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plus OU moins dans ce travail, appliqué à un ensemble archéen, on a le type Scandinave ou le type cévenol. A ce dernier se rattache la Sierra Morena en Espagne.

Avec un territoire de couches sédimentaires peu dérangées, Taffleurement des assises, sur le bord extrême, peut donner par son morcellement des montagnes en escalier, comme celles qui ont reçu en Afrique australe le nom de rand ou bord, bien propre à en exprimer la vraie signification.

De môme, quand un massif couronné par des nappes éruptives sensiblement horizontales est tranché par une dislocation qui en fait un rivage, il en peut résulter un rempart montagneux divisé en une série de terrasses descendant à la mer, comme les Ghâtes occidentales de THindoustan.

Enfin une autre variété est celle qui, par Tassociation d'un mouvement de bascule avec la reprise de l'activité volcanique, engendre au bord de la dislocation une chaîne telle que celle des Cascades dans l'Amérique du Nord.

Stmctures d'érosion. GauchiBsement. — Pour terminer, il nous reste à examiner le cas des structures où l'érosion a été le facteur dominant dans la production des montagnes. A titre de transition, nous citerons ce que peut amener le gauchissement d'une partie de l'écorce, c'est-à-dire une déformation d'ensemble peu accusée, et très voisine d'un simple déplacement vertical du niveau de base.

Quand le gauchissement affecte un ancien district montagneux déjà réduit à la condition de pénéplaine, l'action érosive, qu'il met en jeu, fait apparaître ce qu'on peut appeler des montagnes revivifiées ou ressuscitées. Si le terrain présentait une structure rubanée, où les différences de dureté pouvaient se manifester en bandes parallèles, la résurrection donnera lieu à des crêtes alignées, avec vallées longitudinales et cluses. C'est le cas des Appalaches (type appalachien) et aussi, semble-t-il, celui de l'Oural. L'apparente analogie de ces montagnes avec le Jura est trompeuse et, pour la lever, il suffit de remarquer que les rides ont, en général, un flanc beaucoup plus escarpé que l'autre, où les couches dures affleurent par leurs tranches inclinées.

Dans le cas où la pénéplaine revivifiée était dépourvue d'ordon-

.nance stratigraphique, et comportait seulement des massifs de

dureté inégale, la dislocation tardive, aidée par l'érosion, fait

naître un territoire accidenté, d'apparence confuse, dans le genre

des montagnes des Highlands (type écossais).

MONTAGNES D'EROSION 717

Entre les deux se place la condition d*un massif tel que celui de la Montagne Noire (type languedocien)^ où il existe à la fois de l'archéen et des terrains primaires plus ou moins disloqués. Le cas du Yivarais et du Beaujolais s'en rapproche. Là aussi il y a des structures revivifiées.

Montagnes de simple érosion. — Enfin nous arrivons à la classe des montagnes dVrosion proprement dites, celles où il parait y avoir eu seulement un déplacement négatif du niveau de base, obligeant les rivières à descendre par creusement régressif. Quatre cas sont à considérer, suivant que le massif en voie de dissection est composé de couches horizontales, de sédiments inclinés, de formations mixtes avec parties éruptives, enfin de coulées de laves, seules ou mêlées de sédiments.

Dans le premier cas, Térosion découpe des blocs à couronnement horizontal, dont les talus sont droits si toute la roche est dure et homogène (hauteurs de la Suisse saxonne ou type saxon) ^ tandis qu'ils sont inclinés si le support du couronnement dur est de nature meuble (type bourguignon du mont Auxois). Ce sont les montagnes tabulaires ou Tafelberge des Allemands, les mesas des Américains de race espagnole. Poussé à l'extrême, ce mode de dissection finit par donner, soit des blocs à peu près quadrangulaires, soit des montagnes coniques.

La structure en gradins*, quand elle se développe sur une grande échelle, peut, sur le bord extrême des massifs, donner lieu par l'érosion des falaises à de vraies montagnes de cette catégorie, comme les monts Catskill de l'Amérique du Nord.

Appliquée à un massif en couches fortement inclinées, la simple érosion donnera des structures montagneuses très semblables à celles du type appalachien. Seulement, dans ce cas, les restes de l'ancienne pénéplaine, représentés par la jonction des parties culminantes, devront se trouver sur un même plan, sans gauchissement appréciable. Tel paraît être le cas des monts de la Bretagne, qui formeraient ainsi un type armoricain.

Avec un massif mixte entremêlé d'injections anciennes, par exemple de granité pénétrant des schistes archéens, l'érosion met en évidence les massifs les plus durs, isolant comme sur le Plateau Central des éminences de formes diverses, aux contours plutôt arrondis (type limousin). Ce sont aussi les monadnocks de M. Morris Davis*.

{. Voir plus haut, p. 116. — 2. Voir plus haut, p. 618.

Les coulées de lave se débiteront en tables ou mesas, parfois en simples piliers (type abyssin); ou bien, d'une coulée épaisse, il restera çà et là de gros fragments, capables de prendre toutes les formes, même celle de puys^ les uns coniques, les autres en croupes ou plombs. On en pourrait former le type cantalien.

Nous ne pousserons pas plus loin cette rapide revue des différents types de montagnes; rappelant encore une fois que notre but était, non d'établir une classification systématique, mais plutôt de montrer combien était grande la variété des types de montagnes, en indiquant, toutes les fois que cela était possible, le rapport précis qui doit toujours exister entre l'aspect géographique et les conditions géologiques des éléments du relief terrestre.

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