‹ Leçons de floreChapitre 39 sur 115 · jEgilops ovata, Lin · texte numérisé non relu

jEgilops ovata, Lin

i3. avena Orientalis, Selircb.

Obs. Ces trois figures font connaître que les parties qui accompagnent les fleurs nues des graminées, et avec lesquelles les botanistes ont formé leur calice et leur corolle, ne sont que les feuilles du chaume réduites et excessivement rapprochées vers cette partie terminale et souvent trèsrameuse des axes de ces plantes, et que, conséquemment, on ne peut les assimiler qu'aux feuilles rudimentaires ou florales des autres végétaux.

Dans le mémoire précité ( De V inflorescence des graminées, etc.), j'ai prouvé, par un grand nombre de comparaisons appuyées de figures, ce que j'avance ici; j'ai en outre fait connaître que ces petites feuilles rudimentaires des graminées étaient de deux sortes; que les premières, auxquelles j'ai laissé le nom de bractées, avaient constamment le dos tourné à l'extérieur; qu'elles étaient munies d'une nervure médiane, tandis que les secondes, que j'ai nommées spathellès, étaient toujours adossées a Taxe, privées de nervure médiane, bicarénées et composées de la réunion soudée de deux bractéoles latérales ; et, ce qui est bien plus important, que ces deux sortes de feuilles rudimentaires n'appartenaient jamais au même axe ou degré de végétation,

( io6 ) TABLEAU XIV.

Inflorescence.

La partie terminale, florifère et souvent très-rameuse des végétaux appendiculaires , a été nommée inflorescence.

L'inflorescence se compose, de même que In partie plusinférieure du végétal, de la réunion des systèmes axifères et appendiculaires , ou, pour être mieux entendu, des pédoncules, des fleurs solitaires et des feuilles rudimentaires ou bractées qui accompagnent, partiellement, la base de celles-ci.

Je crois ne pouvoir mieux faire ici que de transcrire ce que j'ai déjà dit de cette partie du végétal dans mon mémoire sur V Inflorescence des graminées et des cypérécs , comparée avec celle des autres végétaux appendiculaires 1.

« L'inflorescence n'est, comme l'on voit, que l'aspect produit par l'assemblage plus ou moins compacte que les fleurs, toujours solitaires, forment vers la partie terminale des végétaux qui en sont pourvus : on l'a distinguée en inflorescence simple et en inflorescence composée. Dans la première, viennent se ranger ce que l'on appelle les fleurs solitaires, comme si elles ne Vêtaient pas toutes, les fleurs géminées, ternées et enfin aggrégées j ia seconde, beaucoup plus nombreuse, comprend le chaton, Vépi, la grappe, le v er titille } la. panicule , le thjrse , le corjmhe , la cjme , le faisceau , Y ombelle, le capitule et la calathide.

« Si on examine soigneusement et comparativement cette partie terminale et souvent très-rameuse des végétaux appendiculaires, on s'aperçoit presque aussitôt que les caractères assignés aux divers modes d'inflorescence ne peuvent se soutenir; qu'ils se confondent les uns dans les autres, et que la plupart sont fondés sur des observations superficielles, comme nous l'avons déjà fait sentir en parlant du caractère de V ombelle a.

« Il est bon de remarquer que les modes de la première

1 Mèm. du Mus. d'hUt. nat., toin. v.

2 Les rayons ou pédoncules simples ou multiflores des ombelles sont toujours insérés alternativement et en spirale autour d^un axe terminal cl déprimé.

( io7 ) division, distingués par les dénominations de fleurs solitaires , géminées, tentées et aggrégées , sont sujets à toutes sortes d'équivoques, parce que, dès qu'il y a plus d'une fleur dans l'aisselle d'une feuille, il y a nécessairement un rameau qui leur donne naissance sur des nœuds-vitaux' particuliers, placés a des distances plus ou moins rapprochées, et presque toujours chacune d'elles est accompagnée d'une feuille rudimentaire.

« Les botanistes ne sont et ne peuvent être d'accord sur ces divers modes à' inflorescence, par la raison que l'on s'est attaché a des caractères trop peu importans pour en établir les limites : c'est ce qui m'a déterminé a chercher d'autres caractères qui fussent plus constans, et au moyen desquels on pût mieux s'entendre. Partant de ce principe, que toutes les fleurs sont solitaires, j'ai vu que toutes les inflorescences possibles ne présentaient, dans leur complication, qu'une simple répétition d'axes et de fleurs solitaires, qu'on peut facilement distinguer par le nombre des degrés de végétation, etc. »

Les nœuds- vitaux ou conceptacles des embryons-fixes, ordinairement très-écartés et largement feuilles, de la partie intermédiaire des axes, se multiplient et se pressent (par une sorte d'épuisement) dans la partie terminale de ces mêmes axes, et là, au lieu de donner naissance a des scions allongés ou de continuité, il s'y développent des scions analogues, simplement accompagnés de feuilles rudimentaircs, scions auxquels j'ai donné Fépithète de terminé, et auxquels on est convenu d'accorder celle de fleur.

Ce n'est donc, comme on peut le voir, qu'à la répétition et au plus ou moins de rapprochement des nœuds-vitaux, et aux axes particuliers qui résultent de ces mêmes nœudsvitaux, que sont dues les diverses modifications qu'éprouvent les inflorescences de tous les végétaux appcndicuhiires , en passant de celles qui ne présentent qu'une fleur solitaire à celles, plus compliquées, que Ton nomme panicules, et qui en elfet ne sont au fond que l'assemblage par répétition d'un grand nombre de fleurs solitaires, émanant immédiatement d'un nœud-vital bordé par une dernière feuille rudimentaire, lorsque celle-ci n'est pas encore entièrement éteinte.

D'après ce qui vient d'être dit, il serait donc infiniment

( 'o8 ) plus commode pour l'étude de distinguer, comme je l'ai déjà proposé dans le mémoire précité, les inflorescences, en raison du nombre des axes ou degrés de végétal ion qu'elles présentent, et de les nommer, d'après ce principe infiniment plus fixe et plus constant que celui des aspects, dont on s'est servi, monoaxifères ? hiaxifères , triaxifères et multiaxifèjes.

Les monoaxifères peuvent être dites uniflores ou muld- Jlores , hermaphrodites ou unisexwlles : elles sont uniflores dans la tulipe, Xçparnassia, Vasarum, etc. ; multiflores dans le scirpe des marais, le myosotis arvensis (fig. 3), le groseillier a grappes (fig. 10), le plantain (fig. 7), etc.; hermaphrodites dans les exemples que nous venons de citer, et unisexuellcs dans les amentacées (fig. 1 ), les conifères (fig. 2 ), le sablier (fig. 5, a et h) et l'arbre à pain (fig. 6, a et h).

1. bouleau noir {hetula nigra, H. K.) : chaton. Inflorescence monoaxifère, multiflore, unisexuelle : a, chatons femelles, les seules qui persistent après la fécondation.

Ohs. Les organes mâles sont soudés avec la feuille rudimentaire, qui borde le nœud-vital qui leur donne naissance.

2. pin sauvage (pinus sylvestris , Lin.). Chaton biaxifere, multiflore, unisexuel.

3. myosotis des champs (myosotis arvensis, Willd.). Epi monoaxifère, multiflore, hermaphrodite.

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