‹ Leçons de clinique chirurgicale v.1, 1876 (volume 2)Chapitre 46 sur 272 · Guérison presque complète ; le malade part à Vincennes · texte numérisé non relu

Guérison presque complète ; le malade part à Vincennes

Obs. XXIII. — Région pariétale. Contwion légère du thorax. — Bédouin, Pierre, quarante-sept ans, maçon, entre le il janvier 1878, salle Saint-Augustin, 9.

Il vient de tomber d'un échafaudage de la hauteur de huit mètres sur une brouette. La tète et le tronc ont été atteints. Sur la tète, sur la partie médiane et supérieure de l'occipital, à deux centimètres de la suture lambdoïde, existe une plaie linéaire de cinq centimètres, intéressant la peau et le tissu cellulaire seulement. Ses bords sont déchiquetés. Pas de fracture. Au niveau de l'os de la pommette droite, on remarque une ecchymose mesurant la même surface que cet os et s 'étendant un peu sur la paupière inférieure.

Le malade se plaint d'une violente douleur en un point correspondant aux cinquième, sixième et septième côtes, et de gêne de respiration. On ne trouve aucun signe de fracture. Il existe simplement une légère contusion. On rase les cheveux et l'on applique des compresses d'eau froide sur la plaie.

Ventouses scarifiées sur le point douloureux du thorax.

14 janvier. — Réunion des bords de la plaie avec des bandelettes de diachylon. Le malade quitte l'hôpital presque guéri et continuera à se soigner chez lui.

Obs. XXIV. — Région temporale. Perte de connaissance, hémorragie peu abondante. — Quinton, François, soixante ans, garçon de magasin, entre le 7 janvier 1877, salle Sainte-Marthe, 9. Etant en état d'ivresse, il a fait une chute de la hauteur de trois mètres, et a perdu connaissance. Plaie de tête, hémorragie arrêtée en ville par le

perchlorure de fer. Après avoir débarrassé la région temporale droite des cheveux agglomérés par le sang et le perchlorure, nom observons à deux centimètres en avant de l'oreille une plaie vertical! de trois centimètres, au fond de laquelle on voit battre l'artère temporale superficielle qui donne des jets de sang par plusieurs déchirures de ses parois. Pas d'écoulement de sang par les oreilles, pas de signes de fracture de la base du crâne. Application de trois pinces hémostatiques laissées douze heures.

Pansement simple avec la charpie imbibée d'eau alcoolisée. Guérison le 24 janvier 1877.

Obs. XXV. — Plaie du nez, morsure de chien. Suture du lambeau i Vaide de quatre épingles et d'un fil végétal. Réunion par première intention du tiers gauche de la plate. Sphacèle du lambeau sur le dos du ne. Cicatrisation rapide. Guérison. — Kronner, Pierre, trente et un ans, fondeur en cuivre, entre le 13 mai 1877, salle Saint- Augustin, 1. Bonne constitution, pas d'antécédents héréditaires ou pathologiques. La veille, il a eu le nez mordu par son chien. Un médecin appelé sur-le-champ réunit les lèvres de la plaie au moyen de quatre points de suture entortillée. Au moment de l'accident, hémorragie abondante, arrêtée à l'aide d'une couche de charpie imbibée de perchlorure de fer.

Le premier pansement étant enlevé et la face lavée, nous constatons l'état suivant : plaie irrégulière, déchiquetée, partant du bord libre du lobule droit, remontant sur la face correspondante du nei, passant sur le dos de l'organe au niveau de l'épine nasale, et descendant à gauche sur la face pour aller se perdre dans le sillon nasogénien en un point qui répond à l'alvéole de la première petite molaire. La morsure a donc intéressé toutes les parties molles du nez ; celles-ci n'adhéraient plus à la face qu'au niveau des sillons nasogéniens. Quatre épingles situées deux à droite, deux à gauche, au niveau de la racine de l'organe, maintiennent le lambeau en place. Tuméfaction bleuâtre des lèvres de la plaie, s'étendant à la partie voisine des joues et des paupières inférieures. Un point violacé, noirâtre, existe sur la face gauche du nez au-dessus du sillon lobulaire. Lavage et pansement avec l'eau alcoolisée.

14 mai. — Nous rapprochons les parties molles des joues au moyen d'une bande de tarlatane collodionnée à cheval sur le dos du nez. Sphacèle du lambeau à gauche sur la face. On enlève de ce côté les épingles.

15 mai. — Môme pansement, toute la partie droite de la plaie est réunie par première intention, on enlève les dernières épingles.

16. — Chute de l'eschare. — 11 en résulte une perte de substance iufundibiliforme, qui met la fosse nasale gauche en communication avec l'extérieur. Même pansement.

— Bourgeons de bonne nature sur tons les points non encore

«atrisation s'opère assez régulièrement, la perte de subs-

nble peu à peu parla prolifération de bourgeons charnus

i mai. — Le malade demande à sortir. Huit jours plus tard il vient i cicatrisation est complète* Pas de perforation des parois

— Plate du front. Décollement du lobule de C oreille. Hë-

tigie. Pincetntnt. — Guyard Jean, cinquante-quatre ans, fabri-

eut de chaises, entre le 6 mai i877t salie Sainte-Marthe, 3.

U Teille, il a été poussé la tète la première contre des planches et

Ueint au front et à l'oreille droite. Plaie en croissant»

entimètres, à la partie moyenne du front, immédiatement

Uk-de$$ous de la racine des cheveux. Les bords sont nets et légère*

ment écartés; toutes lea parties molles ont été divisées; au fond de

U plaie, on voit le périoste ; pas d'hémorragie. Réunion immédiate

j points de suture métallique,

L<> lobule de l'oreille droite est en partie détaché de la face,

par une plaie de Gm,03 centimètres. L'hémorragie arrêtée à Faide

d'une pince hémostatique laissée pendant deux heures. Pansement

D, — Réunion par première intention de la plaie de l'oreille. On relire les ûls métalliques de la plaie frontale pour les remplacer par quatre bandelettes collodionnées.

H. — Suppuration modérée. Les bords et le fond de la plaie sont

et garnis de bourgeons charnus.

15. — La cicatrisation marche rapidement. On enlève les bandelettes coUodionnées.

18. — Cicatrisation complète. Le malade quitte le service. Obs. XX VU. — Plaie d<? In (are ; décollement étendu* Réunion immédiat*. Sfrfiacète et chute du pavillon de t oreille. — Depreterre, Pierre» Irrnte ans, mécanicien, entre le premier octobre 1877, salte Sainteartho. :

Homme bien constitué et vigoureux, sans antécédents pathologi-

II a eu la main droite prise dans une courroie en mouvement,

BQU&iné et violemment jeté sur le parquet. Dans sa chute, il a

la tète prise et assez fortement comprimée entre le sol et un

:re tournant rapidement. On rapporte à l'hôpital avec une large

laie occupant tnule la région temporo-parîélale droite et un vaste

ment. On constate une plaie contuse à bords déchiquetés,

«t de I;i partie moyenne de la suture temporo-pariétale droite

trois travers d*- doigt au-dessus de la queue du sourcil, descendant

en avant du pavillon de l'oreille» contournant le lobule et remontant

arrière KUT le pariétal. Elle forme ainsi un vaste lambeau complè-

tement décollé mesurant 0m,24 centimètres de diamètre. Le p» de l'oreille ne lient plus que par un petit pont situé en arrfeiv lobule. Quelques artères donnant du sang sont comprimées par pinces hémostatiques. On applique treize points de suture métalliif^* après avoir préalablement rasé toute la surface du lambeau autoorif* la plaie. Compresses imbibées d'eau fraîche.

La main droite présente sur la face dorsale une plaie transférai de 0a,03 centimètres de long, située à la partie moyenne et n'intérei- * sant que la peau et le tissu sous-cutané; les tendons des extensewi -j sont intacts. Trois points de suture métallique. j

2 octobre. — La réunion se maintient, mais le pavillon de l'oreille «t * froid et devient noir.

A. — Le lambeau se nourrit bien, on enlève les points de suture. Le sphacèle gagne de plus en plus le pavillon qui se détache le sixième jour.

8. — Il reste une plaie grando comme une pièce de 2 francs à II place du pavillon et au milieu de laquelle on aperçoit le conduit auditif.

10. — La cicatrisation marche rapidement; on cautérise les bourgeons charnus avec le nitrate d'argent.

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