‹ Leçons de géographie à l'usage des écoles chrétiennes [microforme]Chapitre 1 sur 35 · MONTRÉAL · texte numérisé non relu

MONTRÉAL

CG. O. BEAUCHEMIN & VALOIS, LIBRAIRES-IMPRIMEURS Rue St-Paul, Nos 237 et 239

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Observations sur la Méthode d'enseignement de la Géogra- Phie et sur le plan de cet ouvrage.

(Outre les observations contenues dans cette Zntroduction, plusieurs autres sont intercalées dans le texte des leçons auxquelles elles se rapportent plus particulièrement.)

OBSERVATION I.—Ce traité est une méthodologie prie quée de Géographie. Il se compose de leçons préparées, destinées aux jeunes maitres, ainsi qu’à tous ceux qui n'ont pas le loisir de faire des recherches sur la méthode à suivre dans l'enseignement de cette branche, sur le choix des matières principales à traiter, la manière d'exposer. la leçon, les procédés à employer pour faire simultanément usage des divers ouvrages qui composent un matériel géographique : Manuel, Atlas et Cahiers Cartographiques, destinés à l'élève ; Cartes Murales, Tableaux-Cartes, qui sont plus spécialement à l'usage du maitre et dont nous parlerons plus loin,

OBSERVATION Il.—Ce traité est un conseiller, un guide

‘ complaisant qui, après avoir donné son avis, loin de l’imposer,

laisse à chacun la liberté de suivre son impulsion propre, de s'écarter plus ou moins de la route tracée, de modifier avec connaissance de cause les exercices indiqués, pour les mettre le mieux possible à la portée de son auditoire.

OBSERVATION III.—La matière d'une leçon est supposée pouvoir être donnée en une fois. Rien n'empêche cependant qu'elle ne fasse l’objet de plusieur: :“ances successives.

OBSERVATION IV.—Le développement d’une leçon comprend {rois points: 1° L’Exercice Cartographique à faire faire aux élèves; 2 L’Exposé de la matière pour le maitre ; 3° la Récitation, c’est-à-dire le devoir ou résumé de la leçon que l'élève doit réciter.

Voici quelques détails sur chacun de ces points.

OBSERVATION V.—Exercice Cartographique. On doit être persuadé que la meilleure leçon de géographie est celle qui se base à la fois sur l'observation de la nalure, quand elle est possible, sur l'usage des cartes, qui sont l’image de la nature, et plus encore sur le tracé des cartes par l'élève lui-même.

L'exercice cartographique ést nécessaire pour fixer l'attention

et les idées ; ot les enfants sont d'ailleurs plus aptes qu'on nole supposerait à ce travail. A part les commençants d’une classe préparatoire, ils sont généralement capables de copier à vue un dessin très-simple que le maitre trace au tableau, et plus facilement encore, un petit modèle qu'on leur met sous les yeux. Bien plus, ils le font avec plaisir, car l'enfant est imitateur et dessinateur par instinct: aussi arrive-t-il parfois de le voir en faire plus qu'on ne lui en demande et ajouter de son propre mouvement un petit bateau sur la rivière tracée, un petit cheval sur la route, ou un troupeau de moutons dans les champs ! C'est au maitre à diriger ces facultés naissantes vers un but utile, d'autant plus que le dessin en lui-même exerce à la fois la main, l'œil, le goût, développe l'imagination, rend attrayante l'étude de la Géographie : et, loin d'être un temps perdu, comme on pourrait le craindre, il simplifie et aide considérablement le travail de la mémoire.

Nous conseillons donc fortement le tracé des cartes; et, sans jamais le rendre obligatoire, au moins pue le cours élémentaire, nous indiquerons des exercices tr s-simples, en rapport avec chaque leçon.

Pour facililer ce travail, on pourrait se servir d’un tableau sur lequel serait tracée une ébauche de la Puissance du Canada d’un côté, et de l'Amérique de l'autre, ébauche qu'il complètera à la craie blanche (Observation xxir) ; et nous lui conseillons de préparer à l'avance, pour l'étude de la Géographie locale, des cartes de la paroisse, du comté, du district (Obs, x1). Ces cartes murales doivent être munies des carrés nécessaires pour en faciliter la reproduction à vue par les élèves (Obs. xx.)

Quant aux élèves du cours élémentaire, nous leur fournissons une pelile feuille d'exercice (cahier No !), comprenant 8 pages de cartes également ébauchées, qu'ils complèteront d’après les indications qui seront données plus loin.

OBSERVATION VI1.—L'exposé de la leçon, ou la manière de la développer et de l'expliquer, est donné dans ce livre, tantôt sous forme de questions el réponses, tantôt sous forme de réflexion. ou de discours suivi, quoique toujours très-bref. Souvent même, pour éviter les redites, il est supprimé ou remplacé

par le texte de la récitation suivante, qui en est comme le sommaire.

Au début de chaque leçon, le maitre récapitule la leçon précédente ou la fait récapituler par les élèves. S'ils sont jeunes, afin d'éveiller leur attention et leurs souvenirs, il les interroge tous à la fois en disant, par exemple : Que tous ceux qui peuvent répéter ce que nous avons vu dans la dernière leçon de Géographie, lèvent la main. Un (ei, dites ce que vous avez retenu... Un deuxième, que savez-vous de plus ?.... Un troisième,

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etc.—Le maitre manifeste ensuite son contentement pour les bonnes réponses ; puis il indique l'objet de la lecon du jour et l’expose avec plus ou moins de développement,

OBSERVATION VII—La récitation, ou le devoir à réciter. En général, il faut que la leçon exposée par le maître, soit sui vie, de la part de l'élève, d'une éfude par cœur et d’une récitation: Car, comme l'a écrit un grand éducateur de notre temps, ce n'est pas ce que l’on dit aux enfants qui leur profite, mais ce qu’on leur fait faire et dire.

Pour la Géographie de la Puissance et de l'Amérique, le Manuel de l'élève donne, leçon par leçon, une tâche à apprendre et à réciter.—Pour la Géographie locale, ce devoir ne pouvait être imprimé dans le Manuel, puisqu'il varie nécessairement selon chaque localité; il faut donc que le maitre prépare une rédaction très-simple, d’après le canevas indiqué ; il la donnera aux élèves, soit comme dictée, soit en l’écrivant lui-même, ou en la faisant écrire au tableau noir par un élève capable, Si les élèves sont suffisamment avancés, ils pourront la faire euxmêmes en répondant aux questions posées dans leur Manuel, (Ch. 1); et leur travail pourra être envisagé en même temps comme devoir de Géographie, d'Orthographe et de Style. Enfin ces rédactions, transcrites sur un cahier ordinaire de dictées ou mieux sur un Cahier spécial de Géographie, seront apprises par cœur et feront l’objet d'une simple interrogation ou d’une récilalion plus ou moins littérale.

Ces rédactions de Géographie locale, une fois convenablement faites, serviront indéfiniment, d'année en amée, dans chaque école, sans que les nouveaux maîtres soient obligés de les recommencer.

OBSERVATION VIIL.—Division du Cours, Ce Manuel du maitre (de même que le manuel de l'élève correspondant et intitulé Géographie du Cours élémentaire), comprend trois sections, où les matières se suivent dans l’ordre synthétique, c'està-dire, du simple au composé, du connu à l'inconnu.

La Îre Section traite de la GéocRaPniE LOCALE (Leçons 1 à 20) ; elle est précédée de quelques leçons préparatoires.

a ?e Section traite de la GÉOGRAPHIE NATIONALE ou de la Puissance du Canada. (1) (Leçons 21 à 37).

La 3e Seclion traite de la GÉOGRAPHIE GÉNÉRALE : Mappemonde, Amérique, etc. (Leçons 38 à 47.)

OBSERVATION IX. — Considérations sur la Géographie locale. Par Géographie locale, on entend celle des lieux mêmes qu'habitent les élèves auxquels on s'adresse. On peut aussi

(1) Quand dans la suite, nous emploierons les termes la Puissance ou le Canada seuls, nons entendrons la Pulssance du Canada,

l'appeler Géograpme intuitive, parce qu’elle ne traite d'abord que des choses qu'i/s voient constamment autour d'eux, ou dont ils‘entendent parler sans cesse.

I y a peu de locahtés qui ne présentent, sous une échelle plus ou moins grande, l'exemple, le type, l'idée d'un certain nombre d'accidents qui se rapportent à la nomenclature géographique, tels que : montagnes, monticules, plaines, vallées, eaux dormantes ou courantes, Champs cultivés, forêts, carrières, etc., et où il n'y ait des habitations, des hommes réunis en société, des administrateurs, des commerçants, etc. L'enfant voit tout cela, mais il voit en enfant, c’est-à-dire, la plupart äu temps, sans observer, sans réfléchir, sans classer, sans nommer r.ème les objets. Il a Ppa, tient au maitre d'attirer son attention sur toutes ces choses, de lui en faire remarquer les ressemblances ou les différences, de lui apprendre à les classer méthodiquement par catégories d'objets de même nature, à les désigner par leurs noms propres, de lui expliquer les causes ou les conséquences des faits qui se passent sons ses yeux; en un mot, d'exercer ainsi à la fois sa mémoire, qui relient les noms, son imaginalion, qui saisil les formes, les images; et son jugement, qui s'empare des causes et des effels.

Tel est le but de la Géographie locale, but qui est en principe, le même que celui de la Géographie générale, puisque l’un et l’autre s'occupent à la fois de la Terre et de l'Homme. Mais l'importance de la première est d'autant plus grande que c’est par elle qu'on arrive sûrement à la seconde ; la localité est un petit monde; et, lcrsqu’on le connaît bien, on est plus propre à se faire une idée juste du monde entier.

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LEÇONS PREPARATOIRES.

OBSERVATION X.—Dans une classe de très-jeunes enfants, il est convenable de faire précéder les leçons régulières de Géographie par quelques exercices d'infuilion. Los élèves répondent de vive voix et sont dispensés de toute étude de mémoire et de tout travail par écrit.

Ces exercices d’intuilion, que l'on . pelle aussi leçons de choses, consistent à attirer l'attention de l'enfant sur un objet quelconque qu’on lui met sous les yeux, à lui en faire distinguer les formes, les parties; à lui en apprendre les noms, la nature, l’usage, etc.

Toute leçon de ce genre est une introduction trèsutile aux descriptions géographiques : aussi le maître saisira les occasions favorables, ou profitera d’un temps spécial pour adresser à ses élèves des questions très-simples sur des o jets classiques ou usuels, tels que : livre, crayon, plume, ardoise, règle, encrier, canif..., banc, chaise, pupitre, tableau, meubles, porte, fenêtre, etc. $

Les exercices d’intuition s'appliquent également à des bbjets plus étendus et plus éloignés, mais toujours disposés de façon que ies enfants puissent ou aient pu les observer, les voir, car c’est le sens de la vue qui joue ici le rôle principal.

& l.— Questions relatives à l'Etablissement ou a l'Ecole et a ses Dependances,

OBSERVATION XI.—Cet exercice sera facilité par un plan de l'établissement dessiné à grands traits par le maitre, soit à la craie au tableau noir, soit à l’encre sur une grande feuille de papier qui peut même être collée sur toile, On pourrait préparer à l'avance ce plan géométral (bâtiment, classes, cour, jardin), ainsi que les cartes de la paroisse, du comté, du district, de la province, dont nous parlerons plus loin. (Obs. XVII).

Ces cinq dessins, toujours très-simples, faits en traits trèsvisibles et ne figurant que ce qui doit être enseigné, formeraient ainsi pour chaque école une partie intéressante du matériel géographique, et trouveraient leur place dans tes classes prépa-

xatoires ou élémantaires. Les enfants seraient exercés à mon-

trer avec la baguette les détails du plan de la maison et de celui des cartes locales.

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