‹ Leçons de clinique chirurgicale v.1, 1876 (volume 3)Chapitre 208 sur 283 · Recommence à prendre un peu de nourriture · texte numérisé non relu

Recommence à prendre un peu de nourriture

29. Souffre beaucoup moins dans le ventre; on ne sent presque plus la Uunenr par le toucher vaginal.

1'^ août. S'alimente mieux. Le sommeil revient. 4. Bon appétit. Etat général meilleur.

La malade demande à quitter l'hôpital.

Obs. CDLL — Hypertrophie, abaissement et rétroflexion de futémt. — Bontemps (Clana), blanchisseuse, quarante et un ans, mariée, entre le 27 janvier 1875. Réglée à onze ans; elle Ta toujours élé réguliêremenl; un seul accouchement normal. Depuis trente mois, elle a eo de fortes douleurs dans le ventre et les reins. La rétroflexion serait cependant beaucoup plus ancienne, et remonterait à dix ans. On aperçoit avec le spéculum le col de Tulérus hypertrophié et très-rouge : il n'y a pas d'écoulement. La malade souffre beaiK ou|) pour s'asseoir. Au loucha* vaginal on trouve une tumeur volumineuse occupant le cul-de-sac postérieur; au toucher rectal on reconnaît également rexislence de cette iomeur qui n'est autre que le corps de l'uténis. Le col est porté presque ferticalement en h<iut et un peu en avant. La malade a porté un pessaire américain qui n'a fait qu'augmenter la douleur. Tampon d'ouate saupoudré de poudre d'amidon arrosé de quelques gouttes de laudanum. Repos absolu. — Bains tous les deux jours. — Disparition des douleiu's an bout d'un mois. Sort avec un redresseur utérin placé d'après les principes de Sims.

Obs. CDLIL — Corps fibreux interstitiel de Vutêrus. Métrorrhafpe$répMe8. Amélioration. — Trouillet (Euphrasie), domestique, quarante ans, entre le 11 avril 1874. Réglée à treize ans, elle n'a vu que deux fois la première année, puis les règles sont revenues toutes les trois semaines. Le sang était noir et abondant. A ri\ge de dix ans, elle a été atteinte de la petite vérole dont on voit (pielquos traces sur son visage ; à son arrivée à Paris, k Tâge de vingt ans, elle a été atteinte de lièvre

tfpholde.

Au mois de décembre 1871 , elle a été opérée par M. Péan pour un kyste de l'ovaire droit d'un volume considérable. Un an auparavant elle avait eu,â

516 MALADIES DES ORGANES GÉlnTO-URIllAIRES.

plusieurs reprises, des métrorrfaagies abondanles qui se sont repn depuis Topération, et qui ont beaucoup contribué à la débiliter. Ces sont presque continuelles, parfois pourtant elles diminuent assez pou croire qu'elles vont s'arrêter. Le sang ressemble plutôt alors à de li site sanguinolente. Ces intermittences durent tout au plus deux joi l'écoulement redevient abondant et franchement sanguin. Deux foi depuis l'ovariotomie, elle est entrée à l'hôpital pour la même affecti quantité de sang qu'elle perd est considérable ; elle est encore augu par les mouvements. Quelquefois il sort de gros caillots. La mal plaint en même temps d'une constipation opiniâtre et de violentes leurs dans la cavité pelvienne (coliques utérines) s'irradiant surtoi] la fosse iliaque gauche. Chaque jour ellç a des vomissements bilic alimentaires, des éructations acides ou nidoreuses. Pas d'appétit ; difficilement le peu d'aliments qu'elle prend. Pas de sommeil ; n qu'en prenant des pilules de cynoglosse. Ses pertes sont dues à 1 sence d'une tumeur fibreuse interstitielle qui avait le volume d'un taigne au moment de l'opération. Aujourd'hui cette tumeur altc volmne d'une tète de fœtus à terme.

Comme traitement, on a successivement recours à l'eau de Rabel, et à la tisane de grande consoude, à l'ei^ot de seigle, 2 gr. ; à l'eaa ghien. Ces divers médicaments ne paraissent pas agir d'une façoi appréciable sur l'écoulement de sang qui diminue pendant un jour, reparaître aussi abondant les jours suivants. L'hémorrhagie suit to la marche indiquée précédemment.

29 avril. La malade demande à aller se reposer à la campagne. J deux jours l'écoulement se réduit seulement à un peu de liquide 1 ment rosé. Nous Tavons revue depuis. Les pertes, après avoir cessent revenues plus acondantes et s*étaient accompagnées de cachexi tumeur parait avoir subi une dégénérescence cancéreuse rapide.

Obs. CDLIII. — Métrite ulcéreuse du col. Tuberculose pulmo Traitement général. Amélioration. — Quemet (Marie), vingt-si: domestique, entre le 20 avril. Réglée à treize ans, elle eut à quator métrorrhagies revenant quatre fois par mois et durant de trois < jours. Cet état a persisté pendant un an. Mariée à vingt-trois ans, eu deux enfants qui sont bien portants. Elle est amaigrie et cachect

Phénomènes suspects du côté des organes respiratoires. Broi répétées ayant réclamé à plusieurs reprises l'application de vésic sur la poitrine. Hémoptysie abondante il y a huit jours.

Au mois de septembre 1873, avortement au troisième mois, à I d'une chute dans un escalier. Réapparition des règles six semaine tard ; elles furent alors très-fortes. La menstruation revint une secoD

an bout de cinq semaines. Perte abondante. Depuis quatre mois à peu près, elle perd continuellement un liquide séro-sangui noient, rouge pâle. Elle a sensiblement maigri, et la toux est devenue constante. Examen de la poitrine : Poumon gauche absolument sain. Poumon droit : A la percusûoDy submatité et perte d*élasticité dans la fosse sus-épineuse. Exagération de sonorité sous la clavicule. Auscultation : Respiration rude. Expiration prolongée. Quelques craquements secs.

Examen des oignes génitaux : Au toucher vaginal, col volumineux et mou. Corps de Tuténis occupant sa position habituelle. Mobilité et volume normaux. Au spécuhim, le col apparaît rouge, déchiqueté, un peu fongueux. Autour de Torifice, qui est entr'ouvert, se trouvent de petites ulcérations superficielles. Traitement reconstituant, la métrorrhagin diminue, et l'état général devient meilleur. La malade quitte le service au bout d*un mois.

Obs. CDLrV. — Métrite granuleme du col. — Groult (Alexandrine), qutfante ans, blanchisseuse, mariée, entre le 12 janvier 1875. Réglée à quatorze ans: Ta toujours été depuis régulièrement. Quatre accouchements sans accidents. Par le toucher vaginal, le doigt reconnaît un col hypertrophié sans induration bien prononcée ; sur la lèvre postérieure on lent des granulations. Au spéculum on trouve plusieurs petites ulcérations liégeant sur la lèvre postérieure du museau de tanche, et Torifice du col hisse suinter un liquide muco-purulent, non mélangé de sang. La cavité du col est dilatée, mais Tutérus a sa position normale. La malade se plaint aussi de pesanteur dans le bassin et de douleurs, avec irradiations dans la région lombaire. Ces troubles s'exagèrent aux époques menstruelles.

Badigeonnages du col avec la teinture d'iode; à l'intérieur, sirop d*iodore de fer et vin de quinquina. Guérison complète au bout d'un mois.

Obs. CDLV. — Polype muqueitx du col utérin. Ablation avec le Kifotfrt. Guérison. — Débove (Séraphine), cinquante ans, entre le 21 août 1874. Cette malade, robuste et d'un embonpoint satisfaisant, est affectée d*un polype utérin, dont le début avait passé complètement inaperçu. Depuis deux mois seulement, elle a ressenti dans le ventre une douleur vague, accompagnée d'une sensation de pesanteur. Un médecin de brille reconnut un polype de l'utérus et l'engagea à entrer à l'hôpital. Elfe a toujours été bien réglée jusqu'à l'âge de quarante-huit ans, époque delà ménopause et n'a jamais eu de métrorrhagies.

An spéculum on aperçoit une tumeur du volume d'un gros marron, d'un rooge foncé avec des varicosités siqierficielles; elle sort des lèvres du col de PuténiSy est indépendante de la vessie et du rectum, et a la forme d'une massue. Cette tumeur s'implante sur la face interne de la lèvre antérienredn col utérin qui est considérablement allongée. La lèvre postérieure

518 MALADIES DES ORGANES GElNnKMniIllAiRES.

présente un autre petit polype. L'hystéromètre indique une hyperti considérable de l'utérus. La tumeur attirée au dehors avec une p griffes laisse voir son implantation pédiculée sur la lèvre antérieu

col.

22 août. La tumeur est attirée avec des pinces à griffes, puis on avec des ciseaux la portion de muqueuse sur laquelle elle s'implante que le petit polype ^fi\ siège sur la lèvre postérieure. Deux longues { hémostatiques suffisent à arrêter le peu de sang que donne la pb coupe montre un polype de structure glandulaire sans traces de fibreux. On pratique le tamponnement du vagin avec des éponges (en deux jours après, le 24 août).

3 septembre. La malade peut se lever.

Du 18 au 22, léger écoulement sanguin par le vagin.

La malade sort guérie le 30 septembre.

Obs. CDLVL — Épithélioma du col. Évidemeni. Tampomnemé vagin. Guérison rapide. — Lavoisier (Louise), quarante et un ans, gère, entre le 11 juin 1874. C'est une femme robuste qui parait plui qu'elle ne l'est. Réglée à seize ans. Première grossesse à dix-hoii menstruation toujours régulière. Elle a eu cinq enflants et fait deux 1 couches. Le premier accouchement fut terminé avec le foreeps, et fut pincé entre les deux branches de l'instrument. La plaie néoessii cautérisation au nitrate d'argent. Elle n'a jamais eu de maladies d'i espèce.

Au mois de février dernier, elle eut des pertes accompagnées de dans la région anale, avec sentiment de pesanteur pendant la m Pendant un mois, leucorrhée abondante. Le 2 mars, elle fut prise cause apparente, d'une forte métrorrhagie qui dura trois jours ;^elle une grande quantité de caillots. Depuis lors elle a toujours perdu, tai rouge, tantôt en blanc, de sorte que ses forces ont beaucoup din elle a perdu l'appétit, et même un peu maigri.

Au toucher on trouve une tumeur recouvrant la lèvre antérieure utérin. Celui-ci est dégénéré et présente l'aspect d'un champignoi lasse et saignant; néanmoins, la maladie ne s'est pas propagée enav en arrière.

20. On fixe l'utérus avec des pinces érignes, et on fait ensuite I ment du col. On se sert de deux bistouris à manche long; le p pointu pour commencer l'incision, et l'autre mousse pour finir Tévi On pratique à la surface du col une incision circulaire le plus haut po tout en se tenant à distance des culs-de-sacs péritonéaux. On coupe ( à travers le col, obliquement de bas en haut et de dehors en dedans, sur la muqueuse qui est enlevée elle-même très-laïf ement.

ITÉRrS. 519

On phee un tampon dans le vagin sans recourir à la cautérisation. 31. La malade va bien, ne ressent aucune douleur du cùté de Tutérus. Appétit et sommeil. Pas de fièvre.

23. Pas d*hémorrhagie. Le mieux continue. 26. Demande à sortir.

Obs. CDLYIL — Épithélioma du col. — Cant (Àurélie), trente-deux inSy mécanicienne, entre le 9 mars 1875. Réii:lée à dix ans. Toujours régnliërement. Trois accouchements normaux ; le dernier datant de quinze mois.

Depuis lors, menstruation irréguliëre, plusieurs niétrorrhagies chaque mois. Pendant le mois de février 1875, elle a fait un séjour de trois semaines dans un autre hôpital à cause d'une métrorrhai^ne abondante arrivée trois jours après les règles. Elle perdait alors de gros caillots. La malade, depuis sa sortie, a continué de voir une eau roussAtre. Le toucher vaginal montre un col hypertrophié, volumineux et dur, avec des fongosités sjiignantes à sa surface, l'orifice externe est un peu ouvert. Le cul-de-sac gauche est déjà envahi par un tissu dur et résistant, de môme nature que celui du col. La malade accuse en outre des douleurs dans le bassin avec un sentiment de pesanteur. Les métrorrhiigies fréquentes contribuent à son affaiblissement et la mettent dans Timpossibilité de travailler. Le liquide rosé qui s'écoule a une odeur fade, mais non repoussante conune celle du cancer de l'utérus. Amaigrissement; aspect général cachectique. Palpitations. P=120. A Taide d*un cautère tranchant rougi au feu, nous évidons le col de manière à enlever largement toute la base du cancrolde.

Traitement général reconstituant. Injections au tannin. Disparition rapide des métrorrhagies et amélioration de Tétat général.

Obs. CDLVIIL — Cancer de Fuîn-Hx, — Béguin ( Alexandrine), (juannte-sept ans, entre le l*'"juin 187L Pas d'antécédents cancéreux héréditiires. Début il y a un an par des métrorrhagitvs très-abondantes. A son entrée, cachexie cancéreuse avancée. Le col et le corps de Tutérus sont envahis par une tumeur déforme irréguliëre, dure, bosselée, du volume du poing, portant en certains endroits des points ramollis et ulcérés. Écoulement ichoreux abondant et très-fétide. Injections calmantes et antiseptiques.

Quitte le service au bout de vingt-deux jours.

Obs. CDLIX. — Cancer utérin. Mort rapide. — Marie 0..., trenlehnit ans, entre le 6 juin 1871. Début il y a trois mois. Métrorrhagies répi'*lées, douleurs lancinantes.

Cachexie cancéreuse avancée, teinte jaune-paille, amaigrissement, écoulement ichoreux et très-fétide. Même traitement cpie la malade précédante. Mort vingt jours après son entrée dans le service.

520 MALADIES DES ORGi^URS 6ÉN1T04IBI1IAIIIES.

Obs. CDLX. — Déchimre du périnée. Gangrène in grandes U Désinfectants locaux. Toniques à Finiériew. GuêrisM des plaie Chapote (Marguerite), dix-huit ans, ouvrière en denteUes, entre le 9 1874. Elle est pâle, maigre, anémique. Sa mère est morte pfathisîqoi glée à onze ans et demi, elle a toujours vu régulièrement.

Accouchée pour la première fois, le 20 février dernier, à Thôpita Cliniques. L'accouchement a été facile, dit-elle; on n'a point empk forceps; toutefois, le périnée a été déchiré. Les suites ont été boi Au bout de dix jours, elle a cependant ressenti de la cuisson et des céments dans les grandes lèvres qui se sont tuméfiées, sans devejnir loureuses à la pression. Tous les soirs elle était prise vers quatre h iVnn accès de fièvre qui s*est renouvelé pendant vingt jours successif a prescrit des cataplasmes et du vin aromatique.

Bientôt le gonflement a diminué, mais la douleur s'est aceme. Les ments de la face interne dos grandes lèvres ont pris peu à peu une a. tion noire et sont tombés par plaques. La suppuration s'est faite i damment et n'a commencé à diminuer qu'à mesure que les plaques baient.

Sur trente malades que contenait la salle d'accouchement, don» été atteintes d'une pareille affection. La malade sortit avant que la g son fût complète. Elle resta quatre jours chez elle, et revint ensi Saint-Louis.

Les grandes lèvres sont le siège d'un écoulement purulent assez i (lant; elles sont très-douloureuses au toucher. L'œdème a diminué, sur la face interne on voit des ilôts qui offrent l'aspect d'eschares en d'élimination. Leurs bords sont secs, mortifiés et soulevés dans une taine étendue.

Le périnée a été rompu, et la rupture s'étend vers l'anus sans a dant intércssser le sphincter.

1 i mars. La malade est toujours prise de sa fièvre vers quatre hi du soir ; cet accès dure une heure et demie. Elle mange trè^peu et rinsomnie à cause de la cuisson qu'elle ressent sur les parties mal On applique des compresses d'eau phéniquée et on donne le sirop d'i( do for et le vin de quinquina.

15. La suppuration a beaucoup diminué; l'aspect de la plaie est i leur; on ne voit plus de parties sphacélées.

La malade a repris son appétit ; elle sent revenir ses forces et marcher. Elle quitte le service le 18 mars.

Obs. CDLXI. — Déchirure ancienne du périnée. Périnéorrha Accidents nerveux, Érysipèle. Guérison. — Caillot (Marie), quarante ans, sans profession, entre le 4 juin 1874. Mariée à seize ans, ell

PÉRINÉE CHEZ L\ FEMME. 5âl

Tannée suivante un accouchemenl très-difficile. Les grandes douleurs durèrent au moins vingt-quatre heures, et il fallut employer le forceps pour terminer l'accouchement. Il se fit alors une large déchirure périnéale. Elle a eu, depuis lors, six accouchements dont un gémellaire. Tous se sont accomplis sans difflculté. La ru|)ture s'est faite dans la totalité du périnée.

Il existe un large hiatus qui s*étend de la vulve à Fanus. Cette malade a en même temps une rectocèle, une cystocèle et un prolapsus utérin. La marche est difficile et douloureuse. On ifa pas cherché jusqu'ici à remédier à ces accidents, parce que la malade ne sachant pas qu'une opération était praticable n'avait jamais songé à se soumettre à un traitement. Elle Ta appris accidentellement en se faisant examiner pour une tumeur abdominale dont elle se croyait atteinte, et sur le compte de laquelle elle mettait tous les accidents ({u'clle éprouvait. (Celte malade est névropathe à un très-haut degré.)

6 juin. Avivement des deux bords de la déchirure; on enlève le tissu cicatriciel aussi largement que possible, en ayant soin de ménager les couches sous-jacentes qui sont très-vasculaires.

Réunion des surfaces avivées, suivant notre procédé, au moyen de onze fils métalliques : six profonds et cinq superficiels placés dans l'intervalle des premiers. Les fils profonds sont passés au moyen des aiguilles à courbure appropriée, qui ont été construites sur nos indications par M. Guéride. Elles sont montées sur un manche construit spécialement pour la périnéorrhaphie.

7. A passé une très-mauvaise nuit. Est très-agitée. La peau est chaude. Souffre beaucoup de sa plaie.

0. A souvent des secousses nerveuses avec convulsions des membres, constrictions fréquentes des mâchoires et grincements de dents. La voix est saccadée. P = lOi. A pris hier un peu de bouillon et de la viande crue. Une sonde à demeure est placée dans la vessie ; une autre dans le Tagin pour faciliter les injections : chloral à l'intérieur.

\i. A passé une bonne journée hier, mais n'a pu dormir un instant cette nuit. Ce matin elle souffre plus ({u'hier et elle éprouve encore des mouvements convulsifs. La peau est chaude, le pouls fréquent. Pas d'appétit.

i4. Langue sale. Bouche sèche et pâteuse. Même fréquence du pouls. A eu du délire dans la nuit. N'a pu dormir malgré les deux pilules d'opium qu'elle a prises. Pas de garde-robes depuis huit jours. A pris un potage et un peu de poulet. — Bromure de potassium, 4 gr.

17. Une rougeur érysipélateuse apparaît sur la cuisse droite qui est tendue, luisante et sensible; les ganglions de l'aine sont pris. La plaie est douloureuse et sèche.

20. P = 96, mou et dépressible. Fièvre dans la nuit. Cauchemar. Li figure est moins animée que de coutume. La bouche est toujours pâteuse.

L'ervsipèle a presque disparu. Il a élé du reste assez bénin. Souffre beaucoup de sa plaie, mais la pression sur les grandes lèvres est moins pénible.

22. Plus de traces de l'érysipèle. Moins de mouvements convulsifs.

24. La réunion par première intention est complète. On enlève les fds métalliques; on laisse en place le fil le plus près de la vulve. Plus de fièvre, mais Tappétit et le sommeil sont lents à revenir.

28. On enlève le dernier fd métallique. Toujours peu de .sommeil et d'appétit. Cependant la malade se sent mieux et plus forte.

4 juillet. Sort de l'hôpital complètement guérie.

Obs. CDLXII. — Fistule intéressant la vessie, la paroi antérieure du vagin, le corps de rutênis et la lèvre antérieure du col. Occlusion du vagin, (ruérison. — Metz... (Anne), trente-sept ans, couturière, entre à rhôpital le 16 décembre 1874, se plaignant d*inconlinence habituelle d'urine.

Elle paraît de bonne constitution. Rien dans ses antécédents ne permet de supposer l'existence d'une diathèse héréditaire ou acquise. Réglée pour la première fois à seize ans, elle l'a toujours été régulièrement depuis cette époque. Bassin étroit. Première grossesse à trente-six ans. Accouchement difficile après un travail de longue durée (assistée par une sage-femme). C'est depuis ce temps que la malade est atteinte de l'infirmité pour laquelle elle entre à l'hôpital. On la trouve dans l'état suivant : les grandes lèvres, la racine des deux cuisses et leur face interne, dans une étendue de quatre travers de doigt, présentent une coloration d'un rouge violacé, livide par places. Cette rougeur est due à l'irritation produite par le contact permanent de l'urine. Il n'y a toutefois ni éruption ni ulcération. La malade se plaint d'une sensation de chaleur et de prurit continuel sur les téguments. Au voisinage de l'ouverture vulvaire, on trouve de petits dépôts calcaires incrustés sur la peau.

Par le toucher vaginal, on n'acquiert que des renseignements insuffisants sur la fistule. On s'aperçoit seulement que la paroi antérieure du vagin est déprimée par la vessie qui vient faire saillie ^ ce niveau, et constituer une cystocèle vaginale incomplète. La paroi postérieure est également déprimée par le rectum dilaté. Il y a entre les saillies rectale et vésicale un véritable aplatissement du vagin qui est réduit à une sorte d'orificeirubané. A l'aide d'un large spéculum bivalve, on reconnaît que la lèvre antérieure du col utérin, sans être entièrement détruite, présente une fissure linéaire, irrégulière et anfraclueuse. La paroi antérieure du vagin est intéiessée dans une étendue de 1/2 centimètre. Cette fissure s'arrête dans l'épaisseur de la lèvre antérieure du col et il est impossible de faire pénétrer par là une sonde jusque dans sa cavité. Par contre, en introduisant une sonde dans Tutérus par l'orifice normal du museau de

Unche.on peut la sentir avec rextrémité d'une autre sonde introduite dans la vessie. On en conclut que la fistule intéresse la vessie, la paroi antérieure du vagin au niveau de son insertion supérieure ; le corps de Tutérus à son union avec le col et la lèvre antérieure de ce dernier, mais seulement dans une partie de son épaisseur ; de sorte que Turine passe en même temps directement dans le vagin et dans la cavité du corps de Tutérus.

26 décembre. Occlusion du vagin.

[Voir les considérations qui suivent.]

il. Disparition complète de l'incontinence d*urine. Pas de réaction fébrile. État général, appétit très-satisfaisants.

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