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LA CHAINE DES ALPES ET LES CARPATHES

Doucement inclinée vers le Danube, la plate-forme jurassique d^^ la Souabe tombe en falaise d'environ 300 mètres vers le nordest, en raison de la structure en gradins, exagérée par le soulé- ' ment survenu.

X'élément caractéristique du Jura souabe et franconien est j)ais couronnement calcaire qui termine la série des assises nassiques, et qui se dessine partout dans le paysage en murailles cj "^ M.mn blanc éclatant. C'est ce qui lui a fait donner par les géologues I- 1 ^mands le nom du Jura blanc. La puissance de cette plaque leaire monte jusqu'à 200 mètres, imprimant à Tensemble une ité qui, sans doute. Ta prései-vé des plissements en le dispot plutôt à se casser par paquets, comme on le constate sur tout rsant incliné vers les Alpes.

la différence du Jura proprement dit, où aucune roche érup- **"^"^ ne se fait jour, le Jura souabe, dans sa partie occidentale, *^îsse apparaître de nombreux pointements volcaniques, aujour- ^* ï^ixî réduits à des rochers comme celui qui porte le château de *^*>henzolIern. Tout contre la Franconie, la dépression circulaire ^^^^ ^ieSy avec ses amas de débris projetés, montre que les forces **^-H>tives ont souvent grondé dans ces parages à Fépoque tertiaire, évidemment un écho latéral et affaibli des dislocations qui, à itiôme époque, engendraient les dépressions de la Hesse et du

în.

r^^s manifestations volcaniques se sont fait sentir jusqu'à Textré-

it-é du Jura souabe la plus voisine de la Forèt-Noire. Môme, en

point, elles empiètent sur la zone tertiaire préalpine dans le

gaUy où plusieurs éminenres de basalte et de phonolite se dres-

au fond d'une dépression, prolongée au sud-est par le lac de

Ustance.

des Carpathes. — Nous avons vu que les Alpes oriense terminaient brusqu^Muent devant la dépression hongroise. zone préalpine elle-même s'arrête à la Forôt de Vienne, et ^•'^"re au Danube un assez facile passage.

Cependant, de l'autre coté du lleuve, on voit se dessiner une

'^^le de hauteurs, qui monte doucement vers le nord-ouest jusqu'au

^^^^teau morave. La Morawa en suit le pied dans une dépression

* •"^arquée, que cette rivière en vient presque à toucher la source

^ i^Oder, qui deimis Titschein coule exactem(»nt en sens opposé.

Test de cette <b»pression surgit, heurtant brusquement le

iibe à Pressbourg, Iv chaînon rectiligne des Petits Carpathes,

TViel, par les Deskides. se (*ourbe pour rejoindre les Carpathes

DE LAPPAiiniT. — Leron« de fréogr. phys. 29

le.

proprement dits. Alors ceux-ci forment une chaîne ininterrompue jusqu'à la Moldavie, longés tout le temps, depuis la Galicie, par une dépression des mieux caractérisées, celle où coulent d'abord le haut Dniester, puis le Sereth, affluent du Danube. D'autre part, l'arc des Carpathes, prolongé presque à angle droit, mais d'une façon continue, par les Alpes de Transulvanie^ enferme dans son intérieur le grand bassin plat de la Hongrie.

C'est donc, d'uni? manière frappante, la reproduction des traits caractéristiques de la chaîne occidentale. La Hongrie équivaut aux plaines du Pô. Les Alpes centrales paraissent trouver leur représentation dans les hauteurs carpathiques ; le sillon préalpin se prolonge exactement par ce qu'on peut appeler le st7/on jtfr«?cat7>athique; il n'y a pas jusqu'aux hauteurs de Moravie qui ne soient l'équivalent du Jura souabe. Knlin, de môme que la mollasse suisse est disloquée et renversée par les poussées alpines, ainsi les gisements néogènes de sel et d'ozocérite de Galicie (Wieliczka, Boryslaw) ont subi l'influence du plissement carpathique.

Effondrements carpathiques. — D'une façon générale, cette analogie est exacte, et la chaîne courbe des Carpathes est bien le prolongement de l'arc alpin. Mais l'eflbndrement qui a permis le passage du Danube à Vienne ne s'est pas borné à interrompre la continuité de la grande chaîne, et quelques-uns des éléments Ion- — Mrm:

gitudinaux de cette dernière ont sombré par la même occasion.

On en est averti quand, entre la Raab et la Drave, on voit se -^«^

dresser le relief rectiligne de la pittoresque Forêt de Bakontj^ qui ■ *-^ ]

se prolonge au nord par les Monts Matra, après avoir obligé le ^i

Danube à suhir le coude rectangulaire de Gran. On sent mieux z^-^^

encore l'importance de cette apparition, en constatant que Tarchéen y vient au jour en plus d'un point.

Mais ce qui est bien plus signiflcatif, c'est le massif, également archéen pour la majeure» partie, du Tatra, qui vient former, entre les Beskides et la Hongrie, une série d'arcs concentriques à la chaîne extérieure, et dont le plus haut, en même temps le plus voisin de cette chaîne, le Tatra proprement dit, olTre des cimes granitiques de plus de 2600 mètres, altitude inconnue dans tout le reste de la chaîne carpathique. Enfin la même impression se confirme quand, au cœur môme de la Transylvanie, on voit sui^ir jusqu*à 1830 mètres le massif des J/o?i/.s métallifères^ offrant un mélange de schistes archéens et de formations secondaires plissées avec pointements hasaltiques.

Il est impossible de ne |»as reconnaître, dans ces diverses appa-

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ritions, les tronçons d'une zone montagneuse centrale, disloquée par les effondrements qui ont produit la dépression hongroise, et qui ont été accompagnés, d'une façon constante, par des manifestations volcaniques imposantes ; nous voulons parler de ces grands épanchements trachytiques, semés à travers le Tatra et la Transylvanie par les volcans de Tépoque néogène, qui par leurs solfatares ont engendré la richesse métallifère de ces contrées.

Grès carpatMque. — D'ailleurs, si Ton étudie la composition des Beskides et des Carpathes jusqu'à la Bukovine, on les voit presque exclusivement formés de ce grès carpathique, mélangé de schistes marneux, et qui, comme le grès de Vienne dont il est la continuation, est un flysch crétacé et tertiaire. De là cette conclusion que, dans la portion carpathique des Alpes, la zone cristalline centrale est en grande partie effondrée. Ce qui est resté continu, c'est le prolongement du bord plissé intérieur de la zoîie préalpine^ c'est-à-dire des Préalpes. Et si, entre cette zone et les restes de la précédente, on ne trouve pas de représentants des Hautes Alpes calcaires, ce n'est pas seulement parce que l'effondrement les a entraînés : c'est aussi parce que, sur l'emplacement de la Hongrie, il existait autrefois un territoire émergé, qui déviait les mers au sud comme au nord ou ne leur laissait qu'un étroit passage.

Pour la môme raison, quand, en Bukovine, l'archéen prend part à la constitution de la chaîne proprement dite, comme il fait d'abord jusqu'aux sources du Maros, puis d'une façon continue dans les Alpes transylvaines ^ c'est à peine si un étroit ruban de calcaires secondaires vient s'intercaler entre les micaschistes et les grès tertiaires.

Particularités des Carpathes. — L'analogie que nous venons d'établir entre les Carpathes et les Préalpes se poursuit jusque dans les détails de la structure. En effet, depuis Neumarkt (Galicie) jusqu'à Zeben près Saros (Haute-Hongrie), on voit se poursuivre, dominant les plaines doucement ondulées du grès et du schiste, une suite d'îlots rocheux et calcaires, surgissant de la façon la plus inattendue, comme des récifs au milieu d'une mer. Ce sont les Klippes (Klippen), restes morcelés d'une chaîne de calcaires secondaires plissés, qui existait à cette place, probablement à la fin de l'éocène; chaîne que l'érosion avait en grande partie aplanie, et que les dernières poussées orogéniques ont jetée par fragments au milieu des plis du flysch carpathique, exactement comme les blocs exotiques des Préalpes romandes et allemandes.

Les Carpathes proprement dits, depuis le Tatra jusqu'à la

Bukovine, offrent une grande régularité, précisément parce que le flysch y règne sans partage. On y distingue une foule de petits chaînons, laissant entre eux des vallées longitudinales, mais toujours assez courts pour permettre aux rivières tributaires de la Theiss ou du Dniester de les franchir aisément.

Les plis réguliers de la zone gréseuse et schisteuse donnent naissance, suivant la résistance, des roches, à deux catégories enchevêtrées de paysages distincts. Le grès, dont la désagrégation fournit une terre peu fertile, est au contraire propice à la végétation forestière, et d'immenses étendues de bois, naguère sans clairières, garnissent la chaîne, s'avançant au loin dans Tintérieur comme vers le sud, où ces forêts justifient le nom de Transylvanie»

Au delà de la chaîne, dès qu'on a dépassé le sillon néogène précarpathique, les vallées, par exemple la haute vallée du Dniester, laissent voir sur leur fond les couches sensiblement horizontales des terrains primaires. Ainsi, dès la Galicie, c'est contre la plateforme russe qu'est venu buter, sans l'entamer, l'effort du plissement carpathique.

Bukovine, Banat. — Un changement marqué se produit dans l'allure des Carpathes dès qu'on atteint la Bukovine. Les chaînons cessent d'être réguliers ; le massif se dilate et la direction tourne au sud-sud-est. C'est qu'ici apparaît un massif archéen, et avec lui reviennent des représentants des terrains secondaires, qui se retrouvent encore dans les Monts de Bihar et dans le Banal.

Le Banal forme un massif orographique très compliqué, à fond de gneiss, avec des terrains secondaires en plis serrés. Son importance est grande, en ce qu'il marque le point où les Alpes transylvaines se courbent brusquement suivant une direction nordsud. Or cet accident paraît avoir été préparé de longue date. Une faille de même alignement court, sur 78 kilomètres, à travers tout le Banat, isolant à l'ouest un massif archéen aux formes doucement arrondies, contre lequel viennent buter tour à tour, arrivant du nord-nord-est, les plis qui affectent le calcaire crétacé et le jurassique.

Sur tout ce parcours, la fente est jalonnée par les racines profondes de divers épanchements éruptifs, qui paraissent s'être produits aux temps tertiaires, et ont modifié les calcaires en les minéralisant. Le même fait se renouvelle au delà du Danube. Par conséquent, d'une part, le changement de direction des plis, au passage des Alpes transylvaines aux Balkans, est la répercussion d'un accident bien plus ancien; et d'autre part, l'existence de cette

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