‹ Lec̦ons de géographie physique (volume 2)Chapitre 242 sur 364 · Supan, Grundzûge der physischen Erdkunde, 2* éd., p · texte numérisé non relu

Supan, Grundzûge der physischen Erdkunde, 2* éd., p

LL'SACE. SUDÈTES 481

veau dans la topographie, parce que les masses du grès rouge ont plus facilement cédé que Tarchéen encaissant.

A 20 kilomètres à Touest de la gorge de TElbe, un changement complet se produit dans le paysage. C'est que là on entre dans le massif de sédiments crétacés qui occupe toute la partie nord-est de la cuvette bohémienne. Ces sédiments sont surtout des grès bien stratifiés, divisés par de nombreuses fissures, et la gorge que TElbe s'y est ouverte est un véritable canyon *. De là les caractères particuliers de la Suisse saxonne, avec ses mers de rochers, ses piliers isolés, ses colonnades et ses falaises; caractères qui se poursuivent, pour la même raison, sur le flanc méridional du Riesengebirge.

LuBace. Sudètes. — L'angle nord du losange bohémien est marqué par un territoire moins élevé que ceux du cadre habituel de la Bohême, et qu'entourent deux dépressions, l'une où passe la vallée de l'Elbe, l'autre où la Neisse et le Queis, affluents de l'Oder, entremêlent presque leurs sources avec celle de l'Iser, tributaire de l'Elbe. i.

Ce territoire est la Haiite-Lusace; c'est un petit lambeau archéen, qui a réussi à se maintenir au milieu des dépressions de l'angle bohémien, et que plus tard les dislocations survenues à cette pointe ont fait peser d'un tel poids sur le grès crétacé voisin que, dans la Suisse saxonne, à Hohnstein, le granité en est arrivé, sur son bord, à recouvrir le grès en surplomb. Du côté de la Neisse, la Lusace s'ouvre en un golfe, également garni de grès crétacé, mais aflecté de dislocations qui ont livré passage à du basalte. Au pied s'étend la Basse-Lusace, et le tout a été recouvert lors de la grande extension des glaciers du nord.

Alors commence le bourrelet des Sudètes, qui limite la Bohême du côté de la Silésie et dont la partie occidentale, pourvue d'un relief plus accentué, a reçu le nom de Biesengebirge. Son flanc nord surtout est pittoresque avec ses cascades, ses ravins et ses cimes bien isolées, schisteuses ou granitiques. Entre les Carpathes et la Scandinavie, l'Allemagne n'ofîre nulle part de plus hauts sommets, ce qui explique les légendes locales et le nom de « Monts des Géants ». L'action glaciaire y est du reste demeurée très sensible.

Dans ce massif de composition assez variée, quelques bandes de grès crétacé sont intercalées et ramènent les paysages de la Suisse saxonne. Ainsi s'explique la célèbre ville de rochers du Heuscheuer.

i. Voir plus haut, p. 174.

DE LAPPAREMT. — LoçoDS do gcogr. phvs. 2* édit. 31

Cette dernière chaîne, avec les rides parallèles de TEulengebirge, de TAdlergebirge et de TAUvater, accuse bien le caractère plissé des Sudètes. Mais les plis ont peu d'extension ; les eaux courantes les tournent facilement; il ne s'y est pas établi de vallées longitudinales*, et plusieurs brèches en permettent la traversée. On sent qu'il s'agit là d'un massif varié et disloqué. En effet, les Sudètes sont une vraie chaîne, formée à diverses reprises, notamment à l'époque oligocène, et parcourue par un réseau de fentes, le long desquelles se sont accomplis des mouvements très compliqués. Des lambeaux de crétacé sont tombés entre le gneiss el le granité, et parfois, vers la Bohème, du grès rouge redressé forme gradin sur les 3ancs de l'archéen. Enfin, à l'est des Sudètes, il y a en quelque sorte alternance capricieuse des plis anciens, dirigés au nord-est, avec les accidents plus récents, alignés au nord-ouest. Néanmoins, jusqu'à la dépression qui va de Cracovie à Vienne, l'inclinaison et la direction des couches, qui se succèdent depuis l'archéen jusqu'à la craie, accuse, pour la fin des Sudètes, un alignement général conforme à celui du début.

Cours de l'Elbe. Oder. Silésie. — Ce qui caractérise essentiellement le réseau hydrographique de la Bohème, c'est que le tronc collecteur des eaux du bassin, l'Elbe, au lieu de chercher une issue du seul côté où la topographie soit adoucie, c'est-à-dire vers la Moravie, trouve son écoulement par une brèche au point même où se rencontrent les hautes murailles du nord-ouest et du nordest. Il utilise ainsi justement pour sortir la coupure dont les eaux de la craie et du tertiaire avaient profité pour entrer. Mais la gorge qu'il traverse est de date assez récente, et très vraisemblablement quaternaire. Elle résulte d'un mouvement qui a relevé le massif crétacé, formant digue entre deux dépressions, pendant que la cuvette s'affaissait en arrière; et ce qui le prouve, c'est que TElbe coule à Tetschen sur la roche solide, tandis qu'en amont son lit repose sur d'épaisses alluvions*. C'est exactement le phénomène qui s'est produit pour la gorge du Rhin entre Bingen et Coblence.

La vallée de l'Oder suit très exactement, à distance, le pied des Sudètes, et la direction de la plus haute branche du fleuve, comme celle de son tributaire l'Oppa, indiquent bien l'influence exercée par les dislocations longitudinales, avant que les eaux aient pu passer au dehors en empruntant à angle droit le sillon pré-carpathique.

Avec l'Oder, on entre dans la grande dépression silésienne, le

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