‹ Leçons de flore (volume 2)Chapitre 37 sur 82 · Anomales Jlcus · texte numérisé non relu

Anomales Jlcus

D'après cet exposé , il est facile de reconnaître que , malgré le Lut de l'auteur, cette méthode est loin d'offrir des rappiochemens naturels, excepté dans sept ou huit classes : elle a été cependant adoptée par Sloane, dans son Histoire des plantes de la J amàique ; par Petiver, dans son Herhaiium hritamdcum; par Martyn , dans son Methodus plantarum circa cantabrig, etc., par Dillen, dans son Synopsis slirpiiun hiitannicarum ^ etc.

Plusieurs autres botanistes très-distingués , la plupart contemporains de Tournefort, convaincus de la nécessité d'établir une méthode générale poiu* la distribution des plantes , s'en sont occupés par des travaux et avec une constance louables, tels que Hermann, Pvivin, Boerhaave, Knaut, Ruppius, Pontedera, Ludwig , Haller, etc.; mais, faute d'avoir suivi la marche de la nature, il n'est résulté, de leurs efforts, que des méthodes défectneuses, détruites les unes par les autres, et qui ont subi le sort commun a la plupart des systèmes fondés sur des principes arbitraires : il faut en excepter la méthode de Tournefort et le système sexuel de Linné, la première encore employée aujourd hui dans plusieurs jardins de botanique, avec quelques modifications ; le second , généralement adopté par tous ceux qui ont trouvé trop de diilîcultés, pour la pratique, dans la distribution des plantes en familles naturelles ^ malgré sa supériorité sur toute méthode artificielle. Je n'en dirai rien ici, me réservant d'en présenter l'analyse a la fin de ce volume, ainsi que l'explication des méthodes de Tournefort et de Linné. jNous ne devons pas oublier que Magnol, célèbre

professeur de botanique à Montpellier, fit de louables efforts pour réunir les plantes en familles naturelles, basées sur d'excellens principes, mais dont il ne fit pas toujours une application très-heureuse, telle que celle, par exemple, d avoir séparé les liejbes des arbres et des arbrisseaux. De nos jours, Adanson publia des Familles naturelles . disposées dans un ordre qu'il regardait comme a l'abri de toute idée systématique : il faisait consister la méthode naturelle dans la disposition de ces familles, en une série ou gradation fondée sur tous les rapports possibles de ressemblance, ce Mais cette gradation, qu'il admet, est-elle autre chose qu'un système , dit M. Mirbel? Si Ton examine le règne végétal , on voit que souvent les mêmes plantes, selon le jour lîOus lequel on les considère, se rapprochent ou s'éloignent par luie multitude de points; qu'il n'existe pas de chaîne principale, mais de nombreux chaînons, qui se ramifient, se croisent, reviennent sur eux-mêmes, forment un lacis inextricable; et qu'enfin, quelle que soit la direction que l'on suive , on ne trouve jamais cette série continue dont parle Adanson. » Au reste, les Familles des plantes d'Adanson seront toujours un des plus savans ouvrages qui aient été publiés sur la botanique. Il n'est pas autant consulté qu'il devrait l'être : il est vrai que lui-même y a mis obstacle, en changeant les noms d'un très-grand nombre de genres, et n'ayant point, d'après ses propres principes, établi de caractères assez simples, ni assez précis pour fixer les limites de chaque famille, et les circonscrire d'une manière distincte.

Dès que les méthodes furent inventées, et que, basées sur de meilleurs principes, elles eurent éclairé et frayé le chemin qui devait conduire à la connaissance des plantes , dès lors leur étude devint une véritable science : les beaux phénomènes de la nature dans la production des végétaux réveillèrent la curiosité, et frappèrent les esprits d'étonneraent et d'admiration. On reconnut que l'étude des plantes pouvait procurer bien d'autres jouissances que celles que l'on y attachait, en n'y recherchant que des remèdes ou les secrets du charlatanisme. Devenue plus facile, elle fut aussi beaucoup plus cultivée : Tournefort l'avait rendue aimable ^ en établissant la distribution de ses classes sur les parties les plus brillantes des fleurs, sur les formes élégantes de la eo^

( 45 ) lolle. Les amateurs de cette science devinrent encore plus nombreux lorsque Linné eut publié ses immortels ouvrages. Mais les jouissances de cette étude semblaieut être réservées particulièrement a ceux-là seuls qui connaissaient la langue latine, les ouvrages élémentaires étant presque tous écrits en cette langue. Il nous manquait un bon ouvrage français : le premier, et sans contredit le plus utile sur cette partie, fut publié en 1 778 , par M. de Lamarck, sous le nom de Flore française. A Tavantage d'offrir un livre a la portée de tous les lecteurs, cet ouvrage réunit encore celui de présenter les végétaux disposés d'après une méthode telle, qu'il n'est point de plante indigène de la France que l'élève le plus novice ne puisse déterminer presque dès ses premiers pas dans cette carrière.

, Cette méthode , sous le nom de méthode analytique , consiste à conduire Péiève, en quelque sorte pas à pas, jusqu'au nom de la plante qu'il veut connaître, en lui présentant d'abord deux caractères tellement opposés, qu'il est forcé, d'après la plante qu'il a sous les yeux , d'admettre l'un et de rejeter l'autre : celui qu'il retient éprouve une nouvelle division^ qui exige la même opération , tellement qu'étant toujours obligé de choisir entre deux caractères opposés, l'élève arrive enfin a une dernière division, dans laquelle le caractère retenu amène le nom de la plante que l'on cherche ; mais, pour y arriver, il a fallu faire l'analyse de presque toutes les parties de la plante. Ce travail, dès que l'on est parvenu a comprendre les principaux termes de l'art, n'offre rien que de facile et d'agréable : c'est un exercice d'autant plus séduisant, qu'il flatte l'amour- propre par le plaisir de découvrir, par soi-même et en peu d'instans, le nom d'une plante observée pour la première fois. Pour donner un exemple de la marche à suivre dans cette méthode , je suppose que la plante que je veux connaître soit le pas^ot : voici comment je procéderai, en allant de division en division, n'en admettant qu'une seule a chaque coupe ou dichotomie. Celle qu'il faut rejeter est ici en caractères italiques :

Fleurs distinctes. i Fleurs conjointes. t Fleurs unisexuelles.

Fleurs indistinctes. \ Fleurs disjointes. ( Fleurs bisexuelles.

Fleurs pétalées.

Fleurs non pctalées.

Oa aire dans la corolle.

Ouaire sous la corolle.

Fleurs complettcs.

Fleurs incomplettes.

Pétales insérés sur le calice.

Pétales non insérés sur le calice.

Dix étamines ou moins.

Onze étamines ou plus.

Etamines réunies en un seul faisceau.

Etamines libres, non réunies.

Corolle régulit;re.

Ovaire sessile.

Oi^aire pédoncule.

Quatre pétales.

Plus de quatre pétales.

€ Un seul ovaire très-simple.

( Oi^aires nombreux et ramassés,

( Ouaire chargé de style.

t Ovaire privé de style.

! Calice de deux feuilles.

Calice de quatre feuilles.

Stigmate à deux ou trois dii^isions.

Stigmate à plateau rayonné , à plus de trois divisions.

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