L'ENFANT ET LA CITATAIGNE
‘ Que l'étude est chose maussade !
À quoi sert de tant travailler ?”
Disait, et non pas sans bâiller, Un enfant que menait son maître en promenade, Que lui répondait-on ? Rien. L'enfant sous ses pas Rencontre cependant une cosse fermée, Et de dards menaçants de toutes parts armée,
Pour la prendre il étend le bras.
* Mon pauvre enfant, n’y touchez pas !
— Et pourquoi ? — Voyez-vous mainte épine cruelle Toute prête à punir vos doigts trop imprudents ? — Un fruit exquis, Monsieur, est caché là dedans. — Sans se piquer peut-on l'en tirer ? — Bagatelle !
Vous voulez rire, je le crois ;
Pour profiter d’une aussi bonne aubaine,
On peut bien prendre un peu de peine
Et se faire piquer les doigts.
—- Oui, mon fils; mais, de plus, que cela vous enseigne
À vaincre les petits dégoûts
Qu’à présent l'étude à pour vous :
Ses épines aussi cachent une châtaigne, ”