V. ftliis haut, p
Mais souvent il arrive que le nouvel état de choses soit tout à fait contradictoire avec Tancien. Alors un remaniement complet du réseau hydrographique devient nécessaire.
Il semhle qu'un réseau fluvial devrait (^tre forcément remanié, lors(prun plissement tend à se produire juste en travers de la direction des principaux cours d'eau ; car la surrection des anticlinaux paraît de nature à dévier les rivières, en les ohligeant à couler dans les synclinaux, c'est-à-dire perpendiculairement au sens primitif.
Cependant il nen est pas toujours ainsi. Les rides se forment avec lenteur, et si le cours d'eau qu'elles tendent à barrer est suffisamment puissant, il peut arriver qu'il garde assez de force pour creuser son lit, au fur et à mesure, à travers l'obstacle cjui surgit peu à peu. Cette explication, selon M. Tietze, convient à la plupart des grandes vallées transvei^sales, notamment à celles qui coupent les chaînes iraniennes.
D'ailleurs il n'est pas absolument nécessaire, pour le résultat final, que le creusement de la gorge marche pari passu avec la surrection du pli. Ou bien ce dernier peut former un barrage momentané, entraînant en arriére la production d'un lac, qui finira par se déverser au-dessus du pli en le creusant de l'aval à l'amont ; ou bien le pli soulevé, mais aiTaibli par sa lutte contre la rivière, verra s'établir dans cette direction deux affluents opposés, à forte pente, qui, en remontant leurs origines à la rencontre l'un de l'autre, détruiront l'obstacle en rétablissant l'ancien cours *.
En tout cas, ce qui paraît être une condition de la formation d'une vallée transversale, c'est que la rivière qui l'occupe fût encaissée d'une certaine quantité avant la formation du pli tendant à barrer son cours '. Dutton a observé dans l'Orégon, sur la rivière Columbia, une cascade dominée par une terrasse indiquant un ancien lit creusé dans le basalte. Tandis que, en amont de la chute, cette terrasse est à 9 mètres seulement au-dessus du lit actuel de la rivière, à trois kilomètres plus bas, la dénivellation est de 60 mètres (fig. 71) alors que, dans cet intervalle, la rivière ne descend que de 12 mètres. Il y a donc eu formation, à l'époque quaternaire, d'un pli de faible amplitude, et parce que la rivière était encaissée en amont, elle a pu, sans se perdre latéralement, se gonfler devant l'obstacle jusqu'à ce qu'elle l'eût franchi.
4. Philippson, Studien ûber Wasserscheiden. 2. Lôwl, loc, cit.
INFLUENCES TECTONIQUES ACTIVES 169
Néanmoins la traversée fréquente de chaînons réguliers, comme ceux du Jura, par des rivières qui, le reste du temps, suivimt exclusivement les synclinaux, demeure, dans bien des cas, difficile à expliquer. Le fait que le système hydrog^raphique est coordonné aux synclinaux semble bien indiquer que la région, au moment où elle a été plissée, devait avoir un très faible relief. Autrement, ainsi que la fait remarquer M. Lôwl, elle eût été, comme le Jura souabe et franconien, en possession d'un réseau fluvial qui aurait su maintenir ses principaux tracés, en se servant des synclinaux (le nouvelle formation pour y loger ses affluents. Comme les cluses, dans le Jura, semblent plus jeunes que les vallées principales, il paraît difficile d'échaj)per à Tidée d'un détournement de
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Fip. 71. — Creusement d'une porpo à travers un pli on formation.
c^ours, et Thypothèse qui est le mieux d'accord avec les faits semble ^tre celle d'une capture par un affluent transversal qui coulait à Vin niveau inférieur '.
AffaisBements généraux. Ombilics de vallées. — Parfois les effondrements afifectent tout un massif, qui vient à s'aflaisser en IdIoc après avoir déjà reçu l'empreinte du modelé par les eaux Cîourantes. En pareil cas, à la jonction de la partie aflaissée avec Cîelle qui est demeurée en place, sur la périphérie du massif, une partie des vallées déjà creusées peut être amenée notablement «lu-dessous du niveau de base de la région. Ainsi se forment de ^'éritables ombilics, destinés à servir de réservoirs à des lacs. Ceux-ci rentrent dans la catégorie des lacs tectoniques^ c'est-àciire déterminés par la dislocation de croûte terrestre; mais cette dislocation est tout à fait distincte de celle qui avait engendré le massif montagneux au bord duquel l'eflet se produit. Les lacs ^insi engendrés pourraient s'appeler lacs de tassement orogénique.
Un lac de ce genre, n'étant autre chose qu'une vallée locale-