PRÉFACE
Loi'squ'il y a plusieurs années déjà nous commençâmes à rhôpital Saint-Antoine nos conférences cliniques hebdomadaires, nous nous proposâmes, à l'instar de beaucoup d'autres chirurgiens, de faire recueillir ces leçons et de les réunir en un même volume. Des circonstances indépendantes de notre volonté se sont momentanément opposées à l'exécution d'un tel projet, et ce n'est que depuis le mois de janvier 1875 que nous avons pu le réaliser. Nous avons rencontré pour cela des difficultés beaucoup plus sérieuses qu'on ne serait tenté de le croire au premier abord. En effet, le plan de notre travail diffère notablement, comme on pourra le voir, de celui des ouvrages du même genre que renferme notre littérature médicale. Nou^ nous y sommes arrêté après mûre réflexion, parce que l'enseignement que donnent les faits eux-mêmes est le seul profitable, le seul auquel doit s'attacher le maître qui se préoccupe surtout de Finlérêt de ses élèves et de celui de la science.
On a publié jusqu'ici en France des recueils de cliniques chirurgicales assez nombreux, sans compter les leçons déta-
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<ii^ qi»e renfennent les diflereats jonmiix de mèdediie. b^^afwzfmp de ces travanx ont une Taleor incoDleslable : des q9>«tkK]s difBcîks de patboli^ie géoéFale t sodI éioctdées avec m^ ^rlaité menreilleuse ; certains procédés opéraloîres y sont d^j^t^ arec one précision qui fait le |^us grand honneur à k«ir^ auteurs. A celé de ces qualités, ik nous paraûssent a^oir Uaè.^ un délaut très-sérieux : c*est qu'ils ne renferment qu^un umAMf: trop limité d^observations.
f^ . par exemple, trob malades également intéressants entrait V, ffb^m»^ jour à TbàpitaK le chirurgien ne peut guère enlre- "j^xt ^"«^^mu^ement ses élèves que d'un seul ou de deux tout :e\ ^%^ dans une même clinique. Lorsque plus lard ces le- ^jix^. *^r%M publiées, on retrouvera Thistoire détaillée du pre- ^ii^ uahàt et les considérations auxquelles il a donné lieu, fiMÔft k:$ observations des autres seront passées sous silence. fjb^M^. ne faisons-nous mention ici que des faits considérés tfMîiîw: particulièrement dignes d'attirer rallenlion, c'estaHîij^ «erKeplîonnels. Combien de cas appartenant à la pratique fjnriiJUhtt de la chirurgie ne sont pas relatés autrement que JAT b meolion plus que sommaire inscrite sur les registres
XfiOMn ouvrage destiné à une simple exposition didacliq 1»*: fourra combler cette lacune. Que les auteurs fassent, aid <^ ktjr prrjpre expérience, Texamen critique d'une doclri 4 mi prrjcédé opératoire, d'un mode de pansement, dune !jbK>k générale de traitement ; ou bien que, comme Roi ; ^-4//*«ot «ms commentaires leur pratique pendant un
5 à'^jfjf:, ils ne laisseront point pour cela dans la scie
f^i^àTiO complète et Adèle de toutes leurs obsenalio
C^J^ ré«ulte-t-il de là ? Que les observations françai
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disséminées dans les recueils périodiques ; qu'il faut un travail très-long et une patience qui tient de la ténacité pour arriver à les réunir loi^sque l'on étudie telle ou telle question ; que les statistiques font complètement défaut chez nous, car il est impossible d'en établir de réellement utiles pour des opérations faites dans des conditions différentes, et souvent avec des procédés qui n'ont que peu d'analogie les uns avec les autres. Cette pénurie des statistiques françaises contraste singulièrement avec la richesse de la chirurgie anglaise ou allemande sous ce rapport.
En publiant ce recueil, nous nous sommes efforcé d'atteindre un double but : 1* exposer nos propres idées sur certaines questions ; 2** donner un compte rendu exact de nptre pratique. Nous l'avons divisé pour cela en deux parties :
La première contient nos leçons proprement dites. Nous avons choisi de préférence des sujets peu ou point connus; mais nous n'avons pas oublié pour cela que les développements dans lesquels nous avons dû entrer étaient les commentaires d'un fait que les élèves venaient d'observer sous nos yeux ; de sorte que, si par sa forme cette partie se rapproche un peu de l'enseignement théorique ordinaire, elle n'est au fond qu'un premier recueil de faits exposés d'une certaine façon et soigneusement analysés. Chaque leçon a eu pour sujet un malade de notre service, opéré lorsqu'il y avait lieu à l'une de nos séances du samedi. Nous avons discuté, en nous aidant de notre expérience et des observations publiées jusqu'ici, les différentes questions que l'on pouvait soulever à propos de chacun de ces cas. Mais nous nous sommes surtout attaché aux points pratiques par excellence, aux indications et aux contre-indications, aux meilleurs procédés, aux précautions à prendre s'il s'agissait d'une opération; au mode d'explo-
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ration le plus favorable, aux caractères vraiment pathognomoniques s'il s'agissait d'une question de diagnostic. Ces leçons ont été recueillies par M- le docteur Thomas avec une trèsgrande exactitude et im soin que nos lecteurs apprécieront.
La seconde partie est un simple catalogue d'observations. Nous avons tenu à honneur de rapporter toutes celles que nous avons pu réunir du l*' janvier 1874 au d*'*^ juin 1875. Une st<itistique, expurgée pour la plus grande gloire du chirurgien qui la publie, est plus nuisible qu'utile. Gomme nous ne pouvions accomplir seul cette tâche, nous avons réclamé le concours de deux de nos élèves assidus, MM. Raoult et Cousin. Malgré la bonne volonté qu'ils ont apportée dans ce travail, ils n'ont pu éviter de laisser çà et là quelques imperfections. Des observations intéressantes n'ont pas été recueillies, parce que les malades n'ont fait qu'un séjour trop court dans nos salles ; d'autres ne sont pas aussi complètes qu'on pourrait le désirei-. Ces dernières pourtant nous ont paru présenter un intérêt suffisant pour qu'elles pussent être livrées à la publicité. Dans tous les cas, nous espérons que nos lecteurs ne nous tieiidronl pas rigueur de ces défauts et qu'ils voudront bien se rappelé que la lâche était lourde et complètement nouvelle. N( travaux ultérieurs exécutés d'après le même plan présentero les avantages de celui-ci et seront exempts de la \Au^ ^na' partie de ses défauts. Nous espérons bien du restc^ (|ne confrères des hôpitaux de Paris et de la province nous suiv dans cette voie et publieront tous la statistique de leur pra' Plus les travaux de ce genre seront nombreux, plus la y gagnera. C'est ainsi que la chirurçie française de notr prendra sans conteste le rang auquel elle a lé}.nli' droit.
* —^vora encore dans notre seconde partie