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lac du Bourget, qu'il se contente d'utiliser comme réservoir et réjf^ulateur latéral pour ses crues. Mais il se décide à briser les chaînons pressés du Bugey, juste à Tendroit où ceux-ci éprouvent une torsion que l'orographie seule suffît à dévoiler, torsion qu'explique la nécessité de se souder au massif subalpin de la Chartreuse. Alors le fleuve, heurtant le plateau jurassique non plissé de Morestel, qu'il semble avoir essayé de franchir en deux endroits, se détourne au nord-est, en longeant le dernier chaînon du Bugey. La rencontre de l'Ain le repousse au sud-ouest, et il débouche ainsi au bord du grand cône de déjection des Dombes, <iu'il contourne pour se jeter à Lyon dans le sillon rectiligne de la Saône, au pied même du massif central.

Ajoutons qu'il y a des raisons de croire que le Drac et l'Isère réunis se jetaient par la cluse de Chambéry dans le lac du Bourget, à l'époque où la vallée du Bas Graisivaudan était encombrée par des moraines*. C'est en aflbuillant ces dernières que risère s'est créé son nouveau cours, qui à Grenoble reproduit exactement les particularités du cours du Rhône.

Alpes orientales. Axe cristallin. Prattigrau. — Le noyau longitudinal des Alpes orientales consiste en une large zone de schistes cristallins, accompagnés de terrains primaires, où les diflerences locales de constitution permettent de distinguer successivement : le groupe rhétique ou du VorarlOerg, par lequel une pointe secondaire pénètre dans Tarchéen; le groupe de ÏŒtzthal; les Hauts Tauenij de gneiss central avec calotte schisteuse; enfin le groupe plus abaissé du Gurk et du Laioanthal *. Le caractère de l'arête archéenne est de former une série culminante de hautes montagnes, presque dépourvue de cols, et entourée par deux zones de cimes primaires un peu moins élevées, où abondent les sources, les prairies et les bois.

A partir des Hauts Tauern, la zone cristalline des Alpes orientales ne cesse de s'élargir vers l'est, et au moment où elle va disparaître sous les terrains tertiaires de la plaine hongroise, elle embrasse plus de 220 kilomètres, s'étendant depuis les collines de la Leitha, tout près de Vienne, jusqu'à la Save. Nous reviendrons ultérieurement sur la signification de cet épanouissement.

Nous avons dit que la chaîne commençait à partir de la coupure où coule le Rhin entre Côire et le lac de Constance. Un phéno-

\. Faisan, les Alpes françaises, p. i4i. 2. Supan, Kirchhoffs IMnderkunde.

mène très particulier marque ce début; c'est reffondrement du PrâUigau au pied de Tarête du Rhœtikon.

Cette dernière est le bord méridional d'une grande bande calcaire, celle du Vorarlberg, qui s'avance jusqu'au Rhône, en face du Sentis, étant soudée vers le sud au massif cristallin central. Mais, avant d'arriver au Rhône, ce massif s'interrompt tout d'un coup, et de la crête escarpée du Rhsetikon, qui forme ainsi promontoire, on voit s'ouvrir sous ses pieds, jusqu'à Coire, la verdoyante dépression tertiaire du Prôttigau, où le flysch est façonné en collines. De plus, autour de cette dépression, apparaît un ruban mince et continu de formations secondaires, exactement du même type que celles qui affleurent au Sentis, et qui plongent sous la masse plus ancienne du Rhœtikon. Les choses se passent donc comme si une violente poussée avait fait chevaucher la chaîne orientale sur l'extrémité du massif helvétique *.

Il est à remarquer que cette importante dislocation est située juste au point de croisement de la coupure du Rhin avec le sillon des lacs de Wallenstatt et de Zurich, sillon que le fleuve a suivi avant de prendre sa route actuelle.

De part et d'autre de la zone cristalline centrale se dresse la haute et large bande des Alpes calcaires, l'élément caractéristique de la chaîne orientale.

Alpes calcaires du nord. — La construction des Alpes calcah^es du nord est très simple; c'est une véritable muraille, composée de chaînes parallèles, et séparée du noyau primaire par un grand sillon longitudinal, où se succèdent les cours supérieurs de l'Inn, de la Salzach, de l'Enns et de la Salsa. Tous les sédiments qui constituent ces chaînes sont d'âge secondaire. L'élément principal est le calcaire triasique en bancs épais, qui vus de la vallée de Tlnn, à la faveur d'une diflerence de niveau de 2000 mètres, produisent un eflet des plus imposants.

Tandis que, tout contre le Rhin, les Alpes de VAllgau ressemblent encore à la Suisse, les Alpes bavaroises, qui leur font suite, ofTrent l'idéal d'une chaîne à éléments parallèles, donnant, dit M. Penck, l'impression d'une mer dont les vagues auraient été congelées *. Un réseau de vallées longitudinales et de cluses les divise, rendant la circulation facile dans la région. Les lacs y sont fréquents, et la nature calcaire du terrain se prête au développe-

i. Suess, Antlitz, I, p. 182.

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