‹ Lec̦ons de géographie physique (volume 2)Chapitre 2 sur 364 · VI PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION

en rapport avec son importance; et ce qui est curieux, c'est que cette situation inférieure, loin de s'améliorer, s'est aggravée au fur et à mesure, en dépit des progrès vraiment gigantesques que la science du globe réalisait dans ces dernières années. Si on laisse encore à cette spécialité une part nominale dans les programmes, du moins a-l-elle disparu de tous les examens qui forment la sanction normale des études classiques. Or, on sait ce que valent, en France, aux yeux des maîtres tout comme à ceux des élèves, des connaissances sur lesquelles les candidats aux brevets universitaires savent qu'ils ne seront pas interrogés.

Par une singulière contradiction, cette exclusion coïncide avec le moment où l'on reconnaît la nécessité d'introduire, dans les études géographiques, une rigueur d'analyse dont la géologie garde tout le secret, exigeant ainsi, des candidats à l'agrégation, une somme et une nature de connaissances auxquelles les traditions de l'enseignement littéraire n'ont préparé ni les maîtres ni leurs disciples.

Nous n'avons pas à rechercher ici d'où vient cet étrange état de choses, et c'est à d'autres qu'il appartient d'en poursuivre en haut lieu la réforme. Notre rôle à nous est de démontrer par le fait la fécondité d'un accord entre la géographie et la géologie, à l'aide d'un livre qui soit comme une sorte de pont jeté entre les deux sciences, où il n'intervienne de la seconde que ce qui paraît strictement nécessaire, et encore sous la forme la plus discrète; mais à la condition que, de son côté, l'étude des formes actuelles accepte de n'être jamais séparée de la considération du passé qui les a engendrées.

Cet ouvrage aurait donc pu être intitulé <i Leçons sur la genèse des formes géographiques ». Même, si nous avions écrit en Amérique, où ces notions commencent à devenir d'un usage courant dans des universités maîtresses de leurs programmes, nous n'eussions pas hésité à arborer franchement le mot de géomorphogénie^ récemment créé de l'autre côté de

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