IV | PRÉFACE
On n’apportera jamais trop d'attention à cet enseignement in- do:
Es direct de la langue, enseignement qui est de toutes les minutes, et À rie
bu | Fe peut se prolonger même au delà des heures de classe, et pen- M les ant le temps des récréations, où l'on a l’occasion de réformer 4 con beaucoup de tournures vicieuses, de signaler des expressions im- À et a propres, triviales, contraires aux convenances. Mais il est juste de 3 9
L reconnaitre que certaines spécialités offrent au maître, bier nlus à ail souvent que d’autres, le moyen de former ses éièves à une divuion D Les: convenable, "+ à is ‘4-0 Il faut mettre en première ligne la lecon de lecture. D P Comme on ne lit bien que ce que l’on comprend, il importe F ls | be d’amener les élèves, en faisant appel à leur initiative, à découvrir Le S - le-sens des mots, des phrases, qui constituent le texte à lire. Bien * # tèns LA plus, tout le monde a remarqué qu'ils prennent un ton plus naturel à l'oui 4: quand ils racontent que lorsqu'ils lisent ; il est donc utile de les fre . inviter à rapporter de mémoire, mais sans s’astreindre au mot à à mail b mot, le texte qui fuit l’objet de la leçon, avant de leur demander E. Qs d’en faire une lecture expressive. Nul exercice n’est plus efficace 4 l’ens pour les habituer à grouper, à côordonner leurs idées et à les for- % hia k muler d’une façon correcte. pu, EE Les leçons d'histoire, de morale, de religion, donnent lieu à des 4 ee no exercices du même genre, et à des rédactions qui, annotées, cor- Ë * E ee. rigées et critiquées, produisent les meilleurs résultats. . à he Fa ais, &i avantageux que soient les procédés qui viennent d’être É. Le indiqués, ils ne sauraient jamais suppléer à l'étude directe des À tes
rincipes et des règles. II faut donc que l’enseignement de 1 &
angue, qui se fait indirecterient d’une façon permanente, ait ses 4 4°
heures déterminées et ses exercices particuliers. à à la:
Voici quels caractères il paraît convenable de lui donner, carac: : #4 qu'on
le tères dont plusieurs, du reste, lui sont communs avec tout autre È une « é enseignement, port, 1° L'enseignement de la langue doit étre gradué. — Soit que nr
l’on descende de la règle à l'exemple, comme on le fait générale- sr
ment aveo les élèves déjà avancés ; soit que l’on remonte de RS
- exemple à la règle, comme on le conseille principalement avec die
les commençants, on doit toujours profiter des connaissances La
actuelles de l'élève pour l'aider à en acquérir de nouvelles. On a ;
3 asse du connu à l'inconnu, du simple au composé, du concret à PUE à ‘abstrait. et dé
2° L'enseignement de la langue doit étre varié, — On se trom- 5° peruit si l’on pensait que, dans l’enseignement de la langre, on dei peut obteuir de bons résultats en faisant successiveme- la + déféct grammaire et des exercices orthographiques ; puis, Quuu. .v8 ki. Ds has élèves sont quelque pen avancés, de lanaiyse et des dictées ; Æ Sa ensuite des exercices de phraséologie, et enfin des devoirs de littéra rédaction. Ce n’est pas successivement, en passant d’un cours à mais à
l'autre, mais simultanément et dans tous les cours, qu'il faut
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PRÉFACE d Y
donner à l’enseignement cette variété dans la forme qui ne nuit en rien à l'unité du but, et maintient, au contraire, l'harmonie entre les diverses parties d’un même tout. Ainsi, sans tomber dans la
confusion, on évite la monotonie, qui conduit si aisément à l'ennui et au dégoût.
3° L'enseignement de la langue doit être vivant. — Ni le maître ni l’élève ne peuvent être passifs. Les questions adressées à l'élève les recherches qu’elles provoquent de sa part, les réponses qu’elles umènent, les explications du maitre, étebliment entre l’un et l’autre une COMMUNICAUON Constante, propre à mettre en activité toutes les facultés intellectuelles à la fois.
Souvant l'usage du tableau noir devient indispensable pour rendre les choses plus sensibles à l'esprit : ainsi, outre le sens do l’ouie, on appelle encore la vue au secours de l'intelligence ; on fixe davantage l’image trop fugitive des objets et des mots, et l’on maintient plus aisément l'attention.
Sans doute, il y a loin de là aux procédés qui font reposer tout l’enseignement de la langue sur la d’ ‘'e et les exercices orthogra-
hiques, et quelques maîtres pourrons croire qu'ils compromettent
eur succès auprès de leurs élèves, en réduisant le nombre de ces longs devoirs écrits qui, en réalité, devraient moins servir à l’enseignement proprement dit qu’au contrôle qu'il convient d'en faire $ mais ces maîtres ne tarderont pas à s’apercevoir que le temps est plus utilement employé en exercices oraux bien distribués, bien enchainés, et que l'on fait suivre de courts devoirs d'application.
4° L'enseignement de la langue doit tendre à former les élèves à la rédaction. — On ne sait la langue qu’autant qu'on la parle et qu'on l'écrit correctement. Ecrire correctement. ce n’est pas faire , une dictée sans faute; c'est rédiger une note, une lettre, un rapport, un récit, un allocution, en se conformant aux lois du langage.
L'instituteur ne perdra jamais de vue ce principe : les exercices orthographiques, lexicologiques, et autres, sont une préparation un moyen ; ils ne sont pas le but. Les exercices de hraséologie, d'analyse littéraire, d'invention, ne sont encore que des procé és. La rédaction et la composition sont la fin. L'élève qui ne rédige Pas; QUI ne CoMpose pas, ne sait pas la langue. Celni qui compose convenablement connaît, dans une certaine mesure. l’art de parler et d'écrire correctement.
5° L'enseignement de la langue doit étre rationnel. — Un enseis goemens qui s'adresterait principalement à Ja mémoire serait défectuenx et manquerait de soiidité ; c’est surtout l'intelligenre, le bon sens, la raison que l'on doit mettre à contribution. ie . Saus doute, on fera dindies de mémoire de; morceaux choisis de littérature, des règles de grammaire et des préceptes littéraires,
mais seulement après que, par une explication raisonnée et de
VE * PRÉFACR
nombreux exemples, on les aura bien fait comprendre, Si lon ne dispense pas l'élève de retenir ce qu'il a compris, on° apporte uw soiu au moins égal à obtenir qu'il comprenne ce qu'il doit retenir, De même, lorsqu'on arrive aux exercices de rédaction et de Composition française, on l’aide dans ce travail, on l'empêche die s'égarer, de donner. an détriment du bon sens, trop de champ à son imagination ; on l'amène, dans un exercice ora » à découvrir d'abord les idées principales, puis les idées secondaires que réveille “ajcts; on Ini fait, roi d'après les règles déjà étudiées, soit aprés la nature di sujet, indiquer les qualités principales que doit offrir le’style de Ja rédaction, anssi bien que les qualités spéciales que peut réclamer le développement de telle pensée, de tel sentiment, I6 pour mieux s'assurer qu'il a compris la suite, l’enchaînement des idées et la couleur qu'il doit leur donner, on l’exerce souvent avec un grand profit, avant la composition écrite, à développer oralement le sujet à traiter, $ Comme moyen de guider l'élève duns le travail de la composi- la g tion, d'excellents auteurs recommandent, avec raison, de le pré- SE èv arer à Ja rédaction d’un sujet, en l'appliquant d’abord à l'étude M
LE
s. (art ittéraire d’un sujet analogue traité par un bon écrivain ;ÿonlui 5 qui en fait retrouver le plan et apprécier la forme ; on l’exerce ainsi à 3 D une imitation large, qui ne lui enlève pas son originalité propre et % auci laisse à son intelligence toute son activité. 4 s’a8s Quel que soit d’ailleurs le genre de rédaction auquel on Vap- Gt plique, on exige toujours qu’il se soit préalablement créé un plan; ‘]l c'est le seul moyen de discipliner ses facultés, et notamment de peer contenir son imagination, trop exposée à se donner carrière dans catid Ja chaleur de la composition. ons 6° L'enseignement de la langue doit être moral, -— On pourrait perd: en dire autant de tout autre enseignement ; il faut cependant at reconnaîtré que peu de spécialités fournissent, comme celle-ci, de l’occasion de travailler à l'éducation morale de l'enfant. Donc, Re put puisque cela'est possible, ct que l’étude de la langue est loin d’en “gp être retardée, on serait sans excuse si lon n'apportait pas un très “es grand soin au choix des phrases et des textes d’autéurs que l’on mots, propose aux élèves. C’est une loien effet, de toute bonne méthode, tr ai de faire produire, dans le même temps, la plus grande somme E. Le possible de résultats heureux. Dès ]
ors8 que l’on peut présenter dis M anima exemples, donner des exercices, qui développent à la fois jes con- e. Soit naissances £'ummaticales, le goût littéraire et le sentiment mor: 1
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et chrétien, vien de plus naturel que de se proposer sans cesse ce suivan triple but comme objet de ses efforts. villes 4 Mels sont les principes dont on s'est inspiré dans la rédaction de à tous
ces Leçons de Langue française. commu commu
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