DEUXIÈME MOYEN
Par les embryons-Jîxes (du Petit-Thouars) ou bourgeons,
Corps reproducteurs non fécondés, nus ou écailîeux, ayant les nœuds-vitaux pour conceptacles , munis d'écaillés dont les extérieures sont comparables aux cotylédons des embryons-graines, naissant successivement les uns des autres, et formant, par répétition, cette aggrégation d'êtres qui composent la masse générale d'un grand arbre. Ces embryonsfixes, latéraux ou terminaux offrent quelquefois, dans leur première élongation , une tigelle semblable a celle des embryons libres et fécondés; leur ligne médiane horizontale est marquée par le point qui les fixe au nœud-vital : au-dessous de ce point, qui est, pour ces sortes d'êtres, ce qu'est la surface du sol aux embryons-fécondes, se développent des productions radicales, qui, cherchant l'ombre et l'humidité, descendent entre l'écorce et le bois, où, à l'aide du cambium, elles s'y anastomosent, et y forment ces nouvelles couches ligneuses et concentriques, qui augmentent, par leur superposition, les végétaux en diamètre.
Les embryons-fixes ne se détachent jamais naturellement de Paggrégation à laquelle ils appartiennent : il faut que la main de l'homme ou un accident les en isoleni, pour qu'ils puissent aller au loin en former une nouvelle.
L'apparition des nœuds-vitaux et des embryons- fixes qui en émanent est en rapport avec la présence des sexes, et
forme en même temps le caractère qui distingue , aussi naturellement que possible, les végétaux axifères des végétaux appe ndicula ires.
Ces embryons de seconde formation, presque toujours protégés par la feuille qui leur sert d'enveloppe involuciale, se composent des systèmes axifère et appendiculaire, et se présentent, dans leur développement, sous les formes suivantes : en scion allongé, a ; en scion roselé, &, lorsque son axe ne produit que des feuilles et des bourgeons, en scion avorté, c, quand il se termine promptement en une pointe acérée (épine); en scion bulbifère dans quelques liiiacées; en scion terminé, d (fleur), quand, a son extrémité, ii naît une spongiole stigmatique; qu'au-dessous du stigmate il devient lacuneux par dilatation; que, dans celte lacune ou loge, il se développe des embryons-libres et tuniques, et qu'enfin il produit autour de Taxe, au lieu de feuilles, des organes analogues, qu'on a nommés involucres, calices, corolles, étamines et phycostèmes.