‹ Lec̦ons de géographie physique (volume 2)Chapitre 103 sur 364 · REMARQUES GÉNÉRALES. ÉRUPTIONS · texte numérisé non relu

REMARQUES GÉNÉRALES. ÉRUPTIONS

territoire, fraîchement découvert, était tout d'un coup exposé aux effets de Térosion ; tantôt que ces effets venaient s'appliquer èjonne région dont un phénomène orogénique avait préalablement déterminé toute la structure, tantôt eniln qu'une nouvelle dislo0StÎQn, survenue en un moment, entraînait le remaniement d*un'=^ré«eau hydrographique déjà constitué.

Or les choses sont loin de se passer, dans la nature/ av^^cette simplicité. Qu'il s'agisse d'émersions ou de dislocatiOns;d^n^ »ènt pas des catastrophes qui ont dû se produire, avecJ cbrageittènt instantané des conditions de pente et de relief. Toul->dOAnè à penser que, pour s'être accomplis, comme il convient â des- ruptures d'équilibre, avec une rapidité relative, eu égard à la longueur des périodes géologiques, ces phénomènes ont toujours embrassé une certaine durée. C'est ainsi que la surrection des montagnes apparaît de plus en plus aux géologues comme une œuvre de longue haleine, qui a comporté bien des essais préalables, et où les détails du dessin tectonique ont plus d'une fois varié.

A peine les premiers rudiments du relief commençaieûWlB à s'esquisser que déjà ils devaient réagir sur l'activité des eaux courantes; et chaque progrès du plissement, suivant le sen^idans lequel il s'exerçait, accentuait ou atrophiait les structures*^- antérieurement acquises. Combien de fois, durant ces vicissitude^, le régime hydrographique aura-t-il été remanié? A quel <iegré 'les modifications successives auront-elles été concordantes ol*^«^ordantcs? Quelles traces en seront reconnaissables dans le t^ultat définitif? Autant de questions dont la solution est e:xtrênfcfmènt délicate, et peut même devenir impossible faute de documlftits.

11 en résulte que les déductions précédemment exposées doinrfent être regardées plutôt comme un cadre, offrant les solutt6n»'-'les plus simples, mais dont l'application aux cas particulierW* (fa la géographie demande beaucoup de prudence, en raison de inévitable complication des phénomènes naturels.

Influence des émptions yolcaniques. -^ Les éruptioild VS^a^ niques sont, comme les phénomènes tectoniques prôpremeBlt^dits, des conséquences de l'activité interne du globe. Ces deux bwk'es de manifestations s'accompagnent du reste d'une façon- cortdttRite, puisque c'est par les cassures de l'écorce que les matières' de^ttntérieur se font jour. C'est donc bien ici qu'il convient de îfttire mention du trouble que les éruptions apportent souvent éan# la poursuite d'un cycle d'érosion, par les modifications quelquefois considérables qu'elles impriment en peu de temps à l'état deJa^arface.

184 INFLUENCES TECTONIQUES ACTIVES

Il ne s'agit plus seulement, dans ce cas, d'une altération survenue dans l'assiette de l'écorce. Ce sont de nouvelles provisions de matières qui s'épanchent au dehors, et dont l'eflet est de superposer au relief acquis tout un ensemble de structures parasites, qui tranchent absolument sur celles qu'occasionne le jeu des puissances externes.

Les plus remarquables de ces structures, celles qui contrastent le mieux avec le modelé habituel du sol, sont les montagnes coniques qu'engendre l'accumulation progressive des produits épanchés.

Cônes volcaniques. — Les cônes de débris, construits par projection de matériaux meubles autour de la cheminée d'un volcan, se distinguent par la régularité de leur pente, toujours un peu plus raide dans le haut qu'à la partie inférieure (fig. 83), et généralement comprise entre un maximum de 35 degrés et un minimum de 3 à 10. L'un des plus raides est celui du Vésuve, qui a 35** 40' d'inclinaison *. Mais ce chiffre s'applique seulement au cône terminal de cendres, et la pente moyenne du volcan tout entier n'est que de IS^» 40'.

Quelques heures suffisent pour l'édification d'un cône de débris de 300 mètres de hauteur. Souvent ces appareils arrivent à dépasser 3000 mètres, comme à Java, et alors ils s'étalent sur une base qui peut dépasser 45 kilomètres de diamètre, noyant sous leur masse une assez vaste surface déjà modelée.

Les laves, en s'épanchant par le sommet ou par les flancs des cônes d'éruption, peuvent les transformer en cônes mixtes, aux flancs sensiblement moins raides. L'un des plus remarquables esl l'Etna, dont la cime dépasse 3300 mètres d'altitude, et qui couvre de ses produits un espace elliptique où le grand axe a près de 45 kilomètres.

Enfin il y a des cônes exclusivement constitués par des laves, sans débris projetés. Ces cônes de laves s'édifient dans les régions * où les matières épanchées sont particulièrement fusibles, et l'addition des coulées successives finit par engendrer d'énormes accumulations. En Islande, où ce type est fréquent, l'inclinaison des talus est comprise entre 1 et 8 degrés, et la hauteur relative varie de 5 mètres à 600 mètres. Mais, aux îles Sandwich, le seul amoncellement de laves basaltiques a construit une montagne, le Mauna Loa, qui s'élève à 4168 mètres de hauteur, avec une inclinaison

\. Peucker, in Penck, Morphologie. I, p. 411.

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