‹ Leçons de floreChapitre 29 sur 115 · ORGANES APPENDICULAIRES · texte numérisé non relu

ORGANES APPENDICULAIRES

Feuilles.

Ces organes, ordinairement laminés, servent d'abord h protéger l'enfance des rameaux et des fleurs qu'ils contiennent dans leur aisselle, et ensuite à pomper dans l'atmosphère les fluides nécessaires a l'entretien du végétal, dont ils sont en même temps la parure la plus durable.

Le caractère essentiel de la feuille, comme organe appendiculaire, et que personne n'a encore présenté, consiste dans sa situation relative sur l'axe du végétal. Ainsi, toute partie qui n'appartient point au rameau-fleur, le plus souvent articulaire; quelles que soient ses dimensions, sa forme, sa figure et sa consistance; qui borde la partie extérieure d'un nœud-vital, est une feuille.

Les feuilles remplissant dans l'air les mêmes fonctions que le chevelu dans le sein de la terre, on peut dire de celui-ci qu'il forme des feuilles souterraines, et de celles-là qu'elles sont des racines aériennes : toutefois, il est utile de se rappeler que ces deux parties n'ont d'analogie que dans leurs fonctions seulement.

La disposition des feuilles sur les tiges fournit des caractères plus importans que la présence ou l'absence de l'organe lui-même; car nous le voyous quelquefois disparaître, en allant de la base au sommet du végétal, tandis que les points d'insertion ou nœuds-vitaux, toujours bordés extérieure-

<8») ment par la base de la feuille, lorsqu'elle n'est pas avortée, sont invariables dans leurs dispositions. Ils présentent trois modes; savoir, alterne en spirale, alterne distique et opposé. Ces nœuds-vitaux sont la répétition de ceux que protègent les feuilles cotylédoiiaires de l'embryon.

Les nœuds-vitaux ne communiquent point avec la moelle ; ils <( Upent, au contraire, le canal médullaire en autant de compartimens , et donnent naissance aux rameaux.

Ceux-ci doivent être considérés comme une suite de nouveaux êtres dont se compose, par exemple, l'ensemble d'un grand arbre : ils ont un canal médullaire qui leur est propre , et qui ne s'abouche jamais avec celui de la tige sur laquelle ils ont pris naissance. Ils peuvent se présenter sous quatre aspects différens, je veux dire qu'ils peuvent être feuilles: auquel cas, ils contribuent a augmenter la masse commune de l'arbre; ou épineux, lorsqu'ils avortent; ou bulbifères , quand ils se montrent, a l'aisselle des feuilles de plusieurs plantes monoeotylédones, sous une forme plus ou moins spbérique '; ou enfin florifères , lorsqu'ils terminent la végétation ; mais alors ils contiennent dans des cavités ovariennes certains corps destinés à reproduire la plante-mère.

Les feuilles varient infiniment par leurs dimensions , leurs figures et par leurs formes. A l'égard de leurs dimensions, on voit les feuilles passer insensiblement par tous les degrés, quand on observe successivement les soies qui accompagnent extérieurement chaque fleur dans l'inflorescence compacte des sjrnanthérées , les bases péliolaires et écailîeuses (feuilles rudimentaires ) des asperges , des fragons > des xylophjlla et des cuscutes ; enfin les feuilles des bananiers , des palmiers

1 Les rameaux bulbifères, que Ton pourrait désigner par le nom cPembryons-bulbiferes. tienuent le milieu entre les emûryons-graines et les embryons-fixes (bourgeons). Comme ceux-ci, lVmbryon-bulbifère nait d'un nœui- vital et se compose également d'un axe très-court, autour duquel émanent des feuilles rudimentaires, écailîeuses, charnues, sit'iées alternat iv ment et en spirale; mais il se rapproche des embryonsgraines, en ce qu'il n'adhère que très-faiblement à la plante-mère; qu'il est, comme eux, destiné à s'en séparer naturellement, et à aller au loin donner naissance a un nouvel individu.

Si Ton examine ces embryons-mixles dans quelques îiliacées, comme, par exemple, ceux du lis tigré [liliurn tîgrinum), on y remarquera, comme je l'ai déjà dit en parlant de la disposition des feuilles écailîeuses des bourgeons, des plantes monocoty'édones, que la plus extérieure des écailles qui composent ce bourgeon est adossée à Taxe principal de la plante.

(B9 ) et de quelques espèces de magnoliers , qui ont plusieurs pieds d'étendue.

Quant a leurs figures , on voit les feuilles , depuis l'état de soie dont nous venons de parler, se compliquant sans cesse, offrir d'abord une lame simple en son bord, puis dentée, sinuée, multifide, et enfin composée et articulée. Les dénominations d'inférieure et de supérieure que l'on a données aux faces de la feuille , me paraissent vicieuses , en ce qu'elles ne s'accordent point avec la situation relative de cet organe ; celles d'extérieure et d'intérieure vaudraient mieux, puisqu'il est vrai de dire que ce que l'on a nommé face supérieure, est la partie qui, dans tous les organes appendicula ires, s'applique contre l'axe.

Disposition des feuilles. — Phyllodes , stipules.

i. atropa mandragore {atropa mandrttgora , Lin.).

Feuilles radicales, alternes en spirale, isolées. La tige de ces sortes de plantes ne consistant qu'en un cône, autour duquel naissent alternativement des nœuds-vitaux bordés de feuilles, on a dit, en s'arrêtant aux apparences extérieures, que ces plantes étaient acaules ou sans tige, et que conséquemment leurs feuilles étaient radicales.

2. cy très pyramidal (cupressus sempervirens , Lin.), Feuilles écailleuses, imbriquées, alternes en spirale, isolées.

3. garou {daphne gnidium, Lin.). Feuilles éparses, alternes en spirale, isolées.

4- saule hélix (salix hélix. Lin.). Feuilles alternes spiralées, isolées.

5. planera à fouilles crénelées (planera crejiata). Feuilles alternes distiques, isolées.

6. cymbidilm à fruits hérissés (cymbidium echinocarpony Swartz.). Feuilles alternes distiques, engainantes, isolées.

7. filaria à fouilles étroites (phillyrea angustifolia , Lin.). Feuilles opposées, croisées, associées par couple.

8. latjrier-rose (nerium oleander, Lin.). Feuilles opposées, ternées, associées par verticilie.

9. v alektia articulé (valcntia arliculata,\Àx\.). Feuilles opposées, quaternécs, associées par verticilie.

\o.ck\-LLT.i^\Tgratteron(galium aparine, Lin.). Feuilles opposées, associées verticillées.

Obs. On a remarqué que , dans Vaisselle des feuilles verticillées, il ne se développait que deux, rarement trois bourgeons.

ii. mllÈze d'Europe {larix Europœa, pinus larix f Lin.). Feuilles fasciculées, alternes en spirale, isolées.

Obs. Les feuilles fasciculées sont toujours le produit d'un rameau court et axillaire, autour de l'axe duquel se pressent et s'insèrent alternativement Tin plus ou moins grand nombre de feuilles. Ces sortes de productions que l'on remarque dans les mélèzes , dans les épine s -minette s , dans quelques espèces de peupliers , placées immédiatement au-dessus de la cicatrice produite par la feuille tombée , présentent la même composition que celle des plantes dites sans tiges (comparez les fig. 1 1 et i de ce Tableau ).

12. fragotî épineux (ruscus aculeatus. Lin.). Tronçon de tige présentant, en «, une feuille réduite a l'état rudimentaire, et, enbt un phrllode ou rameau aplati, foliacé, florifère.

Obs. Quelques espèces de ce genre produisent, dans l'aisselle de leurs feuilles rudimentaires, de grands rameaux foliacés, qui donnent naissance, vers leur milieu et du côté intérieur, a d'autres rameaux de même forme, plus petits, et accompagnés quelquefois d'une petite foliole.; enfin, ce singulier rameau florifère, qui a beaucoup de rapport avec celui des tilleuls , se termine par quelques fleurs qui naissent chacune dans l'aisselle d'une foliole particulière. Il faut bien se garder de confondre certains rameaux avec les feuilles : celles-ci, lorsqu'elles existent, sont toujours placées sur la partie la plus extérieure d'un nœud-vital ; et si , entre elles et la tige, quelque chose se développe , c'est toujours un bourgeon qui devient un rameau feuille ou florifère. Dans ce dernier cas, il peut être uniflore ou multiflore.

Les asperges, les xylophylla, les phjllantlius , le genre pachjnema de Rob. Brown, ne produisent que des feuilles rudimentaires, dans l'aisselle desquelles naissent des rameaux plus ou moins foliacés, que l'on prend à tort pour la feuille elle-même.

Pareille erreur aurait été commise a l'égard du tilleul: si les grandes feuilles cordiformes, que noua Jui connaissons,

(90 étaient réduites a une simple écaille, point de doute que la partie foliacée du rameau florifère, restant seule apparente, n'eût reçu, des botanistes, le nom de feuille.

Stipules.

i3. aubépine (mespilus oxyacantha , Lin.). Stipules caulinaires, foliacées, auriculaires, semi-lunulées, nervées et dentées.

i/f- méltànthus à larges feuille s (melianthus major. Lin.). Stipules caulinaires, subulées.

i5. gesse à larges feuilles (lathyrus latifolius , Lin.). Stipules caulinaires, foliacées, semi-sagittées, nervées, a bord entier.

16. rose h cent feuilles (rosa centifolia, Lin.). Stipules pétiolaires, marginales, innervées et dentées.

1 7 . PERhf caire amphibie (polygonum amphibium, Lin.). Stipules pétiolaires, engainantes ou vaginantes, ou tubuleuses, à bord entier.

Obs. Il est aisé de voir qu'en soudant les bords des stipules de la fig. 16 , on obtient le tube de la fig. 1 7 . C'est ainsi que la nature, dans la formation des êtres, se modifie sans cesse, et qu'en les compliquant elle ne fait qu'ajouter quelque chose de plus aux formes précédentes.

Les stipules caulinaires sont des feuilles distinctes, réduites à Fétat rudimentaire : elles indiquent sur les végétaux où elles se rencontrent une sorte de disposition à l'ordre ternaire lorsque les feuilles qu'elles accompagnent sont alternes, et à l'ordre verticillé lorsque, comme dans les rubiacées ligneuses, ces dernières sont opposées.

Les stipules pétiolaires sont une dépendance de la feuille et peuvent être considérées comme des pennuies.

Les prétendues stipules des rubiacées à feuilles opposées trouveront leur place parmi les feuilles.

Page 1