbitaire. Bientôt elle retomba comme une poche, au devant do la paupière et gêna notablement

la vision. Entre à l'hôpital. Lariboisière, ponction de la tumeur liquide aqueux d'abord, puis mélangé de grumeaux* On passa ensuite dans la cavité du kyste un tube à drainage qui resta 50 place pendant huit jours. Aucun traitement interne. Dès que le drain fut enlevé, les oriOces d'entrée et de sortie se cicatrisèrent, mais la tumeur se reproduisit lentement. En môme temps apparaissaient diverses érosions de la face.

24 octobre. — La région orbito-palpébrale supérieure gauche esl deformée par une tumeur convexe, du volume d'une noix, à cheval sur la moitié externe du bord orbitaire supérieur, empiétant à la fois sur les régions palpébrale et sourcilière. La queue du sourcil est soulevée, le sillon orbito palpébral est effacé, surtout au niveau de la tumeur. Ptosis. À la surface, la peau présente des teintes inflammatoires. Un peu de larmoiement. Au toucher, la tumeur est molle, fluctuante, irréductible, profondément située au-dessous du périoste qu'elle soulève. On sent distinctement un bourrelet osseux à la périphérie. Tuméfaction œdémateuse et inflammatoire de l'aile gauche du nez recouverte sur sa face cutanée ainsi que sur sa face muqueuse de croûtes jaunâtres et d'érosions superficielles. Le ganglion soushyoïdien médian induré a le volume d'une noix. Rien du côté de la bouche et du larynx. Sur la verge, ulcération arrondie à bords taillés à pic, reposant sur un fond induré. Ganglions inguinaux volumineux,

27. — Ghoroforme. Incision cruciale qui nous conduit jusqu'au périoste ; la tumeur est sous-jacente à cette membrane. Nous l'incisons et nous tombons dans un kyste à parois épaisses, granuleuses» de couleur jaunâtre contenant un liquide séro-purulent composé d'une partie liquide rosée et de grumeaux grisâtres. Nous enlevons avec soin les parois de cette cavité et avant de terminer l'opération, nous plaçons dans la plaie un tube en caoutchouc perforé. Nous réunissons ensuite les lèvres de l'incision à l'aide de quatre fils métalliques* Pas de réaction fébrile; les fils furent enlevés le quatrième jour, la plaie étant en partie réunie par première iutention. Les accidents que nous avons signalés du côté de la vei>du nez disparurent rapidement sous l'influence du traitement iodé. La plaie de la région sourcilière fut plus longue à guérir. La cicatrisation étant presque complète vers le douzième jour, nous constatâmes une listule intarissable liée à la présence d'un petit séquestre frontal. Nous conseillâmes donc au malade de retourner chez lui et de venir nous voir de temps en temps.

2° Paupières Obs, GGX. — Brûlures de la face par l'acide sulfurique. I)

de la paupière inférieure du côté droit, fictropion cicatriciel.

faille. Succès partiel. — Deny (Georges), dix-neuf ans, sculp-

•otrc le 17 juin 1878, salle Saint-Augustin, 73. Mère hysté-

Père hémiplégique du côté gauche consécutivement à une

le d'apoplexie. Il est, lui-même, épileptique. Première attaque

itorze ans, à la suite d'une journée de fatigue,

onde attaque survient doux mois après la première. Ac-

*a*U«-ri]«-nt les attaques se reproduisent irrégulièrement parfois

irs, parfois à plusieurs mois d'intervalle. 11 tombe, perd

on naissances, a des convulsions cloniques et toniques, se mord la

tangue toujours du côté droit. Pas d'helminthes. Pas de déforma-

^^Bi apparentes du crâne, de la face ou du tronc.

j a cinq mois et demi, il reçut en plein visage environ iOO grammes d'acide sulfunque. Immédiatement après l'accident douleurs atroces, perte de connaissance. On le transporta dans notre service où nous pûmes constater que la brûlure portait sur les paupières, l'espace intersourcilier, la racine et les faces latérales du nez, les sillons naso-jugaux et les commissures labiales. Les globes oculaires étaient respectés, de même que les autres régions de la face, le cou et le tronc. Nous appliquâmes un masque avec le linïmeut oléo-calcaire en ménageant des ouvertures au niveau orifices buccal et nasal et en surveillant attentivement la des paupières. La guérison fut complète au bout de deux mois, mais le travail de cicatrisation avait déterminé la pro-

^d^ction de brides volumineuses.

11 juin. — Dans toute l'étendue des anciennes brûlures, la face Ml couverte de cicatrices causant une difformité choquante. Sur les ûîles do nez, les sillons naso-jugaux, on trouve des cicatrices nombreuses, composées de petits noyaux rayonnes séparés par des dépressions ombîliquées dont l'aspect rappelle celui des cica* •te pustules varioliques. Sur le front, elles ont le môme caractère, mais au niveau des paupières et de la racine du nez les cicatrices offrent des modifications qui entraînent des troubles fonctionnels. A ce niveau, et de chaque côté, les brides sont très épaisses, les deux paupières de chaque côté sont attirées vers la ligne médiane par des brides cicatricielles tellement saillantes qu'elles arrivent à la hauteur des sourcils, du front et du bas du nez à sa

1>pion des deux paupières inférieures, difFormité très prononcée à la paupière supérieure et au grand angle de l'orbite ; le malade se trouve dans l'impossibilité de fermer complètement les

I -ii lire tellement de sen état qu'il nous prie d'y remédier.

— Chloroforme, Nous circonscrivons, au point où les brides convergent sur le dos du nez du côté gauche, ces deux principales brides palpébrales, par une incision en V. Le sommet du V est

bref jour où la malade quitta l'hôpital. Le résultat de l'opération est très satisfaisant, la partie inférieure du globe oculaire est actuellement protégée par la paupière, La difformité produite par l'ectropion a disparu*

Obs. CCXIL — Pustule maligne de la paupière inférieure. Prétmce de bactéridies dans le sang. Incision cruciale et cautérisation avec le sublimé corrosif '„ Gué ri son avec ectropion» Blépharoplastie. Succès (Collection particulière, pièce n°330). — Prarîoux (Àmable), trente-quatre ans, garçon boucher, entre le 4 juillet 1877, salle Saint-Augustin, 11.

Fièvres palustres à plusieurs reprises, travaille à l'abattoir de la Villette, où il écorche des moutons et des bœufs. Il prétend avoir reçu» le lundi 2 juillet, pendant qu'il dépouillait un mouton, une égratignure à la paupière inférieure droite. Toute la soirée il a éprouvé de vives démangeaisons au niveau de l'égratignure* Le lendemain Pradoux a continué sa besogne comme la veille, La paupière inférieure était déjà un peu enflée dans la journée. Le gonflement a augmenté la nuit, et le malade inquiet se présente à l'hôpital.

4 juillet, — Œdème très marqué de la paupière inférieure de l'œil droit, La paupière supérieure commence à être envahie, et l'œil droit est fermé. L'œdème se prolonge jusqu'à l'aile du nez, et jusqu'à la région temporale du côté droit. La pression du doigt laisse une empreinte très visible sur la partie œdématiée. Vers le milieu de la paupière inférieure, il y a un petit point blanc, une tache peu saillante, une vésicule envoie de formation. La coloration de la peau autour est normale; pas de phlyctènes. Compresses d'eau du sureau.

Dans la journée le gonflement augmente légèrement. Le malade a tendance à s'assoupir. État général satisfaisant, pas de fièvre.

SjiriileL — Le malade a bien dormi. Le gonflement des paupières a un peu augmenté. La petite vésicule s'est agrandie; elle est ombiliquée à son centre et remplie de sérosité blanchâtre. Mais la peau n'a pas de teinte noirâtre, et il n'y a pas de phlyctènes. L'œdème est un peu plus dur qu'hier. P = 84. TB =: 37<\8. Le soir, l'œdème étendu à la joue et au front, 11 y a toujours tendance à l'assoupissement.

6, — Les symptômes de la pustule maligne se confirment. Le malade a eu du frissonnement dans la nuit ; cauchemars et rêvasseries ; douleurs vives dans l'œil droit.

Ce matin, le gonflement s'est encore étendu. L'œdème très durf remonte en haut jt;squt,surla moitié droite du front et la région temporale ; en arrière il s'arrête au pavillon de l'oreille ; en bas il s'étend jusqu'à la bouche et jusqu'au-dessous de l'angle de la mâchoire : au niveau de la glande sous-maxillaire il y a un bourrelet très dur, qui fait une forte saillie. La lèvre supérieure est gonflée et proéminente:

la joue gauche est envahie ainsi que les deux paupières de l'œil gauche,

La vésicule s'est affaissée et laisse voir sous répiderme une eschare brunâtre ayant à peu près retendue d'une pièce de cinquante centimes. Au-dessous et en dedans, il y a une phlyctène allongée et remplie de sérosité roussfttre. La douleur locale est moins forte que dans la nuit, mais le malade se plaint de souffrir derrière la tête. Il y a toujours de la somnolence; soif vive depuis hier au soir.

P — 92. TU, = 4Gd,4. Sueurs sur le corps.

En l'espace d'une demi-heure nous voyons sur la paupière inférieure, au niveau de l'angle interne de l'Ail droit, répiderme se soulever pour former une large phlyctène remplie de sérosité sanguinolente.

A onze heures, incision cruciale au centre de la pustule. Le malade souffre de cette incision. On place une forte mèche, destinée à protéger la paupière supérieure contre le caustique et l'on applique dans l'incision du suhlimé corrosif en poudre sur une largeur de trois centimètres. Le caustique est maintenu par une plaque de diachylon. Le sang, examiné au microscope, contient des bactéridîes. Le soir, le malade est un peu agité : il déclare souffrir beaucoup. Eau-de-vie à l'intérieur. P = d% TR = 40%5.

7. — Amélioration : nuit plus tranquille. Mais depuis hier au soir il a une salivation abondante : à chaque instant il fait des efforts pour cracher. Le gonflement de la face est resté à peu près le même. L'escharre produite par le sublimé est plus grande qu'une pièce de cinq francs ; la paupière supérieure est à peine atteinte superficiellement; autour de Teschare existe un cercla de vésicules confluentes remplies d'un liquide séro-purulent. P es 84. TR s=s 3Î)*,1 . Soir, l'amélioration continue. P = 81, TR = 39\1.

8. — Le gonflement de la face diminue. Le malade commence à ouvrir l'œil gauche. La salivation mercurielle persiste. La fièvre est

I tombée. P — 80. TR = 39° ,5. Le malade demande à manger. Potion et gargarisme au chlorate de potasse.

9. — Tout danger est passé. Le malade mange et boit avec plaisir, La salivation a cessé. Compresses d'eau de sureau sur l'eschare. P = £Q. TR = 37»,9.

10. — On peut voir le globe de Vœ\\, 11 y a seulement un peu de chémosis de la conjonctive oculaire. La paupière inférieure est conservée dans une hauteur de G à 7 millimètres, sauf au niveau de l'angle externe de l'œil où l'eschare arrive jusqu'à la commissure.

12. — Le travail d'élimination commence autour de l'escharre. Les parties mortifiées sont séparées des parties saines par un sillon i apparaissent déjà des bourgeons charnus. Sur la paupière supérieure îl y a un point de sphacèie très superficiel.

18. — L'e-cbarre se détache, laissant à sa place une plaie de bonne nature, parfaitement bourgeonnante. La paupière inférieure tend à m verser en dehors au niveau de l'angle externe.

21. — On prépare la suture des paupières pour prévenir Teetro pion,

Remarque. — Le jour môme de la cautérisation de la pustule avons recueilli du sang qui s'écoulait par l'incision cruciale qui été pratiquée. M. Claverin, interne en pharmacie de M. Vidal, a bien voulu faire l'examen microscopique et il a constaté sur trois pi rations quelques bâtonnets très déliés, immobiles dans l'inki des globules sanguins. Le plus long de ces filaments avait un peu plus d'un centième de millimètre.

Huit jours après le sang retiré du doigt avec une épingle n'oQri plus trace de bactéridies.

2G avril 1878. — Depuis son départ Veclropion s'est accusé et le malade est obligé de tenir continuellement un bandeau sur l'œil afin d'éviter le contact de l'air; il vient nous demander une opération ré paratrice.

La perte de substance, consécutive à la chute de l'escharre, aporti sur la partie orbitaire de la région malaire et sur les deux tiers e nés de la paupière inférieure. Le tiers interne est conservé, ain*i qu le bord libre, dans toute son étendue. Ce bord» muni de cils, persiste sur une hauteur de 1 millimètre au-dessus de la cicatrice. D'autr part, la mortification n'a atteint que les couches superficielles de la paupière; peau, tissu cellulaire, portion palpébrale du muscle orbi cataire. La conjonctive qui forme la couche profonde a été respr dans toute sa hauteur. Le tissu cicatriciel en se rétractant a rapproché les deux lèvres de la perte de substance; il a attiré directement en bas, vers la région malaire, le bord libre de la paupière resté in! en bas et du coté externe, le tiers interne de la paupière. La jonetive palpébrale entraînée dans ce mouvement s'est renversée 60 dehors, de haut en bas. Elle forme une sorte de cliémosis triangulaire dont la hase répond au côté externe et le sommet au grand angle de l'œil. Une bandelette cutanée verticale de t millimètre de laq >t tend du bord libre de la paupière inférieure au bord libre de la paupière supérieure, à l'union du tiers interne avec le tiers moyen. La moitié inférieure du globe de l'œil reste à découvert ; la conjonctive palpébrale exposée à l'air est enfiarnmée ; le point lacrymal renversé au dehors ne reçoit plus les larmes.ee qui donne lieu à un êpiphura abondant.

26, — Opération. (Voir p. 442 et 443.)

27. — TM = 38j. P^= U6, Douleur assez vive au niveau de la plaie temporale, Lavages avec l'eau alcoolisée phêniquée. Pas d'hémorragie. Môme pansement que la veille.

ORGANES DES SLNS.

, — TM = 37°. P = 92. Nuit calme. Appétit. Les douleurs ont au niveau de la plaie. Le lambeau est un peu tuméfié ; le malade : oavrir les paupières. La plaie temporale a bon aspect* Même

Le lambeau semble adhérent au niveau du bord libre de la &, il n'en est pas de même au niveau de la région malaire, où s'écoule dans l'intervalle des points de suture. La plaie temcommence à se couvrir de bourgeons charnus. Température anaux. Etat général très satisfaisant.

*. — On enlève les fils. Réunion par première intention dans (grande partie de retendue du lambeau. La suppuration s'état au niveau de l'extrémité interne de celui-ci. Elle continue en un ut qui répond à la région malaire.

6, — L'angle interne du lambeau présente une teinte violacée sur étendue de un demi-centimètre. Suppuration modérée. La plaie temporale diminue d'étendue.

— Spbacèle de la pointe du lambeau*

11. — L escfaârre se limite à une petite surface de 5 à G millimètres.

12. — On détache l'escharre à l'aide de ciseaux; au-dessous de la partie spbacélé» tie surface granuleuse de bon aspect.

A partir de cette époque la cicatrisation marcha rapidement et tue pour une plaie simple. En raison de l'étendue du lambeau, la son extrémité interne n'entraîna pas de nouvelle déformai

2 j « tn. — La cicatrisation est complète et la paupière inférieure protège très efficacement le globe de l'œil. Sort de l'hôpital.

OiS. CCXI1L — Bctropîon d** fa paupière inférieure y consécutif d la cauléritation <T une postule maligne. Prolapsus et encan thus de la paupière supérinrt. Bi . Succès. — Deveaux (Emilie), trente ans, femme

:nu\ entre le 1" février 1877, salle Sainte-Marthe, 54. is de juillet 1876, après avoir découpé la viande d'un mouton atteint de sang de rate, pustule maligne de la paupière inférieure, CtOtérisationa au nitrate d'argent, et au fer rouge par le raéde- . Guérison complète de la plate au mois d'octobre. Il en -pion inférieur complet. Le 20 décembre, M. de de combattre celte difformité. Nous ignorons quel fut Je procédé opératoire employé. Nous constatons seulement que vers

»U commissure externe, il y a un petit moignon cicatriciel, qui semble annoncer qu'un lambeau pris sur la région malaire s'est spbacélé.

3 fétrier. Opération (V. p. 443*441). —Pas d'incidents consécutifs; elle sort complètement guérie, une quinzaine de Jours après l'opéra-

un; elle doit venir nous voir, par la suite, pour le prolapsus de la âupiëre supérieure.

0»S. CGXIV. — Epithélioma de ? angle interne des paupières gauches

et de la partie correspondante de la racine du nez. Invasion du périoste et des os. Ablation de la tumeur avec fe bistouri. Ablation de tos propre du nez du côté gauche ; rugination du bord inférieur de Corbite dans son tiers interne. Guèrimn de la plaie. Récidive sur place. (Musée, Pièce, n* 275). — Garcel (André), quarante ans, manouvrier, entre le 25 juillet 1877, salle Sainlc-Marlhe, 35. Forte constitution; bonne santé antérieure ; pas d'hérédité; ni scrofule, ni syphilis* Depuis dix-huit mois il a remarqué au niveau de l'os propre du nez du côté gauche, un bouton verruqueux, du volume d'un grain de chèncvis bien limité, prurigineux, qu'il fît plusieurs fois saigner en se grattant. Le bouton finit par s'ulcérer; un pharmacien ordonna des applications de pommade qui ne produisirent aucun résultat. L'ulcération fit bientôt de rapides progrès, gagna l'angle interne de l'œil gauche, la paupière inférieure et la caroncule. Depuis sept mois, formation d'on épicanthus qui s'accuse de jour en jour. La vision devient impossible par suite de l'abaissement de la paupière supérieure au-devant de la pupille ; pourtant il n'existe aucun trouble fonctionnel du côté de l'œil et le malade voit normalement lorsqu'il relève le pli cutané, Ces divers accidents l'amènent à l'hôpital.

%$ juillet. — L'ulcération occupe tout l'espace qui répond à l'os propre du nez du côté gauche, la commissure palpébrale interne et le tiers correspondant de la paupière inférieure* Sa surface est re* couverte par de gros bourgeons charnus, molasses, rouges, luisants.

Les anfractuosités de ces fongosités contiennent par places un pus grisâtre, ichoreux; dans d'autres points, on trouve des croûtes jaunes transparentes plus ou moins desséchées. Les bords sont irréguliers, sinueux, un peu plus élevés que le fond et recouverts par une pellicule rosée qui rappelle le tissu de cicatrice.

Au pourtour de l'ulcération, les téguments soulevés sur une étendue de un demi-centimètre forment une sorte de bourrelet inflammatoire d'un rose foncé où l'on remarque, par place, de fins capillaires de nouvelle formation. La paupière supérieure attirée vers la caroncule et abaissée dans sa moitié interne, forme au-devant de la pupille, une bride oblique de dedans en dehors et de bas en haut qui ne permet d'apercevoir que le bord inférieur de la cornée ; son bord libre est, au voisinage de la caroncule, rouge et tuméfié.

Si Ton renverse les paupières on constate que la conjonctive palpébrale est rouge et injectée au voisinage de l'ulcération.

Rien d'apparent, du côté de la conjonctive oculaire. Au toucher la base de l'ulcération est indurée ainsi que le bourrelet périphérique.

On n'obtient aucune espèce de mobilité au niveau de l'os propre du nez auquel la tumeur semble adhérer; mpis il n'existe pas d adhérences appréciables du côté de l'orbite,

^^ftpeu d'épiphora ; rien dans les ganglions sous- maxillaires et parâmes en présence d'un épithélioma qui acquiert une gratoule spéciale en raison de son siège, de retendue des désordres P* produits et des délabrements qui résulteront des manœuvres Hàires. Il est probable, en effet, que l'affection s'étend au pé- ^H&t aux os et nous serons obligés d agir sur ces organes si nous Ions nous mettre à l'abri d'une prompte récidive. De plus, IV ioa de l'œil est indiquée si la conjonctive oculaire est envahie, lont nous ne pourrons nous convaincre que dans le cours de To- ^^fiptton.

38. — Chloroforme. À l'aide de ciseaux, nous incisons vertica- VBent la paupière supérieure un peu en dedans de sa partie mé- *\ane, du bord libre au sillon orbito-palpébral, puis nous dirigeons t! incision dans ce sillon, juqn'à. la caroncule; nous répétons la *Xj£me manœuvre, pour la paupière inférieure, afin d'exciser la interne de ces deux voiles membraneux.

Miite nous circonscrivons l'ulcération nasale et son bourrelet lérique par une incision elliptique qui intéresse largement les tes saines, et nous la disséquons par sa face profonde. Ce premier de l'opération nous permet de reconnaître que le périoste de ► propre du nez du côté gauche, ainsi que cet os, sont envahis par production épithéliale. A l'aide d'un fort davier, nous faisons Tari de cet os. Gomme nous avons trouvé quelques adhérences du <*oté du périoste qui revêt le pourtour de l'orbite et l'os unguîs, nom ruginons ces surfaces osseuses avec soin.

surfaces de section sont très saignantes. Nous plaçons donc des |inee! pies sur les artères à mesure que nous les rencon-

trons, et en particulier sur la su s- or bi taire, les palpébrales supérieure et inférieure, la frontale interne et la nasale. L'emploi de ces pinces nous a d'ailleurs permis d'opérer rapidement et sans perte de «tng, La conjonctive oculaire nous ayant paru complètement saine, bons pas à l'œil. L'opération terminée, il reste une vaste de substance que nous laissons telle quelle. Pansement ouaté compresser. Six pinces hémostatiques, laissées sur les vaisseaux, sont eaiev .t-qualre heures après l'opération sans qu'il se produise

d'hémorragie consécutive.

Pas tion fébrile jusqu'au 2 août où la température s'élève

à 38*, le pouls à 110. Le pourtour de la plaie et la joue droile sont le siège d'une rougeur érysipélaleuse* Application de compresses imbibées d'eau de sureau. L'étal fébrile persiste pendant quatre jours. Le 6 aoûtf tous les accidents ont disparu; légère desquamation épithéliale.

15 août. — Suppuration modérée. Les bourgeons charnus com-

462 MALADIES t>U SYSTEME NERVEUX.

mencent ;\ envahir les bords de l'orifice qui résulte de l'ablation de l'os propre du nez du côté gauche.

6 septembre. — L'orifice nasal est en partie comblé par les bonr goons charnus, il ne reste qu'une flstuletto dans laquelle il sérail difficile d'introduire un stylet. La cicatrisation des paupières s'effe tue lentement et progressivement ; tendance h l'épicanlhus.

12* — Le malade quitte le service, il doit venir nous voir prochak ment.

Il revint avec une récidive locale dans le courant de 1878. désordres étaient tels qu'il n'y avait plus lieu de songer à une op ration* Ce malade Tut envoyé à Bicétre,

Obs. CCXV, — Epit/têlhma de fa paupière inférieure et de la ré malaire. Ablation. Ectropkm cicatriciel. BlépharoplaMie. Succès, Leclerc (Jules), quarante-huit ans, employé, se présente à la cliniqu du 7 juillet 1877. Bonne constitution. Pas de maladies graves ant ricures. Ni scrofule ni syphilis. Il y a sept ans, il remarqua, mime dialement au-dessus du sommet de la pommette gauche, un t>< verruqueux, fendillé, très dur, de consistance presque cornée et cor plèlcmenl indolent. Cette tumeur resta longtemps stationnaire, ma elle finit par devenir le siège d'un prurit qui portait le malade à gratter. Plusieurs médecins, consultés, ordonnèrent des applications de caustique; la petite tumeur, au lieu de disparaître, s'ulcéra devint le siège d'hémorragies peu abondantes et elle gagna bientô les régions voisines. Dans les derniers temps, l'ulcération a fait de progrès plus rapides et est devenue le siège de douleurs lancinante

1 juillet. — Immédiatement au-dessous et un peu en dehors de COmifiidSûfe BÎteiM des paupières gauches, ulcération irrégulièr nccupant, en hauteur, l'espace compris entre le sommet de V( matai re et le bord libre de la paupière inférieure, dont elle rest distante de 2 millimètres. Le grand diamètre est transversal el mesure 2 centimètres et demi d'étendue. Les bords sont sinuenv, peu élevés et se confondent insensiblement avec les tégument! fond est au contraire soulevé, saillant et forme au-dessus des partie voisines un relief d'un demi-ceoti mètre. Il est hérissé de bourgeon charnus rouge-brun, luisants, qui laissent suinter un liquide reux fétide. Ces bourgeons sont séparés par des sillons anfractueu recouverts de croûtes cireuses, transparentes, de coloration jau; Au toucher on sent que l'ulcération repose sur une base in bien limitée et de peu d'épaisseur; en saisissant les extrénnh tumeur entre le pouce et l'index, on reconnaît qu'elle est indépendante du tissu cellulaire sous- cutané et mobile sur les couches pr fondes. Rien dans les ganglions sous-maxillaires et parotidiens.

7. — Chloroforme, nous circonscrivons la petite tumeur par an incision elliptique faîte avec le bistouri et nous la disséquons par

sa face profonde ; elle n'a contracté aucune adhérence avec le périoste. La perte de substance est peu considérable et nous nous contentons de rapprocher les lèvres de l'incision et de les suturer à l'aide de trois fils métalliques, quitte à faire plus tard de l'autoplastie si la rétraction cicatricielle détermine de l'ectropion. Deux pinces hémostatiques laissées pendant une heure suffisent pour prévenir toute hémorragie. Applications de compresses d'eau fraîche. Trois jours après le malade revient à l'hôpital, nous enlevons les fils métalliques, que nous remplaçons par des bandelettes de tarlatane collodionnée. La cicatrisation est en bonne voie, pas de suppuration. Le malade se fera panser chez lui.

18 mai. — L'ablation de la tumeur avait laissé une perte de substance peu considérable, dont les bords avaient été réunis à l'aide de trois fils métalliques. Nous nous promettions de faire disparaître la difformité pouvant résulter de cette perte de substance par anaplastie, s'il n'y avait pas de récidive. La cicatrisation s'effectua complètement en trois semaines, en provoquant le renversement en dehors du tiers externe de la paupière inférieure. Par suite de cet accident le globe de l'œil resta en partie découvert. L'ectropion produisit la saillie du point lacrymal et occasionna du larmoiement et de la sécheresse de la narine correspondante.

Ectropion comprenant le tiers externe de la paupière inférieure gauche. La conjonctive palpébrale est renversée sur une hauteur de 1 centimètre; elle est rouge, hypérémiée, légèrement enflammée. Sur les deux tiers internes de la paupière, le bord libre tend également à se renverser en dehors; le point lacrymal fait saillie en avant; épiphora. Un peu de conjonctivite oculaire; rien d'anormal du côté de la cornée, de la pupille ou de l'iris; aucun trouble de la vision. Sur la partie la plus élevée et la plus externe de la pommette on voit une petite cicatrice rayonnée de bon aspect, trace de la première opération.

18 niai. — Chloroforme, nous faisons à 2 millimètres au-dessous de l'ectropion une incision parallèle au bord libre de la paupière inférieure, et nous prolongeons cette incision jusqu'au voisinage du grand angle de l'œil. Nous disséquons ensuite le bord libre par sa face profonde et nous le relevons dans sa situation normale. L'écartement des deux lèvres de l'incision, laisse une perte de substance, de forme triangulaire, dont la base dirigée en dehors a une hauteur d'environ 6 millimètres. L'axe de cette solution de continuité est parallèle au bord libre de la paupière ; le sommet se trouve au voisinage du grand angle de l'œil. Ce premier temps de l'opération terminé, nous taillons sur la paupière supérieure un lambeau de même forme et de même direction que la perte de substance, mais nous lui donnons des dimensions un peu plus considérables en

Tevolver. L*arme était dirigée horizontalement de l'angle externe de l'œil vers l'angle interne. La malade perdit connaissance pendant un temps qu'elle ne peut déterminer, mais qui paraît avoir été fort court, puisqu'on revenant à elle, elle vit tomber au bas du lit où elle était •couchée, l'homme qui, après l'avoir blessée, s'était tiré un coup de revolver dans la région cardiaque. Pas d'hémorragie immédiatement après l'accident. Un médecin appelé sur-le-champ constate au niveau de l'orifice d'entrée de la balle une bosse sanguine du volume «d'une noisette.

2 novembre. — Au niveau de l'apophyse orbitaire externe du frontal •existe une plaie régulièrement circulaire de 7 à 8 millimètres de diamètre, à bords légèrement contus et ecchymoses, par laquelle s'écoulent quelques gouttes de sang. Pas de traces de brûlure par la poudre au voisinage. La bosse sanguine constatée la veille a disparu. La paupière supérieure, violacée, fortement ecchymosée, est œdématiée et retombe au-devant de la pupille. La paupière inférieure est normale. Ecchymose sous-conjonctivale au niveau des (bords supérieur et externe de la cornée. Cette membrane elle-même «st intacte. Rien de particulier du côté de l'iris. La pupille a la «même dilatation que celle du côté opposé. Pas d'exophthalmie. Ecoulement sanguin en nappe très modéré, par la narine droite. Au toucher on reconnaît que l'apophyse orbitaire externe du frontal et la partie sous-jacente du bord orbitaire sont fracturées, sans déplacement notable des fragments qui sont très petits. Le stylet à boule de porcelaine de Nélaton pénètre dans la plaie presque horizontalement, en traversant toutes les parties molles de l'orbite, et se dirige vers le point le plus élevé du bord postérieur de l'os unguis, sans rencontrer le projectile. Celui-ci paraît avoir fracturé la paroi interne -de l'orbite pour pénétrer dans les sinus frontaux. L'exploration ne peut être prolongée de ce côté par crainte d'augmenter les désordres. L'examen répété, avec le même instrument, par les fosses nasales, ne donne aucun autre renseignement. Céphalalgie frontale plus accentuée au niveau de la ligne médiane. Intelligence intacte. La malade comprend les demandes qui lui sont faites «et répond avec clarté. Aucun trouble appréciable du côté de la sensibilité générale et du mouvement. La vision est complètement abolie du côté droit, à peine existe-t-ii une certaine sensibilité lorsqu'on meut, dans l'obscurité, une lumière en face de la pupille. T = 37° ,6. P = 92. On applique au niveau de la plaie et sur la région frontale, des compresses imbibées d'eau froide. Pas d'autres accidents consécutifs.

3 décembre. — La fièvre a disparu, langue bonne. La .malade est surexcitée, pas d'appétit.

6. — Examen à l'ophlnalmoscope : Coloration brune uniforme, on

mencent à envahir les bords de l'orifice qui résulte de l'ablation do l'os propre du nez du côté gauche.

6 septembre. —L'orifice nasal est en partie comblé par les bourgeons charnus, il ne teste qu'une JishilcUe dans laquelle il serait difficile d'introduire un stylet. La cicatrisation des paupières s'effectue lentement et progressivement ; tendance à répicantbus.

12.— Le malade quitte le service, il doit venir nous voir prochainement.

11 revint avec une récidive locale dans le courant de 1878* Les désordres étaient tels qu'il n'y avait plus lieu de songer à une opération. Ce malade fut envoyé à Bicôlre.

Obs. CCXV, — Epithêliùma de la paupière inférieure et de la région malaire. Ahlation. Eclropion cicatriciel. Blépharoplastie. Succès. — Leclerc (Jules), quarante-huit ans, employé, se présente à la clinique du 7 juillet 1877. Bonne constitution. Pas de maladies graves antérieures. Ni scrofule ni syphilis. 11 y a sept ans, il remarqua, immédiatement au-dessus du sommet de la pommette gauche» un bouton verruqueux, fendillé, très dur, de consistance presque cornée et corn* plètement indolent. Cette tumeur resta longtemps stationnai re. mais elle finit par devenir Je siège d'un prurit qui portait le malade à se gratter. Plusieurs médecins, consultés, ordonnèrent des application! de caustique; la petite tumeur, au lieu de disparaître, s'ulcéra, devint le siège d'hémorragies peu abondantes et elle gagna bientôt les régions voisines, Dans les derniers temps, l'ulcération a fait des progrès plus rapides et est devenue le siège de douleurs lancinantes.

7 juillet. — Immédiatement au-dessous et un peu en dehors de la commissure externe des paupières gauches, ulcération irrégulière occupant, en hauteur, l'espace compris entre le sommet de l'os malaire et le bord libre de la paupière inférieure, dont elle reste distante de 2 millimètres. Le grand diamètre est transversal et mesure 2 centimètres et demi d'étendue. Les bords sont sinueux, peu élevés et se confondent insensiblement avec les téguments. Le fond est au contraire soulevé, saillant et forme au-dessus des partie voisines un relief d'un demi-centimètre. 11 est hérissé de bourgeon charnus rouge-brun, luisants, qui laissent suinter un liquide icho reux fétide. Ces bourgeons sont séparés par des sillons uifractueui recouverts de croûtes cireuses* transparentes, de coloration jaunàlr Au toucher on sent que l'ulcération repose sur une base indurée bien limitée et de peu d'épaisseur; en saisissant les extrémités de tumeur entre le pouce et l'index, on reconnaît qu'elle est indépen dante du tissu cellulaire sous-cutané et mobile sur les couches profondes. Bien dans les ganglions sous-maxillaires et parotidîens.

7. —Chloroforme, nous circonscrivons la petite tumeur par une incision elliptique faîte avec le bistouri et nous la disséquons par

sa face profonde; elle n'a contracté aucune adhérence avec le périoste. La perte de substance est peu considérable et nous nous contentons de rapprocher les lèvres de l'incision et de les suturer à l'aide de trois fils métalliques, quitte à faire plus tard de l'autoplastie si la rétraction cicatricielle détermine de l'ectropion. Deux pinces hémostatiques laissées pendant une heure suffisent pour prévenir toute hémorragie. Applications de compresses d'eau fraîche. Trois jours après le malade revient à l'hôpital, nous enlevons les fils métalliques, que nous remplaçons par des bandelettes de tarlatane collodionnée. La cicatrisation est en bonne voie, pas de suppuration. Le malade se fera panser chez lui.

18 mai. — L'ablation de la tumeur avait laissé une perte de substance peu considérable, dont les bords avaient été réunis à l'aide de trois fils métalliques. Nous nous promettions de faire disparaître la difformité pouvant résulter de cette perte de substance par anaplastie, s'il n'y avait pas de récidive. La cicatrisation s'effectua complètement en trois semaines, en provoquant le renversement en dehors du tiers externe de la paupière inférieure. Par suite de cet accident le globe de l'œil resta en partie découvert. L'ectropion produisit la saillie du point lacrymal et occasionna du larmoiement et de la sécheresse de la narine correspondante.

Ectropion comprenant le tiers externe de la paupière inférieure gauche. La conjonctive palpébrale est renversée sur une hauteur de 1 centimètre; elle est rouge, hypérémiée, légèrement enflammée. Sur les deux tiers internes de la paupière, le bord libre tend également à se renverser en dehors ; le point lacrymal fait saillie en avant; épiphora. Un peu de conjonctivite oculaire; rien d'anormal du côté de la cornée, de la pupille ou de l'iris; aucun trouble de la vision. Sur la partie la plus élevée et la plus externe de la pommette on voit une petite cicatrice rayonnée de bon aspect, trace de la première opération.

18 niai. — Chloroforme, nous faisons à 2 millimètres au-dessous de l'ectropion une incision parallèle au bord libre de la paupière inférieure, et nous prolongeons cette incision jusqu'au voisinage du grand angle de l'œil. Nous disséquons ensuite le bord libre par sa face profonde et nous le relevons dans sa situation normale. L'écartement des deux lèvres de l'incision, laisse une perte de substance, de forme triangulaire, dont la base dirigée en dehors a une hauteur d'environ 6 millimètres. L'axe de cette solution de continuité est parallèle au bord libre ûe la paupière ; le sommet se trouve au voisinage du grand angle de l'œil. Ce premier temps de l'opération terminé, nous taillons sur la paupière supérieure un lambeau de même forme et de même direction que la perte de substance, mais nous lui donnons des dimensions un peu plus considérables en

prévision d'un peu de ru traction cicatricielle. Après avoir disséqué ce lambeau par sa face profonde, nous le faisons pivoter sur sa base, afin de l'appliquer sur la perle de substance. Cela fait, nous suturons, à l'aide de fils de soie, le sommet du lambeau à l'angle interne de la solution de continuité, les bords supérieurs et inférieurs, aux bords correspondants de perte de substance. Quant à la perte de sub* stance de la paupière supérieure , nous nous contentons d'en rapprocher les lèvres. Pansement simple. Le malade se fera soigner chez lui. Revu le 30 mai. La réunion a pu Cire obtenue par première intention* Résultai coin pie t. La paupière inférieure gauche a repris situation, sa forme et ses dimensions. Pas de cicatrice difforme* 11 faut s'approcher du malade pour reconnaître qu'il y a eu opér tion.

3° Appareil lacrymal.

Obs. GCXVI. — Obstruction des conduits et des pointu lao i/mau consécutive à un traumatisme* Guérison. — Trest (Jean-Baptiste) trente-huit ans, déménageur, entre le 2 février 1877, salie Saint- Augustin, 77* Il y a huit jours, à la suite d'une égratignure au niveau du grand angle de l'œil gauche, cet œil est devenu rouge, sensible à l'air et à la lumière. Deux jours après un petit abcès s'est formé à un centimètre au-dessous de l'angle interne de l'œil. A partir de ce jour, larmoiement continuel. A son entrée, l'œil est rouge, fortement injecté, le bord de la paupière inférieure est rouge aussi et dans son tiers interne on voit à la base des cils des croûtes audessous desquelles sont de petites ulcérations. Gonflement considérable de la paupière inférieure* Sécrétion abondante des larmes. Légère photophobie. Au réveil, le bord des paupières e>L eh adieux, les cils sont collés et le malade éprouve une grande sensibilité à la lumière du jour, mais cette sensibilité disparaît au bout de dix à douze minutes* Le malade porte un eczéma de l'oreille, Compresses d'eau de sureau. Au bout de dix jours, le larmoiement avait considé* rablernent diminué à mesure que l'abcès s'était fermé et le malade sortait complètement guéri.

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4° Orbite.

Obs . GGX VI 1 * — Plaie par arme àfeu{ Suicide d deux) . Pénétra ( \ balle de revolver dans torbite, — Valant (Catherine), trente-deux tus, couturière, entre le 2 novembre 1877, salle Sainte-Marthe, 46. 1 ri.ii^iitution, bonne santé habituelle, deux enfants bien portant*. 11 y a quelques jours, tentative d'empoisonnement par la morphine, sans résultats. Il y a douze heures, elle reçoit à bout portant au niveau de l'apophyse orbitaire externe droite du frontal, un coup de

revolver. L'arme était dirigée horizontalement de l'angle externe de l'œil vers l'angle interne. La malade perdit connaissance pendant un temps qu'elle ne peut déterminer, mais qui paraît avoir été fort court, puisqu'on revenant à elle, elle vit tomber au bas du lit où elle était -couchée, l'homme qui, après l'avoir blessée, s'était tiré un coup de revolver dans la région cardiaque. Pas d'hémorragie immédiatement après l'accident. Un médecin appelé sur-le-champ constate au niveau de l'orifice d'entrée de la balle une bosse sanguine du volume «d'une noisette.

2 novembre. — Au niveau de l'apophyse orbitaire externe du frontal •existe une plaie régulièrement circulaire de 7 à 8 millimètres de diamètre, à bords légèrement contus et ecchymoses, par laquelle s'écoulent quelques gouttes de sang. Pas de traces de brûlure par la poudre au voisinage. La bosse sanguine constatée la veille a disparu. La paupière supérieure, violacée, fortement ecchymosée, est œdématiée et retombe au-devant de la pupille. La paupière inférieure est normale. Ecchymose sous-conjonctivale au niveau des bords supérieur et externe de la cornée. Cette membrane elle-même est intacte. Rien de particulier du côté de l'iris. La pupille a la même dilatation que celle du côté opposé. Pas d'exophthalmie. Ecoulement sanguin en nappe très modéré, par la narine droite. Au toucher on reconnaît que l'apophyse orbitaire externe du frontal et la partie sous-jacente du bord orbitaire sont fracturées, sans déplacement notable des fragments qui sont très petits. Le stylet à boule de porcelaine de Nélaton pénètre dans la plaie presque horizontalement, en traversant toutes les parties molles de l'orbite, et se dirige vers le point le plus élevé du bord postérieur de l'os unguis, sans rencontrer le projectile. Celui-ci paraît avoir fracturé la paroi interne •de l'orbite pour pénétrer dans les sinus frontaux. L'exploration ne peut être prolongée de ce côté par crainte d'augmenter les désordres. L'examen répété, avec le même instrument, par les fosses nasales, ne donne aucun autre renseignement. Céphalalgie frontale plus accentuée au niveau de la ligne médiane. Intelligence intacte. La malade comprend les demandes qui lui sont faites et répond avec clarté. Aucun trouble appréciable du côté de la sensibilité générale et du mouvement. La vision est complètement abolie du côté droit, à peine existe-t-ii une certaine sensibilité lorsqu'on meut, dans l'obscurité, une lumière en face de la pupille. T = 37%6. P = 92. On applique au niveau de la plaie et sur la région frontale, des compresses imbibées d'eau froide. Pas d'autres accidents consécutifs.

3 décembre. — La fièvre a disparu, langue bonne. La .malade est surexcitée, pas d'appétit.

6. — Examen à Tophlbalmoscope : Coloration brune uniforme, on

srue aux

: lui.

prévision d'un peu de rétraction cicatricielle. Après avoir disséqua ce lambeau par sa face profonde, nous le faisons pivoter sur base, afin de rappliquer sur la perle de substance. Cela fait, nous | lurons, à l'aide de fils de soie, le sommet du lambeau à l'angle in de la solution de continuité, les bords supérieurs et inférieurs, au* bords correspondants de perte de substance. Quant à la perte de st stance de la paupière supérieure, nous nous contentons d'en rappr cher les lèvres. Pansement simple. Le malade se fera soigner chez

Revu le 30 mai. La réunion a pu être obtenue par première intention. Résultat complet, La paupière inférieure gauche a repris sa situation, sa forme et ses dimensions. Pas de cicatrice difforme. II faut s'approcher du malade pour reconnaître qu'il y a eu opération.

3* Appareil lacrymal.

Obs. CCXV1. — Obstruction des conduits et des points lacnjmaux consécutive à un traumatisme. Guérison, — Trest (Jean-Baptiste), trente-huit ans, déménageur, entre le 2 février 1877, salle Saint- Augustin, 77. Il y a huit jours, à ta suite dTune égratignure au niveau du grand angle de l'œil gauche, cet œil est devenu rouge, sensible à l'air et à la lumière. Deux jours après un petit abcès s'e formé à un centimètre au-dessous de l'angle interne de l'œil. A par de ce jour, larmoiement continuel. A son entrée, l'œil est rougi fortement injecté, le bord de la paupière inférieure est rouge au et dans son tiers interne on voit à la base des cils des croùt dessous desquelles sont de petites ulcérations. Gonflement consi dérable de la paupière inférieure. Sécrétion abondante des larmes. Légère photophobie. Au réveil, le bord des paupières est chassieux, les cils sont collés et le malade éprouve une grande sensibilité à la lumière du jour, mais cette sensibilité disparait au boul de dix douze minutes. Le malade porte un eczéma de l'oreille. Compresses d'eau de sureau. Au bout de dix jours, le larmoiement avait considé rablement diminué à mesure que l'abcès s'était fermé et le malade sortait complètement guéri.

4° Orbite.

Gus. GCXV11. — Plaie par arme à feu {Suicide à deux). Pénétration d'une balle de revolver dans torùite. — Valant (Catherine), trente-deux ans, couturière, entre le 2 novembre 1877, salle Sainte-Marthe, 46. Forte constitution, bonne santé habituelle, deux enfants bien portante 11 y a quelques jours, tentative d'empoisonnement par la morphine, sans résultats. Il y a douze heures, elle reçoit à bout portant au niveau de l'apophyse orbitaire externe droite du frontal, un coup de

Tevolver. L'arme était dirigée horizontalement de l'angle externe de l'œil vers l'angle interne. La malade perdit connaissance pendant un temps qu'elle ne peut déterminer, mais qui paraît avoir été fort court, puisqu'en revenant à elle, elle vit tomber au bas du lit où elle était -couchée, l'homme qui, après l'avoir blessée, s'était tiré un coup de revolver dans la région cardiaque. Pas d'hémorragie immédiate* ment après l'accident. Un médecin appelé sur-le-champ constate au niveau de l'orifice d'entrée de la balle une bosse sanguine du volume -d'une noisette.

2 novembre. — Au niveau de l'apophyse orbitaire externe du frontal •existe une plaie régulièrement circulaire de 7 à 8 millimètres de diamètre, à bords légèrement contus et ecchymoses, par laquelle s'écoulent quelques gouttes de sang. Pas de traces de brûlure par la poudre au voisinage. La bosse sanguine constatée la veille a disparu. La paupière supérieure, violacée, fortement ecchymosée, est œdématiée et retombe au-devant de la pupille. La paupière inférieure est normale. Ecchymose sous-conjonctivale au niveau des bords supérieur et externe de la cornée. Cette membrane elle-même «st intacte. Rien de particulier du côté de l'iris. La pupille a la môme dilatation que celle du côté opposé. Pas d'exophthalmie. Ecoulement sanguin en nappe très modéré, par la narine droite. Au toucher on reconnaît que l'apophyse orbitaire externe du frontal et la partie sous-jacente du bord orbitaire sont fracturées, sans déplacement notable des fragments qui sont très petits. Le stylet à boule de porcelaine de Nélaton pénètre dans la plaie presque horizontalement, en traversant toutes les parties molles de l'orbite, et se dirige vers le point le plus élevé du bord postérieur de l'os unguis, sans rencontrer le projectile. Celui-ci paraît avoir fracturé la paroi interne de l'orbite pour pénétrer dans les sinus frontaux. L'exploration ne peut être prolongée de ce côté par crainte d'augmenter les désordres. L'examen répété, avec le même instrument, par les fosses nasales, ne donne aucun autre renseignement. Céphalalgie frontale plus accentuée au niveau de la ligne médiane. Intelligence intacte. La malade comprend les demandes qui lui sont faites et répond avec clarté. Aucun trouble appréciable du côté de la sensibilité générale et du mouvement. La vision est complètement abolie du côté droit, à peine existe-t-il une certaine sensibilité lorsqu'on meut, dans l'obscurité, une lumière en face de la pupille. T = 37%6. P = 92. On applique au niveau de la plaie et sur la région frontale, des compresses imbibées d'eau froide. Pas d'autres accidents consécutifs.

3 décembre. — La fièvre a disparu, langue bonne. La malade est surexcitée, pas d'appétit.

6. — Examen à l'ophlhalmoscope : Coloration brune uniforme, on

ne distingue ni la pupille, ni les vaisseaux rétiniens. Il est probable que ces différents organes sont masqués par des dépôts hémorragiques.

12. — La plaie est complètement cicatrisée. L'œdème de la paupière supérieure a diminué. La coloration de l'ecchymose palpébrale est devenue jaunâtre. L'ecchymose sous-conjonctivale s'efface progressivement.

22. — Les ecchymoses palpébrale et conjonctivale ont complètement disparu ainsi que l'œdème de la paupière supérieure ; à part un peu d'affaissement du bord orbilaire externe, l'œil du côté droit semble, à la vue, en tout point semblable à celui du côté gauche. À l'ophthalmoscope les symptômes sont exactement les mêmes qu'au moment du premier examen, on ne reconnaît aucune image distincte, la vision est complètement abolie. Depuis plusieurs jours la malade se lève et descend dans le jardin.

7 décembre. — Elle quitte le service; aucune modification n'est survenue dans son état.

5° Conjonctive.

Obs. GCXVI1I. — Conjonctivite granuleuse. Pannus crassus. — Millet (François), cinquante-trois ;ms, charron, entre le 27 décembre 1876, salle Sainte-Eugénie, 70. Sujetrobuste, mais jusqu'à seize ou dix-sept ans a toujours eu mal aux yeux. 11 y a deux ans, la vue a commencé à se troubler, les paupières sont devenues rouges, photophobie; parfois de violentes douleurs de tête, principalement dans la tempe droite. Il ne consulta pas, mais se lavait fréquemment les yeux avec de l'eau très fraîche Enfin, voyant de moins en moins, et souffrant beaucoup, il entre à l'hôpital.

27 décembre. — Pannus. Granulations sous la paupière supérieure. Photophobie, larmoiement, douleurs profondes dans l'œil, céphalalgie intense surtout du côté droit et principalement dans la partie supérieure de la face temporale. Cautérisation au sulfate de cuivre, instillation d'alropine; sort très amélioré, le 22 janvier.

Obs. GCXIX. — Angiome de la conjonctive. Excision. Guérison. — Auriac (E.), trente-cinq ans, charbonnière, entre le 17 mars 1877. Bonne santé habituelle, jamais de maladies graves. Il y a trois ans, elle remarqua sur la conjonctive de l'œil droit, à peu de distance de la caroncule, un point rouge foncé, de la grosseur d'une tête d'épingle, ne provoquant ni gêne ni douleur. Celte production s'étendit lentement et progressivement en restant toujours indolente.

47 mars. — A un millimètre de la caroncule, plus près de la paupière inférieure que de la supérieure, tumeur de coloration uniformément rouge violacée, qui présente la forme, l'épaisseur

iiètre d'une lentille. Sa surface lisse et unie, n'offre ni >ns. Les bords sont réguliers, arrondis et empierrement sur lu conjonctive normale, dont ils sont séparés par i. De telle sorte qu'on pourrait passer la pointe d'une fUre leur face profonde et la muqueuse. La consistance de petite tumeur e^t ferme et rappelle celle de certains bourgeons l'as de battements ; pas de mouvements d'expansion etd'afciL La tumeur est irréductible et non fluctuante. Pas de promalogue au voisinage. Aucune trace de capillaires dilatés ou e formation au pourtour ou dans l'épaisseur de la tumeur. Me de la vision. Sensation de corps étranger quand les paukse ferment.

mari. — Nous saisissons la tumeur avec une pince» nous la s avec le bistouri à la lame étroite et nous l'excisons des ciseaux courbes. A peine quelques gouttes de sang. Gon> i d'eau froide. Guérison presque immédiate.

C, — Mé/anome de ta conjonctive. Extirpation. Récidive sur ut propagation aux ganglions. — 2° Ablation. Guérison. {Voir la itère partie de ce volume, il* leçon. Obs. V, p. 139.)

6* Globe de tœil en générai

Obs. CCXXL — Contusion de l'œil droit. — Denis (Toussaint), quartDte-quatre ans, fumiste, entre le 24 décembre 1876> salle Sainte- Hartli Ue, coup de canne plombée sur l'œil droit

lui n considérable des deux paupières et teinte ecebymo-

tiqoe très foncée. Impossibilité d'ouvrir l'œil. Gonflement de la partie

la joue droite et de la fosse temporale. Excoriations

superficielles. Ecoulement continu de larmes mêlées à une

ité sanguinolente. L'œdème* pal péb rai rend difficile rinspecliun

oculaire qui est très congestionnée. Douleurs lan-

cinaot«'N dauti l'œil et le* côté droit de la tête ; sensation de corps

étranger sous le* paupières. Vision normale à gauebe. Intelligence

p =00. Langue sale, Nuit troublée. Compresses d'eau froide

bu permanence. Quatre sangsues autour de l'orbite. Bouillons et

pobi

Sï décembre. — Tension de l'œil diminuée! douleurs toujours vives. Pasto Mimmeil. Pas de frissons, P = 88.

29. — Diminution des douleurs et du gonflement. La teinte ecchytDotique des paupières sest affaiblie. Le malade ne peut encore ou- *riri , l'appétit. P = 76. Calomel : Ô*YiU à doses fraction-

nées.

3L- le dose de calomel:

la première n'ayant produit que

3 janvier 1877. — Les paupières s'entrouvrent. La conjonctive est moins vasculaire. Les douleurs de tête diminuent. Langue sale. Deux verres d'eau de Sedlitz.

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