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APERÇU GÉNÉRAL SUR l'EUROPE 323

égulièrement de Test à Touest, si bien que les plus fortes altitudes >nt directement face à l'Atlantique, par lequel on les voit brusuement tranchées. De là cette sensation de montagnes que les îvages Scandinaves, par exemple, éveillent chez le navigateur uî les aborde. Mais l'impression s'évanouit quand, après avoir ravi les pentes abruptes du versant occidental, on se trouve sur de lautes terres d'où, parfois, toute cime est absente aussi loin que a vue puisse porter.

Enfin, autant la partie méridionale de l'Europe présente de ariété, autant la bande septentrionale est homogène et uniforme, lepuis le nord de l'Irlande jusqu'à la Finlande. Partout domine, oinme fond, le terrain archéen, façonné en une pénéplaine, qui i été disloquée sur son bord par des cassures récentes, ou accilentée par des massifs de nature éruptive. De plus, toute la partie nontueuse de la bande porte des traces manifestes d'une action rlaciaire de fraîche date, telle (ju'il doit s'en produire dans la zone 'enlrale * ; et au delà règne dans toute sa netteté le paysage morailique de la zone périphérique. Enfin le bord extrême de la bande, »ui les rives de la mer du Nord et de la Baltique, est constitué [)ar ine zone de pays-bas^ où les dépôts des moraines terminales tenues du nord s'enchevêtrent avec les alluvions de l'embouchure les fleuves coulant en sens inverse.

Zone médiane. — Entre la zone septentrionale de l'Europe et [es pays méditerranéens s'étend, limitée au sud par la chaîne ilpine et ses dépendances, une bande médiane, que caractérisent la variété et l'apparente indécision de son orographie. Une série le massifs s'y succèdent comme en chapelet, et les cours supérieurs des rivières s'y enchevêtrent, en quelque sorte, les uns dans les autres. La géologie révèle la cause de cette confusion dans les obstacles que les mouvements orogéniques de date tertiaire ont éprouvés de la part d'une suite de noyaux archéens rigides, semés en travers de la poussée. En plus d'un point, cette résistance a fait naître des espèces de bassins, enfermés dans une ceinture de bourrelets montagneux, d'où les cours d'eau s'échappent en forçant des brèches. La variété est grande parmi les sédiments secondaires et tertiaires dont cette zone médiane est surtout composée, et qui tous, formés non loin des rivages, dans des bassins assez limités, contrastent avec le caractère pélagique des dépôts plus méridionaux.

i. Voir plus haut, p. 217.

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Massif russe. — Tout ce qui vient d'être dit s'applique à la partie de l'Europe située à l'ouest de la Russie. Mais l'immense territoire compris entre la mer Glaciale et la mer Noire se détache du reste comme une unité à part. Le relief y est insignifiant et d'une remarquable uniformité. Cependant le système hydrographique ne laisse voir aucune indécision. On pressent qu'une très longue érosion a eu le temps d'aplanir le terrain et d'y régulariser l'écoulement des eaux, sans qu'aucun plissement vînt interrompre l'œuvre de nivellement.

Et de fait, la géologie nous apprend à y reconnaître un territoire où les plus anciens sédiments siluriens sont demeurés horizontaux, tous les efforts orogéniques étant venus mourir contre le bord occidental et méridional de ce môle gigantesque. Tandis qu'au sud des incursions marines toujours tranquilles ont largement étalé leurs dépôts, la grande nappe glaciaire a recouvert, au nord-ouest, les deux tiers de la superficie du massif russe. Encore les accumulations morainiques ont-elles été assez longtemps exposées à l'érosion pour que toute indécision ait disparu de leur surface.

Caractères du réseau hydrographique de l'Europe. — Un fait remarquable est l'indépendance presque complète du réseau hydrographique européen vis-à-vis de l'océan Atlantique. Aucune rivière digne de ce nom n'arrose le versant occidental de la Norvège. La Grande-Bretagne n'en envoie pas non plus dans la même direction. Des deux fleuves français qui s'y rendent, l'un, la Loire, ne le fait qu'après avoir, en quelque sorte, essayé de trouver une issue vers le nord, et encore ne se dirige-t-il vers l'ouest que parce que, durant la (în des temps tertiaires, la mer est venue là à sa rencontre jusqu'aux approches de Blois. Quant aux rivières de la péninsule ibérique, à l'exception du Guadalquivir, elles n'arrivent à l'Océan que par des gorges étroites, accusant un travail qui ne peut pas être de bien ancienne date.

Pendant ce temps, les fleuves de beaucoup les plus considérables de l'Europe, Ebre, Rhône, Pô, Danube, Dniepr, Don, Volga, se rendent au sud, dans la dépression méditerranéenne ou ses annexes. Et de leur côté, la mer du Nord et la Baltique reçoivent l'important tribut de la Tamise, de la Meuse, du Rhin, du Weser, de l'Elbe, de l'Oder, de la Vistule, qui tous s'y dirigent sans indécision. Comme si, dans ces deux sens, il y avait eu, de longue date, appel des eaux courantes, tandis que l'issue vers l'Atlantique aurait été tardivement ouverte.

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Or justement la géologie nous enseigne que le pays de Galles, Ja Cornouaille anglaise, TArmorique, la Meseta ibérique, sont de véritables ruines, restes de massifs autrefois bien plus étendus vers Touest, et d'où s'échappaient, à de certaines époques, notamment au début de la période crétacée, de puissants fleuves comme celui qui, arrosant l'Angleterre, venait déboucher sur remplacement des Pays-Bas. L'érosion marine a peu à peu rongé ces territoires, et pour tout ce qui dépasse le 55" degré de latitude, les flots de la mer ont pénétré assez tard dans ces parages, trouvant d'ailleurs des côtes trop escarpées pour qu'un réseau de cours d'eau tributaires ait pu faire autre chose que de s'ébaucher.

Au contraire, une grande dépression a toujours existé, longtemps même avec le régime de haute mer, là où se trouve aujourd'hui la Méditerranée; et lorsqu'aux temps tertiaires presque toute la zone médiane de l'Europe était définitivement émergée, les eaux marines occupaient la place de la bande des Pays-Bas septentrionaux, passant entre la Suède et les collines de l'Allemagne. Yàe réseau hydrographique créé de ce dernier côté n'a eu qu'à s'allonger vers le nord, à mesure que diminuait le domaine maritime. De là vient la régularité visible qu'il a su garder. Mais dans la 2one méditerranéenne, les plissements alpins, venant se dresser en travers des artères fluviales, ont amené plus d'une déviation, <léterminant parfois des parcours compliqués et semés d'obstacles, comme celui du Danube.

Rôle historiqae des divisioiiB de TEurope. 2one méditerranéenne. — La division de l'Europe en trois zones bien distinctes a exercé une grande influence sur l'histoire de la civilisation dans ces contrées. Favorisées par le soleil et le climat, libres de communiquer les unes avec les autres le long de rivages bien découpés, bordant une mer tranquille et qui n'exigeait pas de longues traversées, les populations méditerranéennes sont rapidement arrivées à un état de culture avancé. Vives comme la lumière qui les éclaire, habituées à contempler des paysages aux éclatantes couleurs, elles ont eu les premières le sentiment des arts. En môme temps les volcans, qu'elles côtoyaient, et les tremblements de terre, dont elles ont eu plus d'une fois à soufîrir, leur ont donné des forces de la nature une notion plus complète qu'à tout autre groupe humain.

Pourtant la zone méditerranéenne n'a pas joui tout entière de ce rapide et complet dévelo[»pement. Le privilège en a été réservé aux rivages maritimes, ainsi qu'aux pays peu accidentés du voisinage.

Mais les montagnes, Apennins, Alpes dînariques, Balkans, et les massifs anciens, yneseta ibérique, Rhodope, etc., respectés parles dislocations qui, en créant les fosses de la Méditerranée, avaient isole les péninsules du midi, sont demeurés étrangers au mouvement. Et parce que ces pays, au sol inégal et difficile, n'étaient traversés par aucun fleuve important, ils ont gardé, à côté de la civilisation exubérante de leur entourage, un caractère plus primitif que n'importe quelle région de l'Europe du nord.

Zone médiane. — Dans la zone médiane, la chaîne alpine a longtemps opposé un obstacle difficilement franchissable aux migrations vers le midi ; obstacle d'autant plus sérieux qu'après une première occupation de ces contrées par l'homme, le retour final des gran<ls glaciers a dû rendre, pour de longs siècles, inabo^ dables et redoutés, non seulement la chaîne montagneuse, mai» ses alentours immédiats. De plus la division naturelle de cetti? zone en bassins ou massifs indépendants, presque aussi fermés au nord qu'au sud, a favorisé la constitution de peuplades défiantes, rudes et sévères dans leur genre de vie, attachées à leur sol comme à leurs coutumes, et peu disposées à l'expansion.

Toutefois ces territoires n'ont pas été fermés à la civilisation. D'abord, si quelques-uns constituaient des massifs saillants, d'accès difficile et de sol rude, d'autres étaient de véritables bassins, au terrain fertile, formés par eflondrement au centre d'une ceinture montagneuse. De plus, les uns comme les autres livraient passage à de grands cours d'eau, Rhin, Elbe, Danul)e, etc., par où s'accomph'ssait forcément l'échange avec le dehors. Aussi l'histoire de ce» réirions diflère-t-elle crandement de celle des novaux anciens de la bande méditerranéenne.

Zone septentrionale. Région française. — Quant à la zone septentrionale, abandonnée la dernière par les glaces, et soumise à des conditions physiques peu clémentes, elle n'ofl*rait du moins, grâce à la bande des pays bas riverains de la Baltique et de la mer du Nord, aucune barrière aux incursions vers l'ouest. Endurcis contre les intempéries et habitués à lutter contre une mer souvent déchaînée, que les vents dominants et les gran<les marées poussaient avec violence contre leurs rivages, les hommes du Nord, tout en fiardant une nature froide et une imagination tranquille, sont devenus de hardis pirates, aimant à se j(*ter sur les pavs de l'Occident, (ju'ils pouvaient aborder par terre comme par mer.

Enfin la région française, intermédiaire par sa situation, comme par son relief et son climat, entre les diverses zones de l'Europe, à

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cheval sur l'Océan et la Méditerranée, bien ouverte à la fois au nord, à l'ouest et au sud-est, était le terrain de rencontre désigné des races les plus différentes. La fusion de ces éléments, jointe à Textrôme variété d'un sol généralement facile, a fixé les destinées d'un pays qui devait tenir une grande place dans l'histoire et se montrer, avec son rare mélange de qualités et de défauts, le plus attirant de tous ceux qui aient place au soleil.

Ordre à suivre dans les descriptionB. — Une description méthodique de l'Europe, entièrement fondée sur les conditions de genèse de la terre ferme, comporte l'examen successif des zones suivantes : !• la zone septentrionale, allant de l'Irlande à l'extrémité de la Russie, avec son appendice de Pays-Bas; 2° la zone des massifs anciens^ dont M. Suess a le premier* signalé l'homogénéité, et qui se poursuit depuis la pointe méridionale de l'Espagne jusqu'au contact de la Bohême avec la plate-forme russe ; 3** la chaîne des Alpes avec ses prolongements orientaux; 4° la zone méditerranéenne.

Dans la première de ces divisions, il n'y a pas de chaînes de montagnes proprement dites, et c'est là que se trouvent les plus anciennes terres de l'Europe. Dans la seconde, où la terre ferme a gagné surtout aux dépens des mers secondaires, l'influence des plissements survenus avant le milieu de l'époque tertiaire, lors de la fin des temps éocènes, se combine avec les ruptures provoquées par la rigidité des massifs d'ancienne consolidation. La troisième «livision embrasse presque toutes les hautes chaînes plissées du continent, et son relief date principalement de la fin des temps tertiaires. Quant à la quatrième, elle doit sa forme actuelle à des dislocations encore plus récentes, dont les effondrements méditerranéens sont la forme la plus typique.

Nous commencerons par l'étude de la zone septentrionale, en l'abordant à partir des Iles Britanniques. Seulement, pour ne pas scinder en deux la description de ces îles, nous y rattacherons l'examen de l'Angleterre méridionale, bien qu'à proprement parler cette région appartienne plutôt à la zone des massifs anciens.

!. Antlitz lier Erde,

Aperçu général. Massif ancien. — Les Iles Britanniques portent, au plus haut degré, l'empreinte du morcellement par lequel un territoire homogène a fini par être divisé en compartiments distincts. L'ensemble de ces îles est partagé en deux sections, d'ailleurs fort inégales, par une ligne à peu près nordsud, allant de Newcastle sur la mer du Nord à Exeter sur la Manche. A Touest de cette ligne, tout le pays est accidenté, montueux et surtout fortement découpé. Le climat en est rude, et le sol se relève constamment vers l'ouest, où il touche à l'Océan par des falaises capricieusement déchiquetées, contre lesquelles s'acharnent les vagues de l'Atlantique. A l'est au contraire s'étend un pays de faible relief, aboutissant à la mer du Nord par descôtes plates et de contour régulier, au sol fertile et partout bien cultivé.

Cette limite orographique est en même temps une frontièregéologique de première importance. Elle marque le bord extérieur d'un massif continental, dont l'Océan n'a laissé subsister que desruines, et qui s'étendait autrefois bien loin vers l'ouest, tandis que sa rive orientale était constamment baignée par les mers secondaires. Le massif ancien lui-même avait pour noyau fondamental un territoire archéen, dont les Hébrides, les Highlands du nord del'Ecosse et une partie du comté de Donegal en Irlande représentent les derniers lambeaux, et qui aujourd'hui encore forme la région la plus accidentée des Iles Britanniques. Contre ce noyau sont venues se coller des bandes successives de terrains primaires, chaque fois relevées en bourrelets montagneux et injectées de diverses roches éruptives ainsi que de filons métailifères, puis rabotées par l'impitoyable érosion. Ainsi se sont formés peu à peu les divers districts de l'Irlande et, en Angleterre, le Cumberland, le Pays de Galles, la Cornouaille, avec les trésors de minerais et de combustible minéral qu'ils renferment.

Dislocation et façonnement du massif. — Ce massif ancien, tant de fois disloqué, et ressoudé par des injections] internes, avait

fini par devenir rigide, et ne pouvait plus se prêter à des efforts de plissement. Abandonné au jeu régulier des puissances extérieures, il serait devenu une pénéplaine à peu près uniforme. Et de fait, il a dû passer au moins trois fois par cette condition, durant les temps primaires et après leur achèvement. Mais les dislocations jui, dès le début de Tère tertiaire, préparaient Touverture défîniive de l'Atlantique nord, ont modifié le niveau du territoire en le élevant, d'une façon générale, vers le bord de la fosse qui allait e former, en même temps qu'elles divisaient profondément sa nasse et en préparaient Témiettement par des cassures quelqueois tout à fait rectilignes.

Alors les dillérences de dureté des roches se sont fait jour, neitant les plus résistantes en saillie notable; et comme, d'autre art, les actions volcaniques accumulaient leurs produits, de Irlande aux Hébrides, sur le bord de la fente atlantique; comme, ? long des cassures, les compartiments sollicités à s'effondrer ouaient les uns par rapport aux autres, les restes émergés du rrand district ancien sont redevenus des pays montueux. On n'y 'oit pas de chaînes proprement dites ; l'orographie en est confuse LU dernier degré; mais le sol n'en est pas moins très accidenté, ît produit souvent l'impression caractéristique des montagnes; ce jui se comprend si l'on réfléchit que le relief moyen, pour être peu considérable en lui-même, a cependant, relativement à la superficie du groupe insulaire, la même valeur qu'ont les Alpes par rapport à la surface de l'Europe médiane, ou l'Atlas vis-à-vis iu nord de l'Afrique *.

Dans ces districts, l'existence des hommes, véritables montaffnardSy est restée rude comme le climat, excepté pour les parties où les richesses minérales du sol ont fini (par déterminer l'éclosion •l'une vie industrielle intense. Ajoutons que les glaces y ont partout fait sentir leur action, adoucissant les contours deséminences «t parsemant le pays de produits morainiques qui, formant barrage en travers des cours d'eau, ont engendré de nombreux marécages, bientôt envahis par la tourbe en raison do l'humidité du climat.

Divisions de l'Ecosse, HigMands. — L'Ecosse se divise naturellement en trois parties : au nord sont les Highlands ou Hautes teireSy que sépare en deux la remarquable dépression rectiligne du Canal Calédonien, au sud do laquelle le pays prend le

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