Compresses d'alcool
20 mars. Application de teinture d'iode. La tumeur devient plus molle, mais elle s'enflamme et menace de s'ouvrir spontanément. Pour éviter une fistule, on se décide à faire une incision qui permette aux corps étrangers de sortir. Cette incision est pratiquée au-dessous et à côté du point le plus enflammé, afni d'éviter l'amincissement de la peau qui se réunirait difficilement. Il sort un liquide épais, ayant la consistance et la couleur de la gelée de pommes. Au moyen de pressions en tous sens on évacue complètement la poche. La gelée est plus molle que lorsqu'il y a des grains hordéiformes en grande quantité; c'est à peine si nous en constatons quelques-uns. Bandage. ouaté ronipressif. Le bras est maintenu dans une élévation se rapprochant le plus possible de la verticale. La plaie se réunit par première intention.
Le malade sort guéri le 25 avril.
Obs. DXXXVII. — Kyste à grains ri zi formes développé dans la synoviale commune et dans la gaine du fléchisseur propre du pouce. Incision. Appareil compressif, Guérison. — Chausson (Désiré), vingt et un ans, garçon épicier, fort et vigoureux, sans antécédents pathologiques, entre le 10 mars pour une tumeur du poigiiet gauche. Le début remontant à dix-huit mois avait été brusque et occasionné par une fatigue excessive : le malade avait roulé des pièces de vin pendant une journée entière.
Au devant de l'articulation radio-carpienne on voit une tumeur du volume d'une orange, réductible et communiquant avec la synoviale du fléchisseur propre du pouce dans laquelle elle se vide par la pression. L'éminence thénar se soulève et la gaine du long fléchisseur du pouce devient saillante quand on appuie sur la partie située au-dessus du ligament antérieur du carpe. On sent alors distinctement un froissement riziforme. Les doigts sont constamment dans la demi-flexion ; le pouce, l'index et le médius sont engourdis. Il y a un an on fit des applications de teinture d'iode et de vésicatoires sans résultat.
13 mars. On fait une incision qui livre passage, assez difficilement
ôKIt
MALADIES DES ItÉGIONS.
trailloiira, à des gruins rixiformos dont quelquos-uas présentent un volume»- t lissez roiisiilérablo.
Compression onntéc laissée à demeure pendant trente joui-s. Au boutdci:^ ' ve temps le malade quille le senice et on lui conseille de maintenir pen — *liant quelque temps une nouvelle compression. (Trois semaines après o malade revient à la consultation ; il n'y a plus trace de tumeur.)
Obs. DXXXVIII.- Ponctian. Comprest
- Kyste à grains riziformes de la gaine des extetueurt. ~ ion prolongée. Gufrison. — Le nommé Dert..., bn>- eheur, vingt-huit ans, se présente à Is cli — nique du 24 avril, portant au dos de la mniri droite une tumeur plate, allongée, assez volumineuse pour entraver les mouvements. Au dire du malade, cette grosseur aurait rlèbuléil y a plus d'un an, à la suite d'un eiïort; demeurée longtemps petite et non douloureuse, elle a augmenté depuis deux mois d'une manière inquiétante. Aujourd'hui elle est ovoïde et présente un Srand diamètre de 0",12 environ (voy.
fig. 'iO). Sa surface est inégale, et comme verruqueuse ; elle présente une Durtualion très-nette et une crépitation particulière. On a afraire à un kyste synovial occupant la gaine rommune du paquet des extenseurs, kyste formé de deux poches, dont l'inférieure, plus grande, communique avec h supérieui'e par un conduit rétréci. Une simple boutonnière pratiquée à chaque eitrémité de la tumeur au moyen d'un bistouri étroit, pointu, permet l'écoulement 1 liquide gélatineux; une pression énergique fait sortir en outre un grand iioinbre de grains riziformes dont les plus gros atteignent le volume d'un haricot.
Après l'opération on applique un bandage destiné k exercer une compression prolongée et à miiinlcnir en contact les parois opposées da la cavité. Le succès obtenu par celte méthode est complet; en effet, lorsqu'on enlève l'appareil après une quinzaine de jours, deux petites cîca- Irices linéaires indiquent seules les limites de la tumeur, et ce n'est qu'au niveau de la plus grande poche qu'il subsiste une saillie i. peine appréciable.
Obs. DXX.'lIX. — Corpt étranger resté trois ans iou»
Fie. 4U — Kjstc à gmins riiirurmus do la gaine il«* extenseurs. (Dt notre cotlection.)
d'une quantité notable d'ui
la face antérieure du poigtiet. — Pichard (Claude), entre le 27 mars 1874 pour une tumeur Irès-circonscrite située au milieu 'de la face antérieure du poignet, au-dessus du pli, sous Taponévrose. Elle est arrondie, d'une' consistance un peu plus dure que celle des kystes que Ton trouve fréquemment dans cette région. De la grosseur d'une aveline, elle ne se déplace que très-peu, n'adhère ni à la peau, ni aux parties profondes, est très-douloureuse à la pression, et les douleurs s'irradient dans le pouce seulement et non dans les trois doigts du voisinage comme cela arriverait pour une tumeur intéressant le nerf médian.
Cette tumeur, apparue il y a deux mois environ, n'est devenue sensible qu'il y a trois semaines. Il y a trois ans le malade est tombé sur une bouteille de verre qui en se brisant lui a fait une coupure profonde à réminence hypothénar ; un fragment de verre fut retiré plus d'un an après cet accident. Bien que la tumeur soit loin de la cicatrice de la blessure, il n'est pas impossible qu'un fragment de verre ait cheminé jusque-là.
On pratique une incision longitudinale intéressant la peau, le tissu cellulaire sous-cutané et l'aponévrose, et on tombe immédiatement sur un fragment de verre que l'on extrait.
Guérison de la plaie au bout de huit jours.
E. — Main.
Obs. DXL. — Congélation de toute la main droite. Ichthyose généralisée. Tumeur blanche du coude gauche. Pleurésie double. Mort. — Boussard (Honorine), quarante - huit ans, célibataire, entre le 19 février 1875. Réglée à 15 ans régulièrement, et ayant cessé de l'être à 45. Cette malade, née d'un père alcoolique, était chétive, maigre, fortement scrofuleuse et affectée depuis l'âge de 23 ans d'une ichthyose généralisée. Tumeur blanche du coude depuis six mois. Au mois de janvier elle eut la main gauche congelée pendant une nuit, et dès le lendemain la sensibilité ainsi que le mouvement avaient disparu; quinze jours après de larges et profondes eschares occupaient les deux faces de la main jusqu'à l'articulation radio-carpieune : une suppuration abondante s'établit bientôt et fut suivie de l'élimination des parties molles.
20 février. La malade présentait l'état suivant : squelette de la main gauche complètement dénudé et tel qu'on pourrait l'obtenir par la macération. Toutes les parties molles sont éliminées jusqu'aux métacarpiens ; il reste seulement quelques tendons extenseurs profondément altérés et exfoliés.
Autour de l'articulation du coude du côté opposé existent de véritables champignons fongueux bourgeonnants. L'état général, profondément
atteint par cette double suppuration, est extrêmement mauvais. Tout^'e corps (le la malade est le siège d*une desquamation continuelle produ. '1^ par la chute de larges écailles crichtlivoses nacrées, brillantes et (^tt> donnent à la peau une sensation toute spéciale.
On se contente de réséquer les tendons avec une pince à dissection ^^ des ciseaux. Les os du carpe sont enlevés de même avec les ciseaiK '^- Lcs vaisseaux ne donnent pas de sang, probablement à cause de cailli^ ^"^ anciens qui les oblitèrent.
Le pansement consiste dans l'application de charpie imbibée d'es alcoolisée.
A avril. La plaie est presque cicatrisée, lorsque la malade présen' des symptômes d'un épancheinent pleurétique. On la fait passer en ro< decine, où elle meurt dtins la soirée d*une pleurésie double.
Obs. DXLI. — Congélation des extrémités des doigts. Guéruan about de trois semaines, — Hené (Ernest), trente-quatre ans, charretiei entre le 4 janvier 1875. Cet homme a travaillé longtemps exposé au froic sur le bord de la Seine pendant une forte gelée.
A son entrée il est dans l'état suivant :
Main droite : Les extrémités du médius, de l'annulaire et de Tauriculair^^"*^ présentent une tuméfaction on massue. I/épiderme de la face palmaire^ • de la dernière phalange est soulevé, présente une teinte livide et violacée; ;P ' rindexest indemne; on constate seulement une petite rougeur Irès-appa— - — '^ rente sur la partie médiane de la dernière phalange (face palmaire).
Main gauche : Les lésions sont moins profondes et moins étendues. ^ ^ Les quatre doigts présentent à leur extrémité libre un soulèvement épi- — ' dermique qui a pris une teinte grisîltre. Cette plaque est plus étendue sur ranmdaire et Tindex; elle est bien plus circonscrite sur le médius et le petit doigt. Autour de ces soulèvements existe un cercle étroit, mais très-rosé, qui les enveloppe complètement et dont la largeur ne dépasse pas 3 millimètres. Sous les ongles, assez près de leur bord libre, existe un segment circulaire, dont la couleur rougeàtre tranche avec celle de la |)eau qui entoure les ongles.
Cataplasmes. Au bout de quatre jours chute de Tcpiderme des doigts congelés de la main droite; répiderme des doigts de la main gauche tombe ensuite; les petites ulcérations qui existaient à la suite de la chute de Tépiderme furent guéries au bout de trois semaines.
Ors. DXLIl. — Phlegmon de la paume de la main. Incision. Gfté' rison. — Cordier (Joséphine), trente-six ans, cuisinière, entre le 6 octobre 1874.
A depuis quinze jours un abcès de la paume de la main gauche formé
MEMBRE SUPÉHIEIIR. 581)
spontanément. Il a été ouvert après quelques jours par un médecin de la ville.
Pendant une dizaine de jours elle a complètement perdu le sommeil et Vappétit. La main, les doigts et Favant-bras étaient tuméfiés et douloureux. Aujourd'hui, la main est le siège d'élancements très-pénibles. On fait une incision qui donne issue à un pus assez abondant, bien lié, réuni en foyer au-dessous de l'aponévrose palmaire. 7 octobre. — Soulagement marqué. A bien dormi cette nuit. 9. Va très-bien. Suppuration très-légère. Les mouvements de la main sont faciles. Quitte le service. L'état générai est excellent.
Obs. DXLIIL — Onyxis du pouce droit. — Grosperrin (Narcisse), vingt-quatre ans, garçon boucher, entre le 21 avril 1874 pour un onyxis du pouce de la main droite. Ce malade est vigoureux et habituellement bien portant. Il s'est piqué, dit-il, avec im os, il y a trois mois, et à partir de ce moment l'ongle est devenu mou. Il est tombé par parcelles, soulevé par des bourgeons charnus nombreux surtout sous le bord interne.
Cet ongle est noir, dégénéré, recouvert en partie par des croûtes noirâtres. C'est un onyxis spécifique; en effet, le malade a eu la syphilis il y a deux ans. Il porte à la face antérieure du poignet droit, à la partie supérieure et externe du bras gauche, et au-dessous des genoux des pustules d'ecthyma syphilitique.. lodure de potassium (3 gr. par jour). Le malade sort sur sa demande le 20 avril, et continue chez lui son traitement.
Obs. DXLIV. — Onyxis syphilitique des deux pouces. Guérison. — Chardiny (Léon), vingt-cinq ans, ébéniste, entre le 5 juin 1874.
Cet homme présente des ulcérations dont le début remonte à deux mois et qui siègent à rexlrérailé dorsale des deux pouces. Elles ont été précédées par une tuméfaction de toute l'extrémité libre de l'ongle. La peau avait pris une teinte violacée avant de s'ulcérer. A un suintement de pus séreux qui se faisait entre l'ongle et la peau a succédé une suppuration jaunâtre, un peu fétide. L'ongle s'est détiiché de la peau, s'est aminci, a pris une coloration jaune terne, et le malade Ta coupé à mesure que l'ulcération faisait des progrès. L'extrémité des deux pouces est un peu déchiquetée. L'ulcération est peu profonde depuis douze jours et laisse suinter de la sérosité sanguinolente.
Peu de temps avant la guerre le malade avait contracté un chancre induré du gland, pour lequel il avait suivi un traitement antisyphili* tique (Sp. Gibert. B. sulfureux. lod. de potassium). Il avait renoncé à tout traitement depuis un an quand sont apparus ces accidents. lodure de potassium. (3 gr. par jour.)
21 juin. — L'ulcération reste stationnaire ; la sécrétion du pus s'est ralentie.
"27. La cicatrisation de Tulcërc se fait des bords au centre. L'extrémité (les pouces reste un peu déformée.
10 août. — Les ongles poussant verticalement, on les enlève avec leur matrice le 13 août. Pansement avec la poudre d*iodoforme.
!20. Le malade part pour Yincennes. La cicatrisation est complète.
MEMBRE I!«FÉRIELTR.
48 observations. — Les fractures , les luxations , les plaies, etc., n'étant pas comprises dans ce nombre, les faits qui nous restent à décrire doivent être ainsi classés suivant les régions :
Pour la région inguinale K
— fessiôre 3
— de la cuisse 3
— du genou ^
— du creux poplité 4
— de la jambe 3
— du cou-de-pied 2
— (lu pied 23
Parmi les affections de Taîne nous trouvons deux adénites aiguës : Tune développée sans cause connue chez un scrofuleux, Tautre consécutive à des engelures du pied ; un abcès froid idiopalhiciue guéri par la ponction et le drainage.
Dans la môme région on a trouvé trois fois des trajets fîstuleux, dont deux consécutifs à des abcès de la fosse iliaque et du bassin ; un abcès par congestion siégeant au niveau du pli de Taîne et accompagné d'une autre tumeur de même nature dans la région fessicre ; tous deux avaient pour ori^ne un mal de Pott sacro-lombaire. Signalons encore un Ijmphadénome des ganglions iiiguino-cruraux extirpé et guéri.
La région fessière a été le siège d'un abcès froid primitif ouvert spontanément, d'un molluscum et d'un fibro-sarcome. Cette dernière tumeur, située au bord du muscle grand-fessier, avait le volume d'une grosse orange. Elle fut enlevée, et Ton
put constater aussitôt qu'elle fut mise à nu qu'elle était ci^usée d'une vaste cavité kystique renfermant un pus jaunâtre et gélatineux. Après l'évacuation du contenu de cette cavité on énucléa soigneusement la coque, et l'examen microscopique démontra que l'on avait eu affaire à un sarcome en pleine dégénérescence granulo-graisseuse (obs. DLVIII).
La plaie guérit sans difficulté et la tumeur n'a pas récidivé.
Nous trouvons dans les différentes régions de la cuisse :
i* Un phlegmon circonscrit suivi d'un décollement peu étendu de la peau ; il guérit par le drainage et le pansement à l'eau alcoolisée.
2* Un épanchement séro-purulent qui, si l'on s'en rapporte aux renseignements fournis par la malade, aurait débuté un an au moins avant son entrée dans le service, a la suite d'une violente contusion de la cuisse.
3* En dernier lieu, un lipome volumineux de la racine du membre, enlevé sans difficulté.
Nous avons rangé dans la région du genou :
1" Un cas de vice de conformation congénital 'des deux membres inférieurs, que l'on désigne ordinairement sous le nom de genoux en dedans. Le redressement forcé préconisé par Delore dans ces difformités fut pratiqué d'après les principes posés par ce chirurgien et ne donna pas le résultat attendu (voy. obs. DLIX).
2"* Une rupture partielle du tendon rotulicn produite par un coup de pied de cheval. Le malade, au moment de sa sortie, pouvait se servir de la jambe blessée. (La jambe avait été immobilisée dans une gouttière métallique, puis dans un appareil silicate.) (Voy. obs. DLX).
Les quatre maladies du creux poplité furent un abcès froid et trois kystes.
L'abcès ne présenta rien de particulier; un des kystes ne produisant que des accidents insignifiants, on ne fit aucune opération. On se contenta de prescrire au malade du repos, des vésicatoires et des applications do teinture d'iode (voy. obs. DLXII).
bd^ MALADIES DES RÉGIONS.
Le second fut enlevé, et le malade guérit complètement malgré une violente arthrite suppurée du genou (obs. DLXIII).
Cette complication fut traitée par l'élévation du membre et le drainage. Le malade quitta l'hôpital sur la demande de sa famille, et malgré nos observations. Néanriloins le traitement que nous avions employé jusqu'alors fut continué à domicile avec une exactitude digne d'éloges. La guérison survint sans nouvelles complications.
La mort survint à Tcîxtirpation du troisième.
Les trois observations relatives à la jambe ne présentent qu'un intérêt relatif; il s'agit d'un phlegmon circonscrit et d'une tarsalgie.
Au cou-de-pied nous avons eu un abcès circonscrit et un kyste tendineux guéri par la ponction sous-cutanée.
Les nombreuses affections du pied sont presque toutes trèsintéressanles. Ainsi nous trouvons un pied bot varus équin consécutif à une fracture comminutive du fémur (obs. DLXX).
A la suite d'un séjour trop long du membre dans un appareil inamovible, le môme malade avait eu une ankylosedu genou de ce côté, et la difformité du pied donnait lieu pendant la marche îi une ulcération qui n'avait point de tendance à se cicatriser, et qu'on aurait pu prendre pour un mal perforant si le repos au lit n'avait pas guéri tros-rapidement la maladie.
Une brûlure superficielle de la face dorsale du pied fut suivie d'un tétanos mortel (voy. obs. DLXXI).
Enfin, trois phlegmons de la face dorsale guérirent sans accidents. Il en fut de môme de trois petits abcès plantaires bien circonscrits.
Nous pûmes constater une carie du calcanéum chez un malade entré dans le service pour un trajet fistuleux de la région plantaire. Nous pratiquâmes l'évidement de l'os, et le malade guérit (voy. obs. DLXXVIII).
Deux cancroïdes du talon furent enlevés. Dans un cas le malade succomba k l'infection purulente épidémique ; dans l'autre la tumeur récidiva après une première ablation. On Fenleva une seconde fois, en réséquant une partie du calcanéum. Aujour-
^'hui (un an après la dernière opération) on n'a pas constaté de Nouvelle récidive.
La plus grande partie des ulcérations plantaires désignées aujourd'hui sous le nom de maux perforants, que nous avons eu à enregistrer, étaient consécutives à des troubles de nutrition dont la cause était visible; ainsi Tune d'elles se présentait chez un alaxique qui avait en môme temps une hydarthrose avec corps étrangers de l'articulation du genou [peut-être était-ce là une de ces affections articulaires que M. Charcot a récemment classées sous le nom d'arthropalhies des ataxiques (voy. obs. DLXXXI)].
Chez un autre malade, le mal perforant était expliqué par un trouble de nutrition consécutif à une compression des vaisseaux tibiaux postérieurs. 11 y avait en même temps une déformation notable de l'articulation tibio-tarsienne et une carie fort étendue du calcanéum. Tous ces accidents étaient apparus à la suite d'une fracture par diastase du péroné. Le calcanéum était trop profondément atteint pour qu'on pût songer à conserver le pied. Nous fîmes l'amputation de la jambe au tiers inférieur et la guérison survint sans accident. (Obs. DLXXXIL)
Enfin, des trois autres ulcères perforants dont les observations viennent ensuite , un fut rencontré chez un malade qui ^vait une ancienne fracture de jambe consolidée avec un cal exubérant, et les deux autres sans causes connues.
Un trouble de nutrition du gros orteil (vice de conformation de l'ongle) sans ulcération fut observé chez un ataxique.
Les six autres observations, comprenant trois phlegmons et trois onyxis ne renferment rien de particulier.
Si maintenant nous jetons un coup d'œil sur les opérations de quelque importance pratiquées sur le membre inférieur, nous trouverons : 1" cinq ablations de tumeurs volumineuses, dont trois suivies de guérison sans complication (lymphadéxome de l'aine, fibro-sarcome de la fesse, épithélioma du talon, lipome de la racine de la cuisse), une suivie d'une arthrite purulente du genou et guérie malgré cela; une suivie de mort.
594 MAUDIES DES RÉGIONS.
2* Un évidcment de calcanéum pour une carie de cet os; opération suivie d'un succès complet.
,-J" Enfin, une amputation de la jambe au tiers inférieur également suivie de guérison.
Les trois onyxis furent traités d'une façon différente.
Dans deux cas on lit l'ablation partielle ou totale de l'ongle avec le bistouri, et dans un autre l'avulsion de l'ongle avec la pince. Il n'y eut d'accidents dans aucun cas.