VITALIS
Le persil et la cigué.
“ Pourquoi donc, demandait un jeune enfant à sa mère, ce pied e ciguë, qui croit au milieu du persil, qui, par ea forme et ea
couleur, se confond avec cette plante ei saine, qui va puiser aux mêmes sources la séve dont il se nourrit, contient-i| un poison capable de glacer le sang dans nos veines et de nous donner la mort ?
— C’est afin de nons a prendre, répondit la mère, que les êtres malfaisants sont habiles à dénaturer tout ce qu'ils s’assimilent, ct Savenut transformer en poisons peruicieux jusqu'aux substances les plus salutaires,
— Et vous prétendez que ces plantes sont tellement semblables, qu'il est impossible de les distinguer autrement que par l'odorat où par le goût ?
— Oui, mon fils, et cctte particularité nous offre une nouvelle leçon : c'e ) j
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Dictées de récapitulatien.
Le prix d’une belle action.
Uu bon vicillard, sentant sa dernière heure, Fit le partage à ses trois fils De quelques biens avec grand'peine acquis.
Les trois lots arrangés : & Un joyau ne dencure, Leur dit-il, et je veux qu'il devicune le prix | De Paction la meilleure Que fera l’un de vous. Dans huit jours (si je vis) Auprès de moi rendez-vous tous ensemble ; Je jugerai sur vos récits.
Allez, partez, mes chers amis :
Puisse le ciel, qui nous rassemble, Nous revoir encor réunis! ”
Déjà les enfants sont partis ÿ Ensuite au rendez-vous, le jour dit, chacun vole, Et, les embrassements finis, Les pleurs séchés, le père assis, L’ainé des fils prend la parole Et dit :
‘ D'un grand trésor j'étais dépositaire.
Il me fut confié sans témoins, sans écrit j J’aurais pu le garder : l'honneur parle, il suffit, Et je rends le trésor à son propriétaire, Cette action n'est-elle pas, mon père, La plus belle, sans contredit, Qu'un honuète houme puisse faire ?
— On ne fait rien de trop en faisant son devoir,
Répondit le ‘icillard ; ne pas commettre un crime N'est rien moins qu'un acte subline :
Tu fus juste, mou fils, rieu de plus : viens t'asscoir.
Le second des enfants conte alors la manière Dont il a retiré du fond de la rivière Un marmot près de s'y noyer, Tout ce qu'il a dû déployer D'adresse et de courage en cette circonstance, Est mis par le conteur au rang de ces hauts faits Pour lesquels on ne peut jamais Avoir trop graude récompense,
Le prix qui te convient est dans ta conscience, Lui dit le bon vieillard en lui prenant la main j Il n’est pas d'héroïeme à se montrer lhumain ; Contente-toi, mou fils, de la reconnaissance j Et quelquefois encor l’espère-t-on en vain !
Dictées de récapitulation.
Lors le plus jeune des troia frères, En rougissant, s'exprime ainsi :
J'avais un mortel ennemi :
Ces jours derniers, dans des bruyères, Je le tronvai qui s'était endormi Sur un rocher dominant des “arrières, Où le plus petit monvement Pouvait, en le précipitant, L’envoyer rejoindre eca pères, Je m’approche tont doucement, Et, tout tremblant, Osunt à peine Donner passage à mon haleine...
Je le tire par son habit.
Je l'éveille... et je prends la fuite, -- Ersuito ?
— Mon jère..., j'ai tout dit. — Ah ! mon fils, viens, que je te presse Contre mon cœur, en te donnant le prix.
Etre utile à ses ennemis, s C’est le comble de la sagesse | ” VITALIS.
Le moineau.,
Dans quelque contrée que le moineau habite, on ne le trouve jmais dans les endroits éserts, ni même dans ceux qui sont é'oignés du séjour des hommes ÿ les moineaux sont, comme les rats, attachés à nos habitations : ils ne se plaisent ni dans les forêts, ni dans les vastes cam agnes : On A même remarqué qu'il y en a plus dans les villes q"c dans les villages, et qu’on n'en voit pas dans les hameaux et dans les fermes qui sontau milieu des forêts,
Ils suivent la société pour vivre à ses dépens ; comme ils sont paresseux et gourmands, c’est sur des provisions toutes faites, c’est-à-dire sur les biens d'autrui, qu'ils prennent leurs subsis’ tances, Nos granges et nos greniers, nos basses-cours, nos colombiers, tous les lieux, en un mot, où nous rassemblons ou distribnons des grains, sont les endroits qu'ils fréquentent de préférence. Comme ils sont aussi voraces que nombreux, ils ne lugsent pas de faire plus de dommages que leur espèce ne vaut,
Leurs plumes ne servent à rien, leur chair n'est pas honne à manger, leurs cris blessent les oreilles, et leurs familinrités sont incommodes : ce sont de ces êtres que l’on trouve partont, et dont on n’a que faire, ei propres à donner de l'humeur que diuns certains endroits on a mis à prix leur vie. Quoiqu’ils nourrissent leurs petits d'insectes dans les premiers jours après leur éclosion, et ils en mangent eux-mêmes en assez grande quantité, leurs principaux aliments sont nos meillenre grains.
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