‹ Leçons de floreChapitre 55 sur 115 · rose pompon (rosa pomponia). Fleur prolifère · texte numérisé non relu

rose pompon (rosa pomponia). Fleur prolifère

Obs. Une nourriture abondante apporte souvent, un certain désordre dans les parties de la fructification des végétaux : certains organes destinés a remplir des fonctions essentielles au développement des embryons-graines, deviennent les uns des feuilles, et les autres, en continuant de s'allonger, des rameaux. Pour peu que l'on compare les lig. s et 9 de ce Tableau, on s'aperçoit aisément que les nlets des nombreuses étamines placées autour des pistils de la première , se sont élargis eu feuilles pétaliformes dans la seconde, et que ces élargissemens ont produit l'avortement des authères qui les terminaient.

Il faut convenir que si la rose, l'œillet et l'anémone qui ornent nos parterres; la poire, la prune et surtout la pêche7 sont des monstres, que les monstres végétaux ont pour nous autant d'attraits, que ceux des animaux sont hideux et repoussans.

1 o . lunaire commune (linaria vulgaris , Willd .. Enum. , ÀNTiRRBiwuM linaria , Lin.), pelore (peloria, Lin.): «, folioles du calice; Z>, gibbosités tubuleuses répondant à chacun des cinq pétales soudés ; c , tube formé par la réunion soudée des pétales; d , parties supérieures et libres des pétales; e, parties bombées de l'orifice du tube corollaire, et auxquelles, dans les fleurs irrégulières de cette famiilc; on a donné le nom de palais,

Obs. Je ne puis être de l'avis des botanistes qui regardent cette fleur comme une monstruosité; je pense, au contraire, que l'irrégularité, quoique constante, de celles d'un assez grand nombre de groupes de végétaux , tels que les labiées , les personnées , les orchidées , etc., est, comme je l'ai déjà dit, due à un vice organique et intérieur qui, pour l'instant, nous est inconnu, mais que nous ne devons pas désespérer de démasquer un jour, et que, de temps à autre, certains individus plus favorisés dans leur organisation tissulaire, en produisant des fleurs régulières, nous révèlent que le vœu primitif de la nature a été, pour tous les végétaux, cette symétrie que présente passagèrement la pélore, dont il est ici question.

Toutes ces fleurs qui, de l'état constant et irrégulier, passent a celui naturel et momentané, produisent des embryons-graines fertiles, qui continuent de reproduire des individus à fleurs régulières jusqu'au moment où leur descendance est frappée de ce vice organique dont nous avons parlé, et qui paraît inhérent à certains végétaux, comme le sont ceux qui affligent certaines races d'hommes.

TABLEAU XXL

Calices et corolles.

En suivant sur les tiges les organes appendiculaires qui s'y développent, on s'aperçoit qu'ils sont faibles et rudimentaires vers les deux extrémités ; que les écartemens qui les séparent dans la partie moyenne des tiges sont nuls ou presque nuls; et qu'enfin, vers ces extrémités, ils se soudent souvent entre eux x : tels sont, d une part, les feuilles coty-

1 Ces soudures se manifestent, d'une part, sur la partie faible et naissante du végétal , dans les feuilles cotylédonaires du plus grand nombre des embryons-graines monocotylédons, et dans la plupart des feuilles écailleuses ou cotylédons des bourgeons ( embryons-fixes) qui se soudent en une gaine complette ; et, de L'autre , sur la partie terminale et épuisée , dans les feuilles rudimentaires ou bractées soudées par deux, comme celles qui composent la vaWe intérieure de la prétendue corolle des graminées, ou, en un plus grand nombre, comme dans les involucres cupulai' es du gland et de la châtaigne ; dans celles qui composent les calices et les corolles, auxquels on a improprement donné, les noms de monophylles et de monopétales; dans les élamines monadelphf s, diadelphes, polyadelphes et syngénèses; et enfin dans la réunion soudée des lobes du phycostème en un anneau ou en. un sac qui enveloppe l'ovaire en entier.

lédonaires et les écailles des bourgeons; de l'autre, ces feuilles épuisées que l'on désigne par les noms de bractées, de calices, de corolles, d'étamines et de phycostèmes.

En continuant d'observer comparativement et philosophiquement tous les organes qui composent le système appendiculaire d'une plante; en ne s'en laissant point imposer par de simples apparences de forme, de grandeur, de couleur ou même d'organes surajoutés, tels que les anthères , on reste complètement convaincu de la parfaite identité qu'ont entre eux tous ces organes appendiculaires ; on voit que tous sont assujettis aux mêmes lois; que tous, comme organes protecteurs, naissent sur le bord d'un nœud-vital ' ; que tous sont terminés et traversés par une nervure médiane, ou plutôt par un faisceau de vaisseaux qui se répandent et se divisent dans toutes les parties de la lame; que tous enfin présentent la même situation relative, en alternant sans cesse , dans le sens longitudinal de la tige ou axe dont ils émanent 2.

Les distinctions que l'on a établies pour les organes appendiculaires, bonnes sans doute pour la commodité de

En poussant l'observation plus loin, on s^perçoit que d'autres organes foliacés, analogues à ceux que nous venons de citer, forment encore, par soudure, les péricarpes et même les tuniques propres qui protègent et abritent immédiatement cette sorte de petit rameau destiné à s'isoler de la mère, et auquel on a donné le nom d'embryon ; mais une chose très remarquable, c'est la fréquence et le complément de toutes ces soudures, à mesure que les organes donl nous avons parlé se rapprochent du petit être pour lequel ils semblent tous avoir été créés. La tunique propre de la graine est tellement soudée, qu'elle n'offre jamais de déhiscence; le péricarpe, toujours le produit d'une ou plusieurs feuilles rapprochées et soudées par leurs marges, est le plus généralement clos de toute part ; mais, le plus souvent , Jes pièces qui le composent se dessoudent dans la maturité pour donner passage aux graines; enfin, les phycostèmes, les étamines, les corolles, les calices et les bractées présentent bien plus souvent des soudures , que les autres feuilles plus développées et plus espacées de la tige.

1 Aux deux extrémités de l'axe du végétal, les nœuds-vitaux se développent peu ou point; ceux que bordent les premières feuilles, les cotylédons, produisent rarement des embryons-fixes eu bourgeons; ceux protégés par les écailles du bourgeon restent dans l'inaction ; et enfin ceux placés vers l'autre extrémité paraissent éteints, et ne sont indiqués, dans cette partie terminale, que par les organes appendiculaires de la fleur, les feuilles du calice et de la corolle et les étamines.

2 Les étamines, opposées aux feuilles de la corolle des berbén'dées et des primulacees , présentent des exceptions à cette grande loi. Ces végétaux, mieux étudiés, nous apprendront, peut-être, que le même organe peut quelquefois être doublé par un autre plus intérieur.

( »iG ) l'étude, disparaissent dès que sérieusement on veut se donner la peine de penser et de comparer ces organes entre eux.

Les organes appendiculaires du rameau-fleur ont été distingués en calice , en corolle, en éiamines et en phycostèmej auxquels on ajoute encore quelquefois ceux que l'on désigne par les noms de calicule dans l'œillet (fig. 4i ^)? et ceux, souvent polyphylles, placés au-dessous du calice de quelques malvacèes.

De petites feuilles, rudimentaires par épuisement, plus ou moins rapprochées, libres ou soudées entre elles, vertes ou parées des plus vives couleurs, réduites aux bases pétioîaires des autres feuilles de la tige, devenant, par suite de cet épuisement, scarieuses, transparentes et même fimbrillées dans les synanihérées (fig. 9, 10, Z>, et fig. 12, a), tonnent la partie ou l'enveloppe la plus extérieure du rameau-fleur, celle que l'on est convenu de nommer le calice.

La nature, comme pour nous ouvrir les yeux sur la véritable analogie des organes, semble avoir posé ça et la des exemples, dans lesquels elle nous montre, d'une manière frappante, comment elle passe d'une modification à une autre. Le calice, composé de huit ou neuf feuilles rudimentaires et écailleuses, alternes et imbriquées des camellia ; les trois feuilles multifides de la collerette des anémones devenant, en se rapprochant de la fleur des hépatiques , un calice composé de trois folioles simples; celui des roses dont les cinq parties qui le forment, allant toujours en diminuant de l'extérieur a l'intérieur, se développent, dans certaines espèces, en feuilles tout aussi composées que celles de la tige; et enfin celui despivoines, dans la composition duquel on trouve la réunion des feuilles laminées de la tige et celles rudimentaires des calices, offrent quelques-uns de ces nombreux exemples, qui prouvent jusqu'à l'évidence l'identité des organes appendiculaires du calice avec ceux de la tige.

Ces preuves d'identité, que, presque toujours, nous sommes obligés d'aller chercher dans l'observation de plusieurs individus comparés entre eux , se trouvent quelquefois accumulées sur le même point : telle se présente l'une de nos plus belles fleurs indigènes, celle du nymphœa alba, dans laquelle les organes appendiculaires qui la composent, passent, imperceptiblement, des folioles vertes et robustes du calice à celles blanches et délicates de la corolle, et de

celles-ci, en se rétrécissant et en recevant insensiblement le développement d'une anthère, aux étamines les plus pariai tes.

- De l'excessif rapprochement des organes appendiculaires les plus extérieurs du rameau-fleur, disposés alternativement et en spirale dans les camellia , les pivoines, les cistes et les marcgravia ( fig. 1 3 ) ; ou opposés ver ticillés et libres , comme dans la renoncule (fig. 16, a); ou enfin vertieiilés et soudés, comme dans V œillet (fig. 4)? est née la dénomination de calice, que l'on a attachée a l'association plus ou moins intime de ces petites feuilles rudimentaires.

De l'indépendance des feuilles du calice (fig. 16, a), ou de la réunion , par soudure, de ces mêmes feuilles (fig. 4), on a tiré le caractère qui sert à distinguer cette enveloppe en calice polyphylle et en calice monophylle. La première de ces dénominations est rigoureusement bonne; mais la seconde, comme Fa très-bien observé M. Decandolle ', est fautive, en ce que les calices monophylles (sauf les bractées des cissampeloSj qui en ont usurpé ie nom) sont toujours l'assemblage de plusieurs feuilles greffées, plus ou moins, entre elles.

Indépendamment des soudures que les folioles des calices éprouvent entre elles, elles en subissent encore d'autres en se greffant plus ou moins, par leur face intérieure, avec la ou les pièces foliacées qui constituent l'ovaire. Depuis l'ovaire parfaitement libre ou supérieur aux feuilles calicinales de la cerise ou du lis, placé au fond du. calice, jusqu'à celui adhérent de la pomme ou de la grenade, situé audessous, se présentent un grand nombre de passages intermédiaires, parmi lesquels on remarque ceux semi-adhérens des samolus valerandi, des saxifrages , desjeuillea trilobata et cordata (boîte à savonnette), et ceux, presque adhérens, des momordica opcrculata et luffafœtida.

Le calice est régulier ou symétrique lorsque les petites feuilles, libres ou soudées, qui le composent sont parfaite* ment semblables entre elies : tel est celui des renoncules (fig. 16 ; a), des borrago, de Y œillet et du phj salis ( fig. [\ et 5); il est irréguiier quand ces mêmes feuilles présentent entre elles des différences de grandeur, comme dans ceux

• Théorie élément. Deuxième édition, pag. 3çjo.

des labiées, ou des différences de formes, semblables à celles que l'on observe dans les gibbosités et les éperons corniculés dans la capucine, les orchis, les delphinium, etc.

Il est important de faire remarquer que le plus grand nombre des divisions de ces calices irréguliers, et en même temps celles qui, le plus ordinairement, acquièrent le plus de développement, sont situées du côté extérieur relativement a l'axe qui a donné naissance a celui de la fleur.

Les feuilles du calice, dans les papavéracées , abandonnent celles de la corolle au moment même de l'anthèse ou épanouissement de la fleur : dans les crucifères , le calice et la corolle tombent presque en même temps ; dans les anagallis et beaucoup d'autres, le calice ne se désarticule pas, mais il se des:-èche et persiste eu cet état, auquel on a donné le nom de marcescent ; dans d'autres, il conserve la faculté de croître (calice accrescent) et de se développer avec le fruit, ceux des pbysalis (fig. 5), et de simuler un péricarpe dans celui charnu et coloré du duranta plumieri.

Le calice le plus singulier que nous connaissions, est celui, parfaitement sessite, de la pistache de terre (arachis hjpogœa) : son tube long et grêle, dans l'intérieur duquel passe ie style , a été pris , avant l'observation de M. Poiteau , pour le pédoncule de la fleur.

La corolle, placée en dedans du calice ou plutôt au-dessus de lui, étant plus rapprochée de la partie terminale de l'axe pistillaire, les petites feuilles qui la composent sont, par suite de cet épuisement qu'éprouvent les organes appendiculaires a mesure qu'ils naissent plus près du sommet des rameaux, d'un tissu plus délicat, et en même temps plus susceptibles de se colorer. Presque toujours verticillées, ces petites feuilles, auxquelles on a donné le nom de pétale, se soudent entre elles ou restent libres; mais plus sujettes à manquer, dans les fleurs, que celles du calice, leur absence, comme l'a très-bien observé M. de Jussieu, constate toujours la présence d'un calice, quelles que soient la nature et la couleur de ce dernier \

1 On ne devine pas pourquoi, dans les fleurs des lifacées, et, en général, de toutes les monocotylédones, dont Fenvelôppe plus ou moins colorée se compose de deux rangées ou verticilles de trois feuilles superposées , on n'a voulu voir qu'un calice , lorsque c'est contraire à toute espèce d'analogie.

L'onglet des pétales, quelquefois très-long, comme dans le garidellctj est aux feuilles de la fleur ce que sont les pétioles aux feuilles de la tige.

Calices.

i. eucalyptus resinifera, Smith. Calice supérieur, monophylle, calyptré ; folioles soudées.

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