RESUME
Des principales idées émises dans cette ICONOGRAPHIE VÉGÉTALE.
i°. 1 N compliquant les ê^res vivans, la nature ne fait que surajouter, de ^intérieur à l'extérieur , des choses doua elles à celles déjà créées.
Une seuie cellule poreuse constitue l'être -végéta! le plus simple; deux, trois, quatre, cinq de ces cellules, posées bout à bout en une série, le compliquent : plusieurs de ces séries , placées côte à côte, et dont les cellu es qui les composent alternent sans cesse entre elles, forment le végétal simplement iaminé.
Un certain nombre de ces lames, appliquées les unes sur les autres r offrent cette masse de tissu cellulaire qui fait la base organique des végétaux les dIus compliqués.
Ceite masse de tissu c^l'u'aire, semblable à une cire molle, en se modelant, à -'extérieur, sous mille formes différentes, produit ces nombreux végétaux que l'on nomme champignons, a!gues de terre et de mer, et auxquels j'ai donné e nom d\cxifèr es, parce qu'ils sont encore bornés
aux axes.
Parmi ces végétaux ax(feres ou de première formation, les plus simples naiss nt immédiatement de !a matière en dissolution, et les plus compliqués donnent naissance, dans l'intérieur de leur masse cellulaire, à des cor (S reproducteurs simples, nus ou tuniques, épais ou agglomérés.
A ces v égé aux succèdent ceux qui composent ma dn ision des appendi- Cuiaites ,-de l'axe qui compose l'organisation entière d saxif*res, s'échappent, par exfoliaiion du tube vnant d s appendiculaires, des organes presque toujours laminés, rayonn. ns identiques : tels sont les cotylédons, les écaii!es, les feuilles, les bractées, les calices, les corolles, les étamines h s phycosèmes , les feuilles ovariennes, Tarille et la fuille ovulaire. D. s nœnds-viiaux ou conceptacles des embryons-fixes, accompagnés et protégés par les organes appendi ulaires ; deux autres moyens de reproduction, l'embryon fixe et l'cnibîTon- graine, et l'agrégation commune de plusieurs êlres par le moyen clés bourgeons, forment les principaux caractères qui distinguent nettement les t egétaux appendiculaira des ^é^éiaux o.rijeres.
2°. Deux systèmes t< bu^aires, posés base à b^se, l'un terrestre et l'autre aérien, distincts par une ligne médiane horizontale, constituent le plus grand nombre des êtres végétaux. Ces deux systèmes, dans lesquels l'accroissement se fait en sens inverse , seraient parfait ment égaux et le * égéial serait ; a faiiement symétrique, s'ils pouvaient, comme ceux des animaux, se développer librement dc.ns le même milieu.
Du seul bes .in qu'éprouve le végétal d'avoir l'un de ses systèmes fixé da - i soi. naît c tte différ née que l'on remarque dans la direction des lign s médianes, dont Tune, celle du végétal, est horizontale, et l'autre, celle de l'animal, est verticale.
Le système terrestre du végétal, considéré sur toute la chaîne, décroît et se léduit à rien à mesure que Ton descend d-, s plus composés aux plus simples; il est toujours dépourvu d'organes appendiculaires : le défaut de lumière en est la seule cause. Des nœuds-vitaux., toujours alternes, donnent naissance à des embryons-fixes (chevelu), et des embryonslatens, répandus dans tout le tissu cedulaire vivant, forment ce système appauvri qui représente, pour ainsi dire, en cet état, un végétal axiière.
Le système aérien plus fa\orisé, joint aux embryons-iatens, aux nœuds vitaux et aux embryons- fixes qui en émanent, le développement des embryons-graines et de ces organes appendiculaires qui ornent et vêtissent tout a la fois cette partie supérieure du végétal.
La couleur verte appartient à ce seul système.
En suivant Taxe aéritn, on voit qu'ij se divise en un grand nombre d'articles distincis par le plus ou le moins d'écartem^ns que produisent entre eux les nœuds-vit.mx : ceux de ces articles qui séparent les cotylédons des feuilles primordiales, l'écaillé d'une autre écaiile dans le bourgeon, une bractée d'une bractée, celle ci du calice, le calice de la corolle, la corol'e de l'étamine, l'éiamine de la feuille ovarienne, et enfin, celle-ci de la f-uille ovulaire, sont ordinairement très-courts ou nuls, les uns par faiblesse et les autres par épuisement du végétal.
La plupart de ces articles ont é;é méconnus : celui qui sépare, dans certain cas, l'insertion des cotylédons du point de la ligne méJiane, a reçu, sans nécessité , le nom de libelle. On a nommé gynophore celui qui écarte quelquefois Tétamine de la feuille ovarienne; cordon ombilical, celui placé entre la feuille ovarienne et la feuille ovulaire; et enfin on a vu le raphé ou vasiducte et la chalaze dans un dernier effort de la végétation.
3°. Le nœud-vital est un organe qui appartient aux seuls végétaux compris dans ma seconde div ision , les appendiculaires : cet organe , qui sert de conceptacle aux embryons-fixes (bourgeons), et qui devient la source, par répétition, de ces nombreux êtres agrégés dont se compose la masse des systèmes terrestre et aérien d'un grand arbre, existe également sur les deux systèmes que nous venons de nommer, à l'exception que leur disposition sur les rameaux terrestres est constamment alterne; qu'ils y sont dépourvus d'organes appendiculaires , tandis que ceux des rameaux aérieus, toujours ou presque toujours bordés et protégés par une feuille plus ou moins développée, sont tautôt alternes sur deux côtés, tantôt alternes en spirale, et tantôt opposés par couple ou opposés par verticille.
L'embryon-fixe, soit du système terrestre, soit du système aérien, est un être tout aussi distinct que l'embryon- graine; l'un et l'autre sont également destinés à la propagation de .'espèce, et l'un et l'autre sont une répétition successive de la mère commune qui leur donne naissance. Ces deux sortes d'embryons, que l'on doit considérer en qualité de frères: émanent directement de la plante-mère; mais l'un, l'einbryon-fixe, en se développant, reste fixé sur le point qui l'a vu naître , tandis que l'autre, Tembryon-graine, destiné à s'en détacher, va au loin établir une nouvelle agrégation. Une ligne médiane horizontale, particulière à chacun de ces embryons, établit, mathématiquement, les deux systèmes d'organes qui les constituent. On sait déjà que j'ai nommé systèmes terrestre et aérien ceux des embryons-graines dont i'un puise sa nourriture dans le sol et l'autre dans l'atmosphère; mais je sens que, pour être entendu dans quelques détails où je vais entrer , ces dénominations doivent changer en parlant de ceux dont se composent les embryons-fixes destinés à déveiopper leur agrégation sur la plante-mère, et à étendre i'un de leurs systèmes
entre le tube cortical vivant et le bois. Ainsi, je nommerai dans cesêlres.. soit qu'ils appartiennent aux rameaux terrestres ou aux rameaux aériens de l'agrégation commune, celui, de leurs systèmes, qui se développe eu dehors, Je sys;ème extérieur, et celui qui s'allonge entre l'écorce et le bois, le système intérieur.
accroissement en diamètre des végétaux appendiculaires et agrégés par le moyen du prolongement f en sens inverse, du système intérieur et fibreux des embryonsfixes des rameaux terrestres et aériens.
De celte première connaissance que les végétaux, pour la plupart, se composent de deux systèmes d'organes pour ainsi dire accolés base à base ; systèmes qui, comme on le sait déjà, seraient parfaitement égaux, s'il entrait dans la nature de l'être végétal de pouvoir les développer dans le même milieu , en découle une autre presque aussi importante : c'est celle relative à l'accroissement en diamètre des végétaux. Pour peu que l'on jette un coup d'œil général sur tout le Tableau du règne végétal, on est de suite saisi de cette vérité : Que plus l'agrégation commune d'un arbre se compose d'un plus grand nombre d'embryons- fixes développés en rameaux, plus le diamètre de son tronc principal et des branches qui en émanent est considérable ; qu'en supprimant, à mesure qu'ils paraissent, les, embryons-fixes situés à l'aisselie des feuilles, on obtient un individu grêle, qui s'alionge d'autant plus, qu'il ne grossit point; et qu'enfin les végétaux monocotylédons, bien moins agrégés (rameux) que les dicoiylédons, augmentent peu ou point en diamètre.
Il résuite de cette observation générale, sur laquelle je suis obligé de passer rapidement dans cet ouvrage, mais que je développerai sous peu à l'aide d'un grand nombre de figures et d'observations particulières, faites pendant mon séjour à Saint-Domingue, que l'accroissement en dia • mètre des végétaux agrégés, soit de leur système terrestre, soit de leur système aérien, a lieu par le moyen de l'allongement en sens inverse du sysième intérieur des embryons-fixes, à mesure qu'ils développent l'autre de leur système a l'ex.érieur.
L'objet le plus important de cette nouvelle théorie, et celui qu'il ne faut pas perdre un instant de vue, est qu'un végétal appendiculaire n'est point un être simple ou même une agrégation d'êtres simples; que ses racines ne sont point comparables aux membres inférieurs de i*iiomme, et ses rameaux aériens à la tête et aux membres antérieurs; mais que, comme l'homme et tant d'autres animaux, le végétai se compose de deux systèmes d'organes; systèmes inaperçus jusqu'à ce jour, probablement à cause de leur situation différente de'ceux des animaux, et de cette grande inégalité qu'ils offrent dans leur développement.
En admettant, i°. l'existence bien réelle des deux systèmes qui, par leur réunion, constituent l'être végétal; 2°. que ces embryons-fixes qui forment, par répétition , ces systèmes, croissent et rayonnent en sens inverse et en s'éloignant de la ligne médiane, il résultera encore, de cette nouvelle observation, que le système intérieur -des embryons-fixes des branches d'une part, et le sysième intérieur des embryons-fixes des racines de l'autre, en s'allor géant en sens contraire de celui qui se développe au dehors, le système intérieur de l'einbryon-fixe d'une racine s'élèvera, entre le bois et l'écorce, vers la ligne médiane, tandis que le
même système de l'cmbryon-fixe d'une branche se dirigera en descendant sur ce même point.
Je n'ai pas besoin de dire que rallongement des systèmes extérieur et intérieur a lieu aux mêmes époques; mais ce qu'il est important de bien faire sentir, c'est l'extrême différence que présentent ces deux systèmes dans les embryons-fixes. L'intérieur privé de lumière, foicé de s'étendre entre le bois et l'écorce qui le pressent de toute part , s'étiole en longues fibres nombreuses et très-déliées. Ces fibres, en se rencontrant souvent dans leur marche, se croisent, s'entre-greffent, et produisent, de cette aorte, ces couches concentriques et additionnelles qui se renouvellent chaque année et qui augmentent le diamètre des "végétaux agrégés.
On a vu que le travail intérieur de ces couches concentriques, qui augmente le diamètre des systèmes terrestre et aétien du "végétal appendiculaire, se fait en sens inverse ; que chacun de ces systèmes, pour ainsi dire indépendant l'un de l'autre, produit le sien par les mêmes moyens ; que la rencontre des deux couches, vers le point commun deia ligne médiane, est le seul obstacle qui les empêche de s'étendre beaucoup au-delà de ce point ; mais que pourtant il est assez probable qu'arrivées là elles s'y croisent plus ou moins, et occasionent, en cette partie, le diamètre le plus considérable du végétal.
Le besoin d'assurer mon indépendance m'a fait ajourner, depuis mon retour de Saint-Domingue, la publication de cette nouvelle théorie, dans une partie de laquelle j'ai été devancé par M. Dupetit-Thouars.
Je dis dans une partie seulement, parce que l'excellent observateur que je viens de citer, en n'admettant qu'un seul système dans le végétal, et en ne considérant la partie terrestre que comme une simple continuité de celle de l'air, au iieu de voir, dans chacune de ces parties, un système bien distinct, et dans lequel le travail de l'accroissement, soit en longueur, soit en diamètre, se fait en sens inverse et d'une manière fout à fait indépendante, il en résulte que sa théorie, très-fondée en elle-même, mais établie sur de mauvaises bases, par faute de la connaissance organique des deux svsièmesdont nous venons de parler, chancela dès ses premiers pas, trouva dans chaque homme un contradicteur et des objections que, bien certainement, l'auteur ne pouvait lever.
Cette théorie est plus simple que la mienne; mais elle a le défaut de ne pouvoir se soutenir qu'en partie. Selon son auteur, les fibres radicales du système iuféri. ur ' des embryons-fixes des branches aériennes, seulement, en descendant entre l'écorce et le bois, depuis le point axiliaire où ces embryons naissent jusqu'aux extrémités des racines, s'anastomosent en chemin, et forment , à elles seules et par continuité , cette couche concentrique qui augmente le diamètre des systèmes terrestre et aérien du végétal.
Rien n'était plus aisé, en effet, que d'opposer à cette théorie un grand nombre d'objections toutes plus insurmontables les unes que les autres.
L'une de ces objections était conçue ainsi : S'il est vrai que ce soit par le prolongement, entre l'écorce et le bois , de fibres radicales qui s'échappent de la partie inférieure des bourgeons ou embryons-Jixes , à mesure que ces embryons prennent de l'accroissement dans l'atmosphère , que se jbrment les couches concentriques et additionnelles qui augmentent le diamètre du tronc et des branches aériennes et terrestres , comment, dans le cas ou l'on associe deux individus d'espèces différentes par le moyen de la greffe en fente, et qu'en grossissant l'un et l'autre, la fibre du supé-
1 On doit se rappeler que j'ai nommé ce système, qui s'étend entre le bois et l'écorce, système intérieur.
rieur, souvent d'une couleur rouge par opposition à celle de l'inférieur qui peut être blanche, en ne se prolongeant jamais au-delà du point de la greffe, peut-elle contribuer à l'augmentation en diamètre de l'individu placé au-dessous ?
Par la théorie incomplette de M. Dupetit-Thomrs, cette objection clait. i surmontable : elle devait l'arrêter, et empêcher que cette belle observation, sur l'augmentation en diamètre des végétaux, ne fut admise. Par la mienne, contre laquelle on apportera peut-être d'autres objections, on doit déjà pressentir que j'aurais répondu : Puisque le travail des accroissemens, soit en longueur, soit en diamètre, se faisait en sens inverse et d'une manièio, tout à fait indépendante dans les systèmes terrestre et aérien qui constituent le végétal ag'égé, qu'il était tout naturel que des individus ainsi acco'és n'eussent entre eux de commun que la sève, et que les fibres radicales des embryons-fixes et terrestres de l'individu inférieur, etceilesdes embryons-fixes et aériens de l'individu supérieur, tout en augmentant, par leur prolongement entre Técorce et le bois, le diamètre seulement de l'être dont chacun de ces embryons faisait partie, s'arrêtassent juste au point de la greffe qui devenait, pour elles, un obstacle insurmontable.
C'est, encore par cette nouvelle théorie, née, comme on l'a vu, de la connaissance de l'existence de deux systèmes distincts dans le végétal, que l'on explique comment il se fait que deux individus d'inégale- forces, continuent, quoique greffés, de conserver le diamètre naturel à l'espèce à laquelle chacun d'eux appartient, comme cela s'observe dans le marronnier , toujours plus gros que le pavia , avec lequel , par le moyen de la greffe, on l'associe quelquefois.
4d . Le végétal appendiculaire agrégé possède trois moyens de reproduction très-distincts, les embryons-latens répandus dans toutes les parties du tissu cellulaire vivant, les embryons-fixes situés en des points déterminés, et les embryons-graines toujours terminaux.
Lps embryons-latens, le seul moyen de reproduction des végétaux axifères, ne se développent jamais naturellement au dehors : ils exigent, dans leur voisinage, la désorganisation du tissu dans lequel ils sont confusément répandus.
Les embryons-fixes prennent naissance dans les nœuds-vitaux qui leur servent de conceptacles; ils se développent naturellement, sont destinés à rester fixés sur la plante-mère, et à former, par répélition, cette agrégation d'êires qui constituent la masse terrestre et aérienne des giands végétaux.
L^s embryons-latens et les embryons-fixes produisent , dans leur développement, les modifications suivantes, le scion de continuité, le scion roselé, le scion-fleur, le scion avorté (épine) et le scion bulbifère.
Les embryons-graines naissent immédiatement de la partie terminale de la mère;' desinés à s'en isoler et à aller plus loin établir une agrégation nouvelle, ils s'en détachent promptement, et vivent pour lors du fluide qui rem, lit le sac ovulaire qui leur sert de conceptacle.
Ces trots sortes de corps reproducteurs peuvent également se passer du secours de la fécondation.
5°. Point d'organes sexuels, conséquemment point de fécondation dans les végétaux. L'etnbn on- graine n'a point besoin de ce secours pour se développer. Le ristil . dans lequel on s'est imaginé -voir l'organe femelle, est un bourgeon en:ièrement analogue à celui qui se développe à l'aisselle des feuilles : une ou plusieurs feuilles soudées composent le pistil; la partie 'aminée de cette feuille, en se soudant de toute part, forme l'ovaire ; sa nervure médiane, lorsqu'elle se prolonge au-delà de la lame ,
est le style, et le sommet de celte nervure est le stigmate. A l'intérieur de cette feuille ovarienne, se développe une dernière feuille : elle constitue ie sac ovulaire, contient un fluide qui sert de nourriture à l'embryon, et en^eloj'pe ce dernier jusqu'au moment de la germination.
L'étamine est un pistil rudiraentaire , latéral, stérile par épuisement; le fiiet est l'analogue de cette partie qui supporte quelquefois ies ovaires terminaux, le gynophore ; Panthère est un -véritable ovaire assez souvent terminé par un prolongement analogue an style et au stigmate ' ; lesutricules polliniqnes son! des o\ ules stériles par avortement d:s embryons , et le fluide qu'ils contiennent est le même que cekii qui remplit l'ovule des ovaires terminaux..
Une feuille simple roulée sur sa face intérieure, ayant ses bords soudés de toute pari , el plus ou moins rentrant à l'imérieur, forme /ovaire : sa nervure médiane , le siyle et e stigmate.
Plusieurs de ces feuilles simples, ains> soudées, constituent les péricarpes composés.
Les | éncar, es articulés de plusieurs légumineuses sont le produit d'une feuilie pennée dont chaque paire de pennules ou folioles, en se soudant plus ou moins entre elles, forment les articles uniloculaircs et transversaux de ces sortes de péricarpes.
Cette observation sur la formation du péricarpe explique le sillon des fruits à noyau.
0°. Concevoir deux chemins différens pour le mouvement de la sève dans l'intérieur du végétal; admettre qu'elle monte, de l'extrémité des racines jusqu'à celle des rameaux aériens, par le centre du bois, et qu'elle descend par fécorce, me semblent être encore un reste de ces vieilles doctrines qui tendaient à nous faire croire que le tissu simple et intérieur qui forme la masse homogène de toutes les parties du végétal, se composait de valvules, de veines, d'artères, de muscles, de nerfs, etc.
La sève ne se porte que là où elle est appelée : le besoin qu'en éprouvent tour à tour les systèmes terrestre et aérien établit seul son mouvement, soit ascendant, soit descendant. Ces deux sortes de mouvement ayant toujours lieu dans l'épaisseur du tube vivant des deux systèmes du végétal, ne peuvent avoir lieu au même instant : ils sont comparables à ceux du fluide contenu dans le tube d'un baromètre; c'est-à-dire que la sève, parcourant un seul chemin, ne peut monter quand elle descend et descendre quand elle monte.
L'union et en même temps cette sorte d'indépendante dans laquelle vivent et croissent les systèmes terrestre et aérien d'un grand arbre; les secours de sève qu'ils s'envoient réciproquement, dans le cas de disette d'une part, et d'abondance de l'autre, me représentent, jusqu'à un certain point, deux populations voisines qui, dans des cas semblables, s'assistent mutuellement.
Je fiiis par dire , comme Labruyère : Si, après avoir médité avec attention cette Iconographie végétale, on n'en goûte point ies idées, je ni' eu étonne, et si on les goûte, je m'en étonne encore.
1 C"s deux parties sont tellement caractérisées au-dessus de la boîte anthénfère de plusieurs espèces de mimosa, observées par M. Kunth dans l'immense collection de M. de Humbold, que l'on croit voir l'ovaire, le style et le stigmate en tête d'une primulacée.