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explique les deux protubérances extrêmes de cette île, The Needles et Culver CUff.

C*est un véritable bourrelet, où le terrain crétacé, brusquement soulevé, détermine un plongement rapide du tertiaire sur son flanc nord, et qui témoigne d'un eflbrt de plissement, contemporain de celui du Weald. D'ailleurs, entre ce bourrelet et les South Downs apparaît, au nord de Portsmouth, à titre de pli saillant de second ordre, une autre crête étroite, portant les forts qui défendent la rade, et où la craie a réussi à percer sa couverture tertiaire ; de sorte que la position du canal de Spithead, comme de celui de Soient, est nettement déterminée par ce pli concave intermédiaire entre les deux bourrelets.

Ainsi, malgré la régularité générale de ses affleurements secondaires, l'Angleterre a ressenti, dans sa partie méridionale, Teffct des mouvements orogéniques qui ont marqué Tère tertiaire; et les dislocations résultantes n'ont pas dû être sans influence sur l'ouverture définitive de la Manche, dont les fosses profondes s'alignent parallèlement à cette direction.

Quant au Pas de Calais proprement dit, c'est une simple tranchée, ouverte par les vagues à travers un massif dont les assises se correspondent exactement d'une rive à l'autre, et qui, lors des premiers temps quaternaires, formait un isthme, à la faveur duquel les animaux passaient librement du continent en Angleterre.

Structure de l'Irlande. — L'Irlande se compose d'une plaine centrale basse, de moins de 73 mètres d'altitude, semée de lacs et de tourbières, et d'une ceinture de régions montueuses, qui cepen- «lant laissent la plaine arriver jusqu'à la mer, d'un côté entre Dublin et Dundalk, de l'autre autour de Galwav.

Cette structure est fort ancienne, car la plaine centrale représente une dépression, où le terrain carboniférien était venu se loger, comme !a bande des lowlands d'Ecosse, entre deux massifs, antérieurement plissés et disloqués, de terrains résistants; celui du nord, embrassant les pays de Connaught et d'Ulster; celui du sud, ou de Munster et de Leinster.

Comme d'ailleurs les roches du terrain houiller proprement dit, qui garnissaient la partie supérieure du bassin déprimé, étaient relativement tendres, l'érosion les a presque complètement fait disparaître, atteignant leur base, formée de calcaire, de grès et de schistes.

Le terrain glaciaire a d'ailleurs recouvert la totalité de l'Irlande,

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sî iDJen que, dans la dépression centrale, on voit rarement à nu les ^hes carbonifériennes, qui dans ce cas se montrent arrondies et utonnées. La moraine est parsemée de' lacs à l'eau brune et tangs tourbeux. La multitude des petites flaques d'eau et des to^jirbières est telle, à la jonction de la plaine avec le massif de l^lTlster, qu'elle suffirait à elle seule pour faire deviner qu'il s'agit ^l* van dépôt glaciaire. De distance en distance s'observent les eskers ova traînées de graviers, déposées par les torrents qui sillonnaient 1^^3ctrémité des lobes de glace. Même au sud, les barrages glaciaires ont suffi pour engendrer des nappes lacustres étendues, comme le oh armant lac de Killarnev.

S^eaa hydrographique. — Le réseau hydrographique «le t^ Irlande présente, au premier abord, d'assez grandes singularités. ^A^insi on peut se demander comment il se fait que le Shannon, lai principale rivière d'Irlande, au lieu de se jeter à l'ouest, par pays entièrement plat, dans la baie de Gahvay, s'engage au dans un massif montagneux, à l'entrée duquel il lui faut sta.tîonner en un lac allongé et sinueux, le Lough Derg, avant de »uver une issue vers le long estuaire de Limerick. De même on tonne de voir la rivière Barrow prendre sa source dans la pression centrale, pour se frayer ensuite un chemin difficile rs le sud à travers les montagnes de Leinster. Tout cela tient, doute, à ce que le réseau hydrographique était dessiné à époque où la bande carboniférienne, plus haute ou moins ^ï^caissée, offrait une surface suffisamment inclinée pour déter- ■^^îner le sens de l'écoulement vers le sud*.

lies côtes irlandaises. — Le contraste est profond entre la cote occidentale d'Irlande et celle qui fait face à la Grande-Bretagne. I-*^ seconde est aussi droite que la première est découpée. Encore faut-il distinguer entre les larges échancrures, qui mar- Hxient la rencontre [)ar l'Atlantique de la bande centrale, depuis le Shannon jusqu'à la baie de Galway, et les multi[)les découpures, ^ux flancs escarpés et aux éléments bien alignés, que présentent, *oîl les rivages de Donegal, de Mayo et de Connemara, au nordouest, soit ceux de Kerry et de Kork au sud-ouest. On devine que la côte occidentale d'Irlande, plus haute en moyenne i\\xe celle de 1 ^st, a subi, comme le littoral écossais, l'influence des dislocations *Uaatiques. Là aussi, il s'agit d'un territoire qui a fait la bascule ^ s*inclinant à l'est, de sorte que son bord extérieur, relevé et

*• Hahn, Lànderkunde,

fracturé, a été découpé en fjords là où le terrain était suffisamment dur, en golfes profonds sur remplacement des roches tendres.

Du reste, la côte de Donegal est, par son allure comme par sa constitution géologique, la continuation directe du rivage des Highlands d'Ecosse, et le pays est traversé par des glens, ou coupures rectilignes aussi bien caractérisées que celles de la péninsule calédonienne. Des traits analogues, sous la forme d'une série de fjords parallèles, se retrouvent sur la pointe sud-ouest de Fîle, notamment à Valentia. Seulement là, comme dans le pays de Galles, Térosion atmosphérique a eu le temps d'atrophier en partie les structures primitives, sous TinQuence du climat exceptionnellement humide qui entretient la végétation de la « verte Erin •.

Deux particularités distinguent la côte orientale de TUlster : d'abord la saillie (plus de 700 mètres) que forme le massif des Monts Mourne, constitué par un granité qui paraît être assez récent; ensuite l'aspect exceptionnel des falaises d'Antrim, où de puissantes nappes de basalte ont recouvert un lambeau de craie, complètement isolé de tout autre affleurement de même âge. C'est ce basalte qui, sur le rivage du nord, engendre, par l'affleurement de ses colonnes prismatiques, la célèbre Chaussée des Géants,

C'est aussi à une série de roches éruptives, mais plus anciennes, que les montagnes de Wicklow doivent leur relief.

Circonstances de risolement de llrlande. — Au point de vue de la constitution géologique comme à celui de la topographie, l'Irlande n'est rien autre chose que la continuation vers le sud-est du massif écossais. Le comté de Donegal prolonge directement les Highlands ; la plaine centrale irlandaise fait suite à la dépression des lowlands. Enfin la bande méridionale de Munster et deLeinster reproduit divers caractères des southern vpla^ids, La continuité originelle de ces divers districts primaires ne peut donc faire aucun doute.

A quel moment la jonction a-t-elle été rompue? Ce doit être à une époque tardive; car, en dehors du lambeau crétacé d'Antrim, aucun vestige des mers secondaires et tertiaires ne se montre, ni sur les côtes d'Irlande, ni sur les rivages occidentaux de la Grande-Bretagne. De plus, la mer qui sépare les deux îles n'a nulle part plus de 170 mètres de profondeur (HO même entre l'Irlande et l'Ecosse), et toutes deux reposent sur un large socle sous-marin, embrassant les Hébrides, les Shetland, la Manche et la mer du Nord, sans que jamais, sauf une ou deux fosses exceptionnelles et très limitées, la sonde y accuse 200 mètres d'eau.

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Il semble donc légitime de penser que, non seulement le morcellement du territoire britannique, mais son isolement d'avec le continent, doivent avoir été occasionnés par un ensemble de disloea^tions, de mouvements généraux du sol, et d*érosions marines, dont Faction se serait fait sentir après les temps tertiaires.

Cette conclusion reçoit une grande force de la répartition actuelle dos animaux terrestres dans ces parages.

OonditioiiB dédoites de la répartition des animaux. — On doit à. M. Wallace* cette observation que, TAllemagne possédant 90 osp#^ces de mammifères, la Grande-Bretagne n'en compte que 40 et 1* Irlande seulement 22. De même, le nombre des reptiles et des a.nnphibies, qui est de 22 en Belgique, s'abaisse à 13 dans la Grande-Bretagne et à 4 en Irlande. Ainsi la migration s'est certainement faite de l'est à l'ouest, rencontrant de plus en plus <robslacles à mesure qu'on s'avance dans cette direction. Mais elle éta.it encore facile au début des temps pleistocènes, puisque le niammouth a laissé ses débris en Irlande.

D'ailleurs, la preuve qu'à la fin de l'ère tertiaire cette île «levait être rattachée à l'Angleterre, c'est que les poissons actuels dos lacs irlandais se retrouvent dans la faune lacustre du Cumberland, du ^Vestmoreland et du Lancashire*. Cette similitude implique une communauté d'origine, qui doit être cherchée dans un lac d'eau iotice ayant occupé la place de la mer d'Irlande. Or, ainsi que l'a ''©marqué M. Jukes Browne ', un exhaussement de moins de 93 mètres ferait naître un isthme entre l'Irlande et le Pavs de Galles, et au i^ord de cet isthme subsisterait un lac allongé, dont un bras septentrional s'étendrait entre les terres écossaises de Cantvre et de Jura, l^indis qu'un autre isthme relierait directement le Donegal avec la partie haute des Ilighlands.

Telle devait donc être la condition du pays au début de l'en» quaternaire. Lors de la dernière des invasions filaciaires, il est probable que l'Irlande, presque entièrement couverte par les glaces, était inabordable. Cela ex[)liquerait suffisamment pourquoi ni h* "^n, ni l'ours des cavernes, ni l'hyène tachetée, ni les animaux des toundras, alors répandus en Angleterre, n'ont laissé leurs débris «ans nie sœur. Pour la même raison, les restes de ces animaux ^^t absents de l'Ecosse.

i«a. dernière extension glaciaire s'élaut partout terminée par une

!• ^-aland life, p. 310.

*• ^charff, Proceedittgs of thc royal iris h Academy, 3. \\\, n« 3.

'• T-he building of the british isles, p. 306.

submersion, localisée du reste dans les pays que la glac« avait couverts, l'ancien lac de la mer d'Irlande a pu devenir un golfe marin, tout en restant barré au nord par un isthme calédonien, que laisserait apparaître aujourd'hui un soulèvement de 74 mètres d'amplitude. Cet isthme aurait suffi pour permettre le peuplement de l'Irlande par les mammifères d'Ecosse (car tous, sauf l'ours gris, sont communs aux deux pays). En revanche les mollusques terrestres avaient été plus lents à se propager. Aussi tandis que certaines espèces du genre Hélix avaient pu passer du continent par l'Angleterre en Irlande, d'autres n'ont pas réussi à arriver jusquelà*, le canal de Saint-Georges étant déjà ouvert lors de leur apparition dans le sud-est de l'Angleterre, et l'accès de l'isthme du nord étant trop difficile pour elles. D'autre part, la rupture de cet isthme est évidemment postérieure à l'occupation par l'homme du sol britannique; et si l'on admet que l'érosion marine seule en ait fait disparaître une vingtaine de mètres, cela réduit à bien peu de chose le changement de niveau qui aurait suffi pour en déterminer la submersion.

\, ScharfT, loc, cit.

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