Fischer, op. cit
En Roumanie, la Valachie présente un grand développement des derniers sédiments du miocène, notamment des couches sarmatiennes qui, redressées au bord des Alpes transylvaines, dépassent 800 mètres au Botana. En Moldavie, les couches du même âge sont parfois affectées d'inclinaisons de 15 et même 35 degrés*. Ces dislocations doivent être mises en rapport avec celles de la Crimée, qui ont créé le sillon du Danube antérieurement à l'effondrement central de la mer Noire et à sa jonction avec la Méditerranée'.
Péninsule hellénique. Épire. Pinde. — Nous arrivons maintenant à la péninsule hellénique. Elle se compose d'une partie continentale, comprenant l'Epîre, la Thessalie, l'Etolie et la Béotie, et d'une partie presque insulaire, le Péloponèso ou Morée, à peine reliée à l'autre par l'isthme étroit de Corinthe.
La haute terre de VÉpire, prolongement direct de l'Albanie, a comme elle ses montagnes plissées de la chaîne dinarique, et son sol calcaire qui en fait un vrai Karst. Mais ce caractère est adouci par de grandes vallées longitudinales, qui à Touest sont ouvertes dans les schistes tendres du flysch, et par un climat beaucoup plus doux, combinant les influences méridionales avec celles du nord. Les étés sont moins secs qu'en Grèce, et gnke aux pluies d'orage, l'eau ne fait jamais défaut.
Le massif du Pinde, où se prolongent aussi les plis dinariques, est formé de calcaires bien stratifiés, fortement plissés, coupés de gorges dont la profondeur atteint parfois 1000 mètres; nulle part il ne s'y trouve de fond plat.
Thessalie et régions voisines. — Les bourrelets du Pinde se sont dressés contre le territoire archéen de la Thessalie, assemblage, analogue à la Thrace, de petits bassins séparés par des chaînes basses, où les dépressions sont extrêmement fertiles; mais la végétation y est contrariée par le contraste d'hjvers froids avec des étés brûlants et secs. L'Olympe, l'Ossa et le Pélion se dressent sur sa côte orientale si rectiligne, accusant la cassure qui a entraîné le reste du massif sous les flots de la mer Egée. Toute cette partie de la Grèce se ressent de l'uniformité de son sol, et d'un contour extérieur qui la rend très peu accessible.
L'Othrys limite au sud la Thessalie; c'est une chaîne est-ouest de sédiments, dont les plis, contournant le noyau archéen, se raccordent très progressivement avec la chaîne S.-S.-E. du Pinde ^ Il y a là une véritable virgation, suivant le mot de M. Suess.
I. Lehmann, Kirckhoffs Ldnderkunde, H, 2. — 2. Voir plus haut, p. 378 — 3. Philippson, Zeitschrift dev Gesellschaft fur Erdkunde, Berlin, 489i, 1895.