‹ Leçons de langue française [microforme] (volume 2)Chapitre 356 sur 518 · BUFFON · texte numérisé non relu

BUFFON

Le chêne et l'arbrisseau.

Après avoir appris sa leçon de grammaire, Un jeune enfant avec son père Se promenait dans un jardin, Lorsqu'ils trouvèrent en chemin Un arbrisseau dont ]a tempête Avait courbé la tige et fait plier la tête.

A l'aspect de cet accident, Le père, qui voulait, à son fils, en passant, Donner un avis salutaire :

“ Voyez-vous, lui dit-il, mon fils, cet arbrissean ? Il était droit, il fait à présent le berceau : Allez le rétablir dans sa forme première,

Volontiers, papa,” dit l'enfant.

Aussitôt :: 3 prend, et sans beaucoup de peine, 4 le redresse au même instant.

“Fort bien, dit le mentor ; mais regardez ce chêne, Que son poids vers le sol entraine j Quoique déjà fort avancé, Il aurait bien Dci d’être un peu redressé :

Allez, allez aussi lui rendre ce service.

— Oh! oh! dit l'enfant en riant, Papa, pour moi quel exercice !

Je fe tenterais vainement :

L'arbre est trop vieux pour qu’il fléchisse ; Je me serais chargé de la commission, Lorsqu'il était encore en son enfance ; Mais de le redresser ce n'est plus la saison ; Et quand mên : j' 1rais la force de Samson,

— ‘ou, on fils, vous avez raison, Reprit alors :e p':., et cette expérience

Pcc vous doit être une leçon,

Ces deux arbres sont notre image :

Nas penchants vicieux pendant le premier âge Sont faciles à corriger ; Mais on ne peut plus tes changer Lorsqu'ils sont affermis par le temps et l'usage.”

Abbé Reyes.

dans les

Dictées de récanitulation.

Lo singe.

Un vieux singe malin étant mort, son ombre descendit dans la sombre demeure de Pluton, où elle demanda à retourner parmi lex vivants, Pluton voulait la renvoyer dans le Corps d'un âne pesant et stupide, pour lui ôter sa souplesse, a vivacité et sx malice 3 Mais elle fit tant de tours plaisanis et badins, que l'inflexible roi des enfers ne put s'empêcher de rire, et Ini ue le choix d’une condition.

Elle demanda à entrer dans le corps d’un verrodnet, Au moins, disait-elle, je conserverai par là quelque résemlaince avee les hommes que j'ai longtemps imités. Etant singe, je faisais des Le comme eux ; et, étant perroquet, je parleria avec eux dans

& plus agréables conversations.”

À peine l'âme du singe fut-elle introduite dans ce nouveau métier, qu’nne vieille femme causeuse l'acheta. Il fit ses délices ; elle le mit dans une belle cage. Il faisait bonne chère, et discouruit toute la journée avco la vieille radoteuse, qui ne parlait pas pius sensément que lui.

Il joignait à son nonveau talent d’étourdir tont le monde, je ne sais quoi de son ancienne profession. Il remuait sa tête ridiculement, il faisait craquer son bec, il agitait ses ailes de cent façons, et faisait de ses pattes plusieurs tours qui sentaient encore les grimaces de Fagotin.

La vieille prenait à toute heure ses luncttes pour l’admirer ; elle était bien fâchée d’être un peu sourde, et de perdre quelquefois des paroles de son perroquet, à qui elle trouvait plus d'esprit qu'à personne. Ce perroquet gâté devint bavard, importun et fou, Il se tourmenta ei fort dans sa cage, et but tant de vin avec la vieille, qu'il 2n mourut.

L\ voilà revenu devant Pluton, qui voulut cette fois le faire pas dans le corps d’un poisson, pour le rendre muct. Mais il fit enco. : une farce devant le roi des ombres ; ct les princes ne résistent guère aux demandes des manvais plaisants qui les flattent, Platon accorda donc à celui-ci qu'il irait dans le corps d’un honme,

Mais comme le dieu eut honte de l'envoyer dans le corps d'un homme sage et vertueux, il le destina an Corps d’un harangucur ennuyeux et importun, qui mentait, qui se vantait sans cesse, qui faisait des gestes ridicules, qui se moquait de tout le monde, qui interrompait toutes les conversations les plus polices ct les plus solides, pour dire rien, on les sottises les plus grossièrez,

Mercure, qui le reconnut dans ce nouvel état, lui Gi: ca riant: “Oh! oh! je te reconnais ; tu n°es qu'un composé du singe et du perroquet que j'ai vus autrefois. Qui t'ôterait tes gestes et tes

aroles apprises par cœur sans jugement, ne laisserait rien de toi." D'un joli singe et d’un bon perroquet, on n'en fait qu'un sot homme.

FÉNELON

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lui G:: Ca riant :

6 du singe et du es gestes et tes rait rien de toi." u'un sot homme ÉNELON.

N6 à Nimes en 1706,

L'ange et l'enfant.

Penché sur Je hord d'un berceau, Semblait contempler son image,

Cote uns l'onde d'un ruisseau,

Un rnge an radieux virage De] 1 9

Char ant enfant qui me ressemble, isait-il, oh! viens avec moi !

lens, nous serons heureux ensemble :

La terre est indigne de toi.

Là, jamais entière allégresse ; ’âme y souffre de ges plaisirs ; Les cris de joie ont leur tristesse,

Et les voluptés leurs Soupirs,

La crainte est de toutes les fêtes ; Jamais un jour calme ct serein

u choc ténébrenx des tempêtes N'a garanti le lendemain.

Eh quoi! le chagrin, les alarmes iendraient troubier ce front si pur :

Et par l'amertume des larmes

Se terniraient ces yeux d'azur!

Non, non, dans les Champs de l’espace Avec moi tu vas t’envoler ;

La Providence te fait grâce

Des jours que tu devais couler.

Que personne dans ta demeure

N'obseurcisse 8 vêtements ;

Qu'on accueille ta dernière heure, insi que tes premiers moments,

Q'ie les fronts y soient sans nuage, {!: ‘en n’y révèle un tombenn j {une on est pur comme à ton âge:

-: dernier jour est le plus beau.

it, seconant ses blanches ailes, ange, à ces mots. a pris l'essor

7: Îeë demeures éternelles, —— lauvre mère!… ton fils est mort!

PT

ReBouL. 1, Ps,

mort en 1864,

258 Dictées de récapitulation.

Mgr de Laval.

Dans on ermitage, bâti au milieu de la ville de Caen, par M. de Bernières de Louvigny, un prêtre jeune encore, d'une naisance Ulustre, mais d'une vertu plus illustre et plus haute, méditait, dane son âme ardente et dévonée, eur le néant de la vie ct Ja frivolité de la gloire humaine, et se sanctifiait par l'oraison, les jcûnes, les conféreuces spirituelles ; il demandait à Dieu dans l'ardeur de sa foi ct la ferveur de sa prière, la sagesse pleine de lumière, plus estimable que la force, et dont la beauté no se flétrit jamais, C'est l’homme que Dieu suscite pour accomplir ses desseins: son nom est François de Montmorency-Laval, La Providence, qui veille sur le petit peuple quivient de naitre sur les bords du Saint-I -aurent, le donne, daus une penséc de gloire et d’amour, à l'église du Canada.

Ah! qu’elle fut légitime la joie de tons les habitants du ays, lorsque Mer de Laval foula pour la première fois le sol de la patrie ! A l’arrivée de l'élu de Dieu, elle dut treseaillir d’allégresee et de bonheur, cette terre de la Nouvelle-France, que lui avaient donnée la foi et le zèle, cette terre sanctifiée par la vie angélique de ses missionnaires et de ses vierges, et encore rouge du sang de ses martyrs.

Au début de son épiscopat, Mer de Laval trouvait déjà sous sa main des institutions qui remplissaient de joie son cœur d'évêque et de père. Au collège de Québec, les illustres enfants de Loyola, les frères des Brébeuf et des Lallemant, instruisaient la jeunesse; à l'Hôtel-Dieu, des anges de charité interrom paient leurs prières

our soigner les malades et consoler les i ufirines; à côté, une jeune de. douée de tous les avantayses de la naturo et de la grâce, entourée des filles sauvages qu'elle anime comme ses enfants, consacrait sa jeunesse et toute sa fortune à la fondation du monastère des Ursulines ; avec elle une autre femme missiounaire ! annonçait la parole du salut aux jeunes sauvages, voyait à ses

enoux de vaillants capitaines, la suppliant avec une simplicité d'enfant, de leur apprendre à vrier Dieu. M8 Ar. RACINE.

de Caen, par M.

d'une nais-ance , Méditait, dans et Ja frivolité de jeûues, les conicur de sa foi ct , plus estimable C’est l’homme om est François le sur le petit irent, le donne, Canada.

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voyait à ses ine simplicité NT. RACINE.

LEXICOLOGIE ET l'HRASÉOLOGIR.

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