‹ Leçons de floreChapitre 37 sur 115 · châtaigne de au {trapu natans , Lin.). Feuilles · texte numérisé non relu

châtaigne de au {trapu natans , Lin.). Feuilles

(93) mixtes y aquatiles ou submergées, opposées; nervures médianes donnant naissance à un grand nombre de filamens alternes, capillaires, simples , et terminés par une spongiole : «, racines canlinaires développées, sur le nœud-vital, immédiatement au-dessous de l'insertion des deux feuilles mixtes. Qbs. Ces sortes de feuilles mixtes et laciniées, que produisent un grand nombre de plantes aquatiques, prouvent jusqu'à l'évidence que le développement des organes appendiculaires des végétaux est entièrement subordonné aux trois milieux, la terre, l'eau et l'air, dans lesquels les diverses parties du végétal croissent : ceux qui nous occupent, dépendant de l'élément intermédiaire, et conséquemment presque réduits au tissu vasculaire, établissent un passage entre les feuilles aériennes, généralement grandes et vertes, et les racines, qui, faute de lumière, sont absolument dépourvues d'organes appendiculaires. Les axes des racines, infiniment plus déliés et infiniment plus multipliés que ceux du système aérien, remplissent dans la terre, au moyen de leurs spongioîes, les mêmes fonctions que les feuilles dans l'air : les unes et les autres puisent la nourriture commune de l'aggrégation dans les deux milieux différens, dans lesquels elles sont situées, et, selon les circonstances environnantes, se font des prêts réciproques, la seule chose qui établisse, par le tube vivant et ses appendices seulement , la marche de la sève. Il ne faut point chercher sur le système terrestre des végétaux d'organes que l'on puisse comparer à ceux appendiculaires du système aérien : ceux-ci, ayant absolument besoin de la lumière pour se développer, avortent entièrement dès que les axes en sont privés, et le chevelu, que Ton a quelquefois considéré comme étant la feuille des racines, n'est tout simplement que des axes nouvellement développés \

1 UDe grande quantité de ces petits rameaux filiformes se dessèchent et se détachent, par troncature , des racines pendant l'hiver; le petit nombre de ceux qui persistent se développent en racines, et produisent ensuite, de leurs nœuds-vitaux, d'autres rameaux chevelus. Ce chevelu, dont le système terrestre des végétaux se dégage chaque année, représente, rigoureusement, ces ramii;es, bien moins nombreuses a la vérité, qui périssent et se détachent successivement de la masse aérienne.

La séparation , de la plupart des axes chevelus, de l'aggrégation commune , a fait croire qu'ils avaient de l'analogie avec les feuilles du système aérien, et que, comme elles, le chevelu se détachait par articulation, tandis que réellement il est un axe très-attéuué et dépourvu d'organes appendiculaires.

Les feuilles aquatiles, capillaires, forment, par leurs enroulemens dans les utriculaires, des bourgeons terminaux; et ici , comme dans tous les végétaux où Ton remarque ces productions mixtes, les filamens se terminent par une spongiole qui représente les glandules, mises a nu, que Ton observe assez généralement sur le bord des feuilles ou de leurs dentelures.

Ces organes ne sont, en effet, que les feuilles aériennes de la même plante, réduites au tissu vascnlaire. Pour peu que l'on compare les deux sortes de feuilles qu'offrent les renoncules aquatiques , on voit que leur situation relative sur la tige est la même; que le pétiole est également vaginant ; que les feuilles submergées se divisent d'abord en trois branches vasculaires, qui indiquent les principaux lobes des feuilles aériennes; et qu'ensuite ces mêmes branches se subdivisent, comme cela a lieu dans la lame des feuilles placées au-dessus. Rien de plus commun que de rencontrer, dans les lieux aquatiques desséchés, des renoncules dont les feuilles aquatiles et capillaires, exposées a l'air, sont devenues vertes et laminées, en même temps que, parmi les feuilles supérieures, il en est quelques-unes qui sont en partie lobées et en partie laciniées.

L'exemple le plus curieux de ces sortes de passages, entre les feuilles réduites aux nervures et les feuilles laminées, s'offre naturellement dans Yutricularia ceratophjlla. Cette jolie plante américaine présente, comme tontes ses congénères, des feuihes aquatiles, capillaires, utriculées et radicales, de l'aisselle de quelques-unes desquelles s'élèvent des hampes multiflores ; mais ce qu'il y a de très-remarquable, c'est que , indépendamment des feuilles rudimentaires qui accompagnent chaque fleur, ces hampes portent, vers leur milieu, une collerette élégante, formée par quatre ou six feuilles verticillées, dont la structure singulière est d'être laminées dans leur partie inférieure, c'est-à-dire composées, en cette partie, des tissus cellulaire et vasculaire, tandis que la supérieure, réduite au tissu vasculaire, est laciniée et capillaire.

6. saiiracÈine pourpre (sarracenia purpurea, Lin.). Feuille radicale, cuculliforme, a bords soudes : <7, pétiole dilaté et formant, par la soudure de ses bords, une sorte de petite outre qui se remplit d'eau, et qui sert quelquefois à désaltérer le vovageur j b1 lame de la feuille.

( ioo )

7. dionée, attrape-mouche {dionœa muscipula, Lin.). Feuilles radicales, eu pièges, bilobées, ciliées, irritables : a, pétiole dilaté a la manière de celui de l'oranger, a bords libres; b, lame de la feuille.

8. nepejnthes distillatoria. Feuille radicale, ascidiée (Mirb. ) : a, pétiole dilaté, à bords libres; Z>, lame de la feuille formant, par la soudure de ses bords, une espèce de vase surmonté d'un opercule, c. dont l'articulation est douée d'irritabilité.

Obs. Ces trois plantes, qui croissent dans des lieux humides, les deux premières dans l'Amérique septentrionale, et la troisième dans L'Inde, ne se rencontrant, à l'exemple des hommes et de quelques autres animaux, que rassemblées par tribus sur certains points, ont été nommées, a cause de cela, plantes sociétaires. En jetant les yeux sur les fig. 6, 7 et 8 de ce Tableau, on aperçoit, dans ces trois feuilles singulières, des rapports d'analogie, tels que les suivans : Se composant toutes d'un pétiole et d'une lame; tous les pétioles, a, sont dilatés, et la seule différence que l'on remarque entre eux, est que celui de la iig. 6 forme, par le rapprochement et la soudure de ses bords, une sorte de cornet, tandis que celui des deux autres reste plane, et que les lames, &, sont, un capuchon dans le sarraceiùa, une sorte de piège dans la dionée , et un vase élégant et operculé dans le nepentlies.

Page 1