‹ Leçons de floreChapitre 44 sur 115 · III · texte numérisé non relu

III

et 4 ne sont, dans la réalité, que des épis dont l'axe est rentré en lui -même.

5. figuier cultivé {ficus carica , Lin.). Calathide monoaxifère, multiâere } unisexuelle; axe retourné sur luimême et enveloppant les fleurs : a et b7 feuilles rudimentaires; c, fleurs devenues intérieures.

6. dorstenia contrayerva, Lin. Calathide monoaxifère, multiflore, unisexuelle; a*e en plateau et seulement en partie retourné ; by bords crispés de Taxe; c, fleurs.

Obs. Lorsque l'on compare les deux exemples d'inflorescence 5 et 6, et que l'on en rapproche, par la pensée, celles du mûrier et de Farine à pain, ou est ravi de voir que ces trois choses, extrêmement différentes en apparence, sont les mêmes quand on les considère avec l'œil de la philosophie. En effet, comme M. de Lamarck nous l'a fait observer le premier, si on rapproche, de bas en haut,, les bords du plateau du dorstenia (fig. 6), on obtient l'analogue de la figue (fig. 5), et, comme dans celle-ci, les fleurs d'extérieures qu'elles étaient deviennent intérieures; mais si, au contraire, on rabat ces mêmes bords de haut en bas, on couvrira la partie inférieure de l'axe , et on aura, par cette nouvelle opération, l'équivalent d'une mûre ou du fruit de l'arbre a pain , dont les fleurs sont situées à l'extérieur.

7 . XYI.OV11YI.1.A j'alciforme (jcylophyllafalcata, Swartz.). MultiaxifÈre, multiflore, hermaphrodite; axe principal dilaté, foliacé : a, nœud-vital qui a servi de conceptacle au rameau foliacé et multiflore; by véritable feuille réduite a l'état rudimentaire; c, feuilles rudimentaires bordant les nœuds-vitaux de l'axe d'où sont sortis les autres petits rameaux ou axes triflores; d, axes de différens degrés, terminés par une fleur sol. taire.

Obs. Cette inflorescence a de l'analogie avec celle des ruscus : comme, dans celle-ci, la véritable feuille est rudimentaire, et de même, par suite de Pavortement de la feuille, l'axe florifère se dilate et devient foliacé.

8. polypode commun (polypodium vulgttre , Lin. ). MokoaxifÈre ; partie mâle réduite au fluide spermatique.

9. webera nutansj Brid.? Monoaxifere ; organes de la génération masqués : «, by coiffe; c, opercule j d7 urne dépourvue d'opercule et de coiffe.

( "a ) TABLEAUX XVII, XVIII, XIX et XX.

FLEUR (voyez sa définition, pag. 52).

La fleur, comme l'on sait déjà, n'est qu'un rameau terminé qui se développe souvent avec faste. En ne la considérant que sous le double rapport des organes qui la composent et de sa situation relative avec l'axe et les autres parties de la plante, on s'aperçoit facilement que, malgré les fonctions particulières qu'elle a a remplir et l'apparence brillante sous laquelle elle se montre le plus communément, elle cache l'analogue d'un humble bourgeon développé '.

La fleur, à laquelle j'ai donné le nom de scion-terminétm scion- fleur , prend, avant son épanouissement, celui de bouton, tandis que le scion allongé ou de continuité prend celui de bourgeon.

Si maintenant on compare entre eux ces deux sortes de scions, on verra que l'un et l'autre ont eu pour berceau un nœud-vital ; que leur situation relative est invariablement la même \ qu'ils sont terminaux ou le plus souvent latéraux lorsqu'ils naissent a l'aisselle des feuilles; qu'ils sont une continuité naturelle du végétal , et qu'enfin l'un et l'autre se composent d'un axe et d'organes appendiculaires qui, quoique le plus souvent verticillés par un excessif rapprochement dans les calices et les corolles des fleurs, n'en conservent pas moins, sauf quelques exceptions, cette disposition alterne, dans le sens longitudinal des axes, a laquelle tous les organes appendiculaires des végétaux composés sont assujettis.

Comme scion terminé, les organes appendiculaires de la fleur (par une sorte d'épuisement nécessaire aux fins que la nature se propose dans ces scions terminés) diminuent dans leurs dimensions, cessent pour la plupart d'être verts, et se

1 II n'est personne qui n'ait été frappé de l'extrême ressemblance qui existe entre le bourgeon-fleur des camellia, avant son épanouissement, et le bourgeon de continuité de la plupart des autres végétaux : son calice, puisqu'il en faut un, composé de neuf feuilles rudimentaires disposées alternativement et en spirale autour de Taxe , se recouvrant les unes les autres, allant toujours en augmentant et en se colorant de l'extérieur à l'intérieur, imite parfaitement les écailles imbriquées des bourgeonsbranches du marronier.

( "3) peignent des plus vives couleurs; mais, comme on l'a vu, la situation relative de ces organes reste invariable, et toujours ces petites feuilles réduites et colorées dont se composent les corolles, quoique d'un tissu plus délicat que celui des feuilles du calice et de la tige, n'en conservent pas moins la même disposition dans les tissus et dans l'ordre que suivent les nervures qui en forment le réseau; d'autres, plus intérieurs, ou, pour être plus précis, plus supérieurs (les étamines), semblent s'épuiser encore davantage, afin d'arriver plus tôt aux fins dont nous avons parlé plus haut, et donner naissance aux anthères, petites capsules qui, comme l'on sait, renferment les utricules qui contiennent ce fluide que l'on croit destiné a féconder les embryons-graines.

L'axe terminé, duquel dépendent les organes appendiculaires dont nous venons de parler, quoiqu'il ne soit que la continuité de tout le système ajcifère plus inférieur du végétal, a reçu, d'après les fonctions particulières qu'il a a remplir, les dénominations suivantes : On le nomme pédoncule quand, au-dessous des feuilles calicinales, il ne se gonfle pas en fruit ; pistil, dans la partie placée au-dessus de l'insertion des organes appendiculaires de la fleur. Dans celui-ci, ou a encore distingué d'abord l'ovaire dans cette partie basilaire du pistil, qui se gonfle, devient lacuneuse, et qui contient les embryons-graines; le stigmate, presque toujours renflé, spongieux et papilleux, dans la partie terminée de l'axe; et enfin une autre partie située entre l'ovaire et le stigmate, peu importante , puisqu'elle manque souvent, a reçu le nom de style '.

Les deux systèmes d'organes qui constituent la fleur ont l'un et l'autre une tendance naturelle à redevenir ceux qui composent les scions ou rameaux de continuité ; aussi voit-ou que, dès que le végétal est abondamment nourri, les folioles

1 Ce même axe du scion-fleur, Autour duquel rayonnent les organes appendiculaires, présente encore, dans les passiflores (Tabl. xxm, fig. i5, o), les cléomés, les câpriers, etc., un article qui élève et éloigue l1 ovaire du point sur lequel sont insérés le calice, )a corolle et les étamines : cet article ou inénthalle, auquel les botanistes ont donné le nom de gynophore , est une répétition de ceux que produisent, par leur écartement, les nœuds-vitaux sur les tiges.

Le gynophore n^est donc au fond que l'espace compris entre les nœudsvitaux stériles, bordes les uns par les feuilles du calice, de la corolle et de Tétamine, et les autres par les feuilles o\ ariennes.

des calices, comme dans quelques roses, se développent largement en feuilles composées, entièrement semblables à celles placées plus inférienrement sur les tiges, et que les filets des et aminés, en s'élargissant et en affamant les anthères, dont ils produisent l'avorlement, deviennent d'autres feuilles corollaires, qui doublent cette grande quantité de fleurs qui ornent nos parterres.

L'axe ou pistil , de son côté , au lieu de s'arrêter a ses fonctions ordinaires, au lieu de se terminer par un stigmate et de nourrir dans son sein des corps reproducteurs, continue de s'allonger, et reprend quelquefois, au-dessus de cette fleur trompée dans son attente, la forme d'un scion vigoureux, ou bien il s'arrête de nouveau en une seconde fleur '.

Linné était dans l'erreur lorsqu'il croyait que les parties qui composent la fleur émanaient d'origine différente.

Selon ce grand naturaliste, le calice était une prolongation

• Dans les cerisiers, les merisiers, les pruniers, et, en général, dans tous les végéiaux où le scion-fleur, au lieu de s'arrêter à l'état que nous lui connaissons le plus ordinairement, s'emporte au delà, et devient ou tin rameau de continuité ou une suite étagée de scions-fleurs , o ■ observe , dans l'intérieur des calices, des corolles et des étamines, que Taxe, destiné à produire le pistil , se compose d'une suite d'articles nés les uns des autres, comme, par exemple, ceux d'une longue-vue que Ton allonge, et que lcsnœuds-AÏtaux, qui forment chacun de cesarticles, donnent naissance à de nouveaux orgam s appendiculaires.

Les fleurs doub es du merisier présentent, au lieu de pistils, deux feuilles libres, laminées, dentées, vertes, et dont la nervure médiane, en s'allongeant au-delà de la lame, représente le style, et se termine par un stigmate oblique, latéral et extérieur. La disposition de ces deux feuilles ovariennes annonce deux choses : i°. que, dans Félat ordinaire, l'une d'elles, la plus près de l'axe de la plante, avorte et détruit la symétrie; 2°. qu'il n'a manqué à ces feuilles ovariennes ou pistilîaires pour être parfaites, que çTêire un peu moins favorisées par la végétation, d'avoir leurs bords complètement soudés en un ovaire, et de produire, de ces mêmes bords, le développement d'un ou de plusieurs embryons tuniques ( graines).

Le cerisier à fleurs doubles montre, dans ce sens, une plus grande complication : au centre, ou plutôt au-dessus du calice, de la corolle et des étamines, seiève un article axifère ( gynophore des botanistes), duquel naissent deux feuilles oa ariennes soudées dans leurs parties inférieures, libres, laminées et dentées dans celles supérieures, et dont la nervure médiane s'allonge en style et se termine par un siigmate. Du centre de la base soudée de celles-ci, s'élève un autre article qui. à son tour, produit une seule feuille ovarienne, laminée et dentée, à bords libres, et toujours terminée par un stigmate' ; on remarque, en outre, que des parois internes de !a partie inférieure et soudée des deux premières feuilles ovariennes dont nous venons de parler, s'échappent des étamines rudimentanes et des pétales chiffonnés.

de 1 ecorce; la corolle et les étamines, celle du liber, et le pistil tout entier, celle de la moelle.

Cette idée très-ingénieuse trouva beaucoup de parti: ans, et a été répétée depuis dans la plupart des ouvrages de botanique.

L'isolement dans lequel on étudie généralement les divers organes des végétaux; l'excessif rapprochement des organes appendiculaires , libres ou soudés, qui constituent la fleur, ont été les causes de cette erreur. Au lieu de voir dans l'assemblage d'une fleur l'analogue de ces rameaux déprimés ou raccourcis que l'on nomme rosette, on s'imagina que le calice, la corolle, les étamines et le pistil étaient placés sur un plan horizontal, et que leur situation relative était de l'extérieur à l'intérieur; tandis que réellement ces organes, parfaitement identiques avec les autres feuilles du végétal, assujettis aux mêmes lois d'insertion, sont toujours superposés autour de la partie terminale des axes, et tirent tous leur origine du tube végétal, dont, en effet, ils ne sont qu'une simple exfoliation.

La fleur qui nous paraît la plus parfaite est celle qui est symétrique et qui se compose des systèmes ajcifères et appendiculaires , ou, pour me servir de l'ancienne manière de voir et de considérer la fleur, des quatre parties suivantes, le calice, la corolle, les étamines et le pistil. Les soudures et les avortemens, joints aux formes souvent bizarres des parties que nous venons de nommer, dérangent la symétrie des fleurs, et donnent lieu a certaines distinctions que l'on en a faites : Tavortement de l'axe (pistil), placé au-dessus des organes masculins, caractérise les fleurs mâles; l'avortement des étamines, fait des fleurs femelles; et la présence de ces deux organes réunis, des fleurs hermaphrodites : on les a encore appelées apétales lorsque les feuilles de la corolle ne se développent pas.

Nous pensons que l'irrégularité et le défaut de symétrie dans les fleurs et dans les fruits, quoique souvent constans dans certains groupes de végétaux, sont contraires au vœu général de la nature; qu'ils sont dus à un vice organique intérieur que nous ne pouvons pas encore expliquer; vice qui est la source commune des avortemens visibles ou invisibles , ou, pour être mieux entendu, des avortemens extérieurs ou intérieurs; ou qui seulement, en empêchant quel-

ques parties de se développer entièrement, occasione l'irrégularité. Le développement symétrique des fleurs irrégulières de la linaire, connues sous le nom de peloria; celles de quelques espèces d'orchidées 7 également redevenues régulières; celles terminales de certaines labiées , qui, au lieu de deux lèvres, présentent cinq lobes égaux et cinq étamines semblables entre elles; et enfin celles qui occupent la partie terminale des axes déprimés (centre des botanistes) de la plupart des scabieuses , des ombellifères et des synanthérées, sont toujours régulières ou symétriques : tandis que celles disposées au-dessous ou autour, le plus souvent irrégulières, offrent, passagèrement, la preuve de ce que nous venons d'avancer, et sont, en quelque sorte, des exemples de symétrie dévoilée.

Il est bon de remarquer que ce vice organique, qui nuit a la symétrie des formes végétales, se manifeste toujours de l'intérieur a l'extérieur; je veux dire que ce sont les parties situées le plus près de Taxe qui en sont atteintes de préférence à celles placées plus extérieurement : il ne faut que jeter les yeux sur le petit nombre d'exemples suivans, pour être convaincu de cette vérité.

Dans les labiées, la lèvre supérieure, beaucoup moins développée que l'inférieure, la petite division du stigmate, la cinquième étamine qui avorte, et celles des quatre graines nues qui ne se développent pas, regardent toutes l'axe principal de la plante.

Celui des deux ovaires qui, dans quelques apocjrnées7 avorte ; ceux, au nombre de deux, dans le dattier, et ceux, au même nombre , qui , dans les graminées , ne reçoivent pas même un commencement de développement extérieur, et qui avortent également, sont situés entre celui qui persiste et Taxe '.

L'irrégularité des fruits des légumineuses et surtout de celui des papilionacées , ayant leur petit côté, celui qui porte les graines, constamment tourné vers Taxe, semble, par cette forme et cette disposition, réclamer une partie semblable a celle qui s'est développée, partie qui, dans le

1 La plupart des fleurs papilionacées s'opposent à cette règle générale. La cinquième feuille de ces sortes de corolles, celle que Ton nomme Tétendard, quoique étant dirigée vers Taxe, est plus développée que les quatre autres, placées plus extérieurement.

hœmatoxylon campechianum , et dans les me zonevron gla bruni et pubescens (Desf. ), en reçoit un rudiment dans les ailes membraneuses qui bordent le côté intérieur de ces fruits '.

Page 1