DÉPRESSIONS
Sahara
Désert de Kalahari
Abyssinie
Amérique du Nord.
— Suil .
Eurasie
Australie
SURFACE en kil. carrés.
li 485 000
PLUIE en kil. cubes.
HAUTEUR d'eau annuelle.
O-.Si»
D'autre part, le même auteur assifrne une superlicie toUile do 31 000 000 de kilomètres carrés aux aires où la pluie tombée est inférieure à 25 centimètres.
Bien que le chiffre de 31 diffère à peine de celui qui exprime la surface des bassins fermés, il n'y a pas identité entre les deux groupes. En effet, d'une part, le second comprend, en vertu de circonstances climatériques spéciales, plusieurs régions tributaires de la mer, savoir : la vallée du Nil, la basse vallée de Tlndus, la contrée au nord du fleuve Orange, la bande qui va de la Patagonie à la Bolivie, et surtout le bassin du Mackenzie dans TAmérique
1. Voir la CArle pluviométrique de la Belgique, par M. Lancasler (1895).
2. Ce chilTrc s'appliquerait à l'ensemble du Sahara. Pour \o Sahara alpérien, M. G. Rolland n'indique qu'une chute annuelle de 120 à 135 millinuHres (Bull. Soc, tféol. (le France f3], XXll, p. 510). A Biskra mAme, la chute ne «lépasse guère 0»,20.
COXOmONS GÉNÉRALES DU MODELÉ TERRESTRE 67
da Nord. En revanche, plusieurs des réjrions sans écoulement ont
une part de leur territoire comprise dans la zone des fortes pluies.
Ainsi dans le Sahara, on voit le pays au nord de Tombouctou et
le bassin du Tchad arrosés par les pluies équatoriales. Les mêmes
pluies tombent en abondance sur la dépression abyssinienne, et celle
de Kalahari profite encore des vents pluvieux venant du irolfe de
Mozambique. Dans l'Amérique du Sud, la dépression intérieure de
la République Arfrentine reçoit les courants humides de Test. Le
Mexique bénéficie de quelques pluies tropicales ; TEurasie voit une
quantité d'eau assez sérieuse s'abattre sur le bassin occidental de
la Caspienne et sur le Pamir. Enfin la partie orientale de la cuvette
australienne participe au bénéfice des pluies qui arrosent la côte
voisine.
Malgré ces difîérences, il n'y en a pas moins, dans l'ensemble, une remarquable concordance entre les bassins fermés et les déserts. Nous en avons indiqué la cause principale, et nous en reconnaîtrons plus tard une autre, qui tient au modelé nécessairement inachevé de la surface. Pour le moment, contentons-nous d'établir, par des chiffres, que la situation météorolojrique des dépressions semble fatalement condamnée à s'ajrgrraver.
M. Murray admet que le débit total des fleuves terrestres, à leur embouchure dans la mer, est d'environ 27 300 kilomètres cubes. Comme les territoires maritimes en reçoivent 113 130, on peut dire que, en dernière analyse, Vévaporation enlève les trois quarts de la pluie tombée, soit plus de 13 centimètres sur les 98 que reçoivent les régions pourvues d'écoulement vers la mer. Seulement il est à remarquer qu'une bonne part de l'eau finalement évaporée a eu, avant de disparaître, le temps de produire un certain travail mécanique.
Si l'évaporation a la même intensité sur les dépressions, et elle ne saurait y être moindre, puisque la protection d'une végétation abondante fait défaut, et que le vent y souffle avec prédilection, les 315 millimètres qui tombent sont notoirement insuffisants, et le territoire doit peu à peu s'appauvrir ru humidité^ aux dépens des réserves qu'il pouvait posséder antérieurement. Nous aurons ultérieurement l'occasion de revenir sur ces considérations. Nous rappellerons seulement ici qu'elles ont été déveloj)pées avec beaucoup de force par M. Schirmer dans leur application au Sahara *.