VI
CONTL'SIO.NS ET PLAIES CONTTSES
D«ins ce paraj^n-aphe sont comprises des lésions très-diverses au point de vu(^ de leur étendue et de la gravité de leur pronostic, car nous avons cru devoir réunir ici les contusions simples el les plaies contuses. Nous mentionnons d'abord les contusions simples en suivant les régions, puis nous arrivons aux plaies contuses placées toujours d'après le même ordre.
Cette dis|)osition a mis en évidence ces deux faits : V que dans les régions protégées contre hîs chocs extérieurs, comme h) tronc et surtout le pied, les contusions sont plus communes que les plaies; 2° qu'il est très-rare qu'un traumatisme atteigne un point du corps habituellement découvert, comme la face ou h main, sans léser tout d'abord les téguments. Ainsi nous n*avons pas eu à (enregistrer une seule |)laie contuse du tronc, tandis que douze malades ont été soignés pour contusions des membres. Au membre» supérieur, on a trouvé neuf plaies, dont quelques-unes suivies (raccidenls graves. Au membre inférieur, on en a noté onze ; ce qui semblerait démontrer que les plaies du membre inférieur sont aussi fréquentes que celles du membre supérieur. Toutefois si nous recherchons le nombre de traumatismes qu'ont supportés les dcMix régions, nous verrons qu'il est plus considérable dans la seconde que dans la première.
En eiïet, nous n\ivons noté (|ue cinq contusions simples do nKMubre supérieur. Au membn» inférieur, au contraire, nous trouvons dix contusions dont deux intéressîint les parties profondes et trois suivies de complications. En somme, sur vinjîl
CONTUSIONS ET PLAIES CONTrSES. 203
et un traumalismesdu membre inférieur, la peau a été épargnée dans dix cas, c'est-à-dire presque une fois sur deux. Au membre supérieur elle ne Ta été que cinq fois sur quinze.
La proportion fournie par les observations relatives à la tête est la même que celle du membre supérieur ; on a eu à traiter quatre contusions pour douze plaies. •
Nous pouvons du reste mettre mieux en évidence ces données statistiques en les réunissant dans un même tableau :
TaMeaa eomparallf des eontanloiiM et de* plaie* eontanea.
/ Tète i simples 0
I ( avec complications i
superficielles. . \ Tronc , . , .\ ^'"T*!^ ' ' iV rï S
t '^ V t avec complications z
I I sunérienr ( simples 5
Membres.. ( ^ avec complications. . 0
Contusions ' inférieur ^'"'P'** •••,•.••;. '!
I [ ( avec complications. . 1
/Tête (Simples.. . . 0
I [ avec complications 0
P™fo"J« Tronc .... |!;^«''«-p^^^^^^^^^^^ «
/ ' • V simples 0
( Membres. r"^™-UvecWations.. 0
) inférieur simples..... 0
V ( avec complications . . 1
/ Tète ^ simples 8
I { avec complications 4
superficielles.. Tronc... t^Zm^cati^^r^:::.::.:.::: 0
\ i supérieur 1*""?'"^ •••,:••.•■ '*
,„,. 'Membres.. ^ avec complications . . 1
Waies ' i inférieur *""P'e* <'
contuses j ' ' ( avec complications . . I)
TAie * simples 0
. ( avec complications 0
profondes \ Tronc . . . . ( ^'"tP'^LnW;.;- n
^ \ i avec complications 0
/ /.supérieur p""P'«*- ••,:••.: ?
• Membres.. i i avec complications . . 1
inférieur j amples.. 4
^ i avec complications . . 1
TOTAI 5«
Comme on peut le voir par ce tableau, les contusions ont été accompagnées aussi fréquemment de complications que les plaies elles-mêmes. Nous trouvons en effet cinq accidents pri-
fs, dont la plupart doivent rire mis sur h compte de îadouj leur, et un accident tardif; ce sont :
1* Troubles gaslro-inlestiDanx
2" DjTBpnée mécanique
3* Hyperesthésic de la partie conluae el
le membre inférieur
■i° ÉpaDcheaii-nt sanguin
5» Lymphangite
Les trois premières complications se sont présentées dans d larges contusions du tronc ; la seconde Ht croire un moment it une fracture de côte. (Voy. obs. XXXIV.) La dyspnée disjwrui avec la douleur qui l'occasionnait an bout de (luarante-huil heures.
L'épanchement sanguin primitif fui produit d'une manièfo assez singulière : la itialade ayant été renversée par une lourde voiture, la contusion ent pour cause une pression Ir^s-fortc contre un seau de bois (jii'elle portail h la main (voy. observation LIV). Ce fut d'ailliMns la seule complication primitive qui réclama un Iraifemcnt particulier (passage d'tm tube à drainage) ; toutes les antres disparurent soit par le repos, 1rs bains généraux, etc.
Les complications des plairs ne furent pas pitis nombreuses; on on trouva sis; encore, deux se sont-elles présentées chez le même malade ; un phlegmon de la jambe et plus tard un érv?ipéle. On n'a eu affaire qu'à un seul accident primitif, une pt-rle de connaissance h la suite d'une chute de voilure. Comme il s'agissait d'une plaie superficielle, la guérison survint s combre.
Voici du reste l'éiinmcralion de ces complications :
Perte du cnnuiLi^siiiici' uprùx rHcciili^iil. .
Ërysipélos X
Accidents ti'latii'gui's
Un des phlegmons lui consécutif îiime plaie i par un coup de pied de cheval. Les parti*
'iut saits <t^^^
CONTUSlOiNS 205
profondément intéressées, et le tibia presque dénudé dans une petite étendue ; malgré cela, on réunit la plaie en ville par trois lils métalliques. Au bout de quatre jours survint un phlegmon qui obligea d^cnlever les points de- suture, de placer un tube à drainage, et de faire plusieurs débridements. La convalescence approchait lorsque apparut un érysipèle; le malade guérit néanmoins. (Vov. obs. LXXVII.)
Un accident de môme nature produisit également une plaie contuse du mollet chez un individu que son état général semblait tout spécialement prédisposer aux complications. C'était un scrofuleux qui, au moment de son entrée dans nos salles, avait une tumeur ganglionnaire du cou en pleine suppuration. Contrairement k nos prévisions, il guérit avec la plus grande facilité.
L'enfant qui fait le sujet de l'observation LXXII est également fort intéressant. La guérison survint chez lui, malgré un épouvantable écrasement de la main, et des accidents tétaniques graves.
Si maintenant nous jetons un coup d'œil sur la nature des causes, nous trouverons que treize plaies et contusions ont été produites par des roues de voiture, dix-huit par une chute le plus souvent d'une certaine hauteur, dix-sept par le choc de corps de différente nature et de différent poids tombés de plusieurs mètres, huit par coup de pied de cheval.
Les traitements ont été différents, suivant la région, la profondeur de la plaie et l'intensité de la douleur. Ils ne peuvent guère donner lieu à une comparaison. Nous commençons par les contusions simples et nous terminons ce chapitre par les plaies contuses.