‹ Lec̦ons de géographie physique (volume 2)Chapitre 236 sur 364 · Nolan, Bull, Soc, géoL de France, [3], XXI II, p · texte numérisé non relu

Nolan, Bull, Soc, géoL de France, [3], XXI II, p

Bassin de TÈbre. — Le bassin de TÈbre est une espèce d'auge triangulaire d'une altitude moyenne de 250 à 300 mètres, d'où Ton ne peut sortir qu'en franchissant, par des pentes très raides, de hautes murailles. Il faut monter de 1000 mètres pour arriver dans les provinces de Castille ou de Valence, de 2000 pour traverser les Pyrénées, et l'accès de la mer est fermé par les monts de la Catalofjne, muraille de 90 kilomètres, que l'Kbre force dans une gorge sinueuse et escarpée.

Ce bassin occupe une grande dépression synclinale où les terrains secondaires, qui s'étaient appuyés contre le bord nord-ouest de la Meseta, ont fléchi au milieu, tandis que leurs tranches, relevées au contact du plateau par une série de cassures, ont engendré le bourrelet qui accompagne si bien la rive droite de l'Èbre, de sa source à son embouchure, et où plusieurs cimes dépassent 2300 mètres. Une nappe de sédiments lacustres ou saumàtres, d'âge miocène, remplit le fond de cette dépression, c'est-à-dire TAragon, par un mélange de marnes, de mollasses et d'argiles avec gypse et gisements de sel.

L'ensemble de la chaîne qui borde au sud-est le bassin de l'Èbre constitue la plus forte élévation en masse de toute la péninsule *.

Favorisé par cette grande difTérence d'altitude, l'Ebre a pu pousser son affluent le Jalon jusque par delà les hauteurs qui dominent la Mesetay et capturer, avec le Jiloca, d'autres cours d'eau, à quelques pas des sources du Tage et du Douro.

Gatalogrne. — La raison d'être des montagnes de la Catalogne se trouve dans la chaîne archéenne et primaire qui s'étend entre Gerone et Barcelone, chaîne qui joue ici un rôle analogue à celui des Maures en Prpvence. Un cirque d'effondrement, celui de YAmpurdan, signalé par les volcans d'Olot, le sépare du noyau archéen des Pyrénées orientales; mais l'un et l'autre ne peuvent guère être considérés que comme des fragments de la terre qui a dû exister en avant du golfe du Lion*. On s'explique ainsi l'allure du bassin de l'Ebre, qui n'a pu s'affaisser sur place sans que ses bords, comprimés par la Meseta^ l'axe pyrénéen et l'obstacle de Gerone, se relevassent en plis ou en paquets fracturés le long des massifs résistants.

En tout cas, le relief du massif côtier de la Catalogne paraît être le plus récent de tous ceux de l'Espagne, et avoir subi des modifications même dans les temps quaternaires*. Il est à remar*

1. Th. Fischer, op. cil, — 2. Voir plus haut, p. i62. — 3. Th. Fischer, op, cit.

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quer que Tarchéen ne s'y trouve pas amené, comme aux Pyrénées, seulement dans Taxe de la chaîne, par reflet de la poussée montagneuse. Il forme réellement rivag-e pour les autres formations, ce qui complète Tanalogie du territoire avec les Maures.

lies livagres de la péninsule ibérique. — La forme des côtes espagnoles mérite d'attirer l'attention. Au nord, entre la France et la Galice, le rivage est rectiligne, correspondant à la chute brusque du versant cantabrique, chute qui se poursuit sous la mer, où les fonds de 3000 mètres sont rapidement atteints. C'est là surtout une structure de plissement brusque ou de fracture, qui aurait agi suivant la direction même des strates.

A partir du point où le rivage entame l'ancienne plate-forme de la Meseta, la côte demeure rectiligne dans l'ensemble; mais elle laisse apparaître des rias et des échancrures qui témoignent, les unes d'un mouvement vertical, les autres d'une érosion marine ayant eu le temps de mettre en évidence les différences de dureté, sur un massif que le rivage tranchait obliquement à la direction des bandes de terrain.

Les mêmes caractères se retrouvent, encore plus prononcés, du cap Finisterre au Minho. Ensuite la côte devient rectiligne, toujours accompagnée, à peu de distance, par les fonds de 3000 mètres. Mais les accidents anciens qui ont déterminé cette structure sont masqués par une bande de terrains secondaires et tertiaires, accolés au bord de \si Aleseta, dont ils ont régularisé les aspérités, ne laissant d'échancrures que pour les estuaires.

La courbe qui correspond à l'embouchure du Guadalquivir accuse bien l'ancien détroit bétique, encore indiqué par un golfe à l'époque pliocène.

Mais l'allure des rivages est bien différente au delà de Gibraltar. Sur une direction dominante du sud-ouest au nord-est, s'alignent quatre arcs concaves, qui n'offrent pas une seule découpure sérieuse, et où le rivage ne cesse d'être en falaise que là où les fleuves ont édifié des atterrissements.

Le premier de ces arcs va de Gibraltar au cap de Gâta ; l'effondrement qu'il limite est manifeste, et les roches éruptives du dernier cap en attestent encore la réalité. Le second arc va de Gâta au cap Palos, où apparaît encore un pointement volcanique, et le troisième se poursuit de Palos à la pointe de Nao. Enfin le dernier, de beaucoup le plus considérable, s'étend lo long du bord oriental de la Meseta et de la Catalogne jusqu'aux Pyrénées, et devant lui se dressent au large les îlots volcaniques des Columbretes.

Si, de la forme de ces arcs, et des manifestations éruptives qui les accompagnent, on rapproche le rapide approfondissement de la mer au-devant de chacun d'eux, tel que les cartes hydrographiques le mettent en évidence, il paraîtra légitime de les considérer comme les bords d'autant de cirques d'effondrement, aux contours adoucis par les apports des fleuves. L'ensemble se coordonnerait à une grande ligne de fractures récentes, jalonnée par les éruptions de Gâta, de Palos, des Columbretes, d'Olot et d'Agde.

Aperçu général. — La bande des anciens massifs prend une netteté particulière en Allemagne, entre l'Ardenne et le Plateau russe. Là, elle correspond nettement aux parties de la vieille chaîne carboniférienne qui, après leur aplanissement, avaient réussi à subsister à l'état d'îles au milieu des mers secondaires. Le massif rhénan et la Bohême représentent ces îles. Autour d'elles, les mers avaient peu à peu rempli les intervalles de leurs dépôts, de façon à constituer, après les temps crétacés, un territoire continu en avant du futur sillon préalpin.

Vers la fin de l'époque éocène, lorsque se dressaient les Pyrénées, ce territoire subit une poussée, qui le plissa dans une direction très voisine de celle de cette chaîne. Vers le même temps, lors de l'oligocène, des brèches s'y ouvrirent, permettant l'arrivée des eaux marines qui venaient du nord. Plus tard enfin, des mouvements compliqués du sol fermèrent ces brèches. Mais leur formation avait été accompagnée d'affaissements, accentués par le développement de l'activité volcanique. C'est la superposition de ces éléments si divers, relief primitif, soulèvements tertiaires, affaissements locaux, épanchements éruptifs, qui donne à cette bande sa physionomie essentiellement variable.

L'ordonnance générale des massifs et des dépressions intermédiaires est très simple. L'ensemble des plateaux schisteux rhénans forme un grand territoire, allongé du sud-ouest au nord-est, et à la rencontre duquel marchent dans la direction opposée, c'est-à-dire du sud-est au nord-ouest, la forêt de Franconic et la forêt de Thu-

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