LE NUAGE ET LA FLEUR
1. La plaine est aride, le ciel brûlant et calme : un seul nuage, RE fer de ses légers flocons d'argent et d’or, vogue nonchalamment daus les airs, comme une grande voile égarée sur l’azur de l'Océan. Pâle et fanée, se mourant de soif, une fleur dressant au ciel avec effort sa tête suppliante, semble adresser au nuage ces paroles : ‘ Grand nuage, laisse tomber un peu d’eau dans mon calice. De cette pluie dont tes flancs sont chargés, Dieu m’a réservé quelques gouttes ; répands-les sur moi. Grand nuage, un peu d’eau ! je me meura, et ma famille aussi,”
2. Mais le nuage orgueilleux, méprisant l’humble fleur et ses trésors, s'éloigne et s’empresse de passer outre, lui refusant jusqu’à son ombre. De longtemps il ne vint pas d'autre nuage, et la fleur mourut de sécheresse. Enfant, ne méprisez pas Îes autres, car celui qui vous donne les talents vous en demandera un compte rigoureux, et malheur à vous, si vous n’en avez pas fait un bon usage,